Une nouvelle banque numérique en Israël proposera des comptes sans frais début 2026
Esh Bank Israel offrira des comptes entièrement gratuits aux particuliers et aux petites entreprises, et partagera ses revenus d’intérêts avec les déposants
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Esh Bank Israel Ltd., la deuxième banque numérique du pays, codirigée par Nir Zuk, le milliardaire israélo-américain, fondateur de la société de cybersécurité Palo Alto Networks, Inc., proposera des comptes sans frais et partagera équitablement les revenus d’intérêts avec les déposants lors de son lancement début 2026.
En 2022, la Banque d’Israël a attribué à Esh Bank la deuxième licence bancaire en trois ans, afin de stimuler la concurrence dans un secteur très concentré, dominé par cinq banques traditionnelles.
Depuis, la banque numérique a fonctionné en mode pilote avec des clients invités pendant deux ans. Début 2026, Esh procédera à un lancement progressif, permettant aux clients existants de parrainer de nouveaux clients, a indiqué Yuval Aloni, cofondateur et directeur général du groupe.
Aloni a précisé qu’Esh proposera des comptes entièrement gratuits, aussi bien pour les particuliers que pour les petites entreprises. La banque numérique n’aura pas d’agences physiques et offrira des services bancaires de base – dont crédits, dépôts et gestion de comptes courants – sans aucun des frais de compte, de paiement, de relevé ou autres frais occasionnels ou cachés généralement facturés par les banques traditionnelles.
En outre, Esh a annoncé qu’elle partagerait avec les déposants 50 % des revenus d’intérêts générés par les soldes créditeurs des comptes courants.
« Nous allons partager 50 % des revenus qu’Esh Bank tire de l’utilisation de l’argent [des déposants], tandis que les dépenses seront couvertes par les 50 % restants de la banque, au lieu d’être répercutées sur le client. Cela implique que nous devons être extrêmement efficaces et automatisés », a expliqué Aloni. « Le résultat, ce sont des frais nuls, une transparence totale et des intérêts élevés sur les comptes courants. »
« Ces informations seront partagées en temps réel grâce à un ticker intégré à l’application, afin que les clients puissent voir la part de revenus croître en direct, tout comme la banque, et les intérêts générés seront automatiquement crédités sur le compte chaque semaine », a-t-il ajouté.
Aloni a expliqué que le principe du « modèle de partage équitable » est d’offrir aux clients une alternative au « conflit d’intérêts structurel » du système bancaire traditionnel.
« Toutes les banques fonctionnent de la même manière : elles prennent notre argent, n’en conservent qu’une fraction et prêtent le reste pour générer des revenus pour elles-mêmes », a déclaré Aloni. « Quand elles affichent 100 dollars sur notre compte, 94 dollars ne s’y trouvent pas réellement : c’est de l’argent qui rapporte à la banque, pas à nous, ses clients. »
« Nous avons trouvé une solution à ce conflit d’intérêts grâce à la transparence… Les clients voient exactement combien la banque gagne grâce aux dépôts en temps réel, ce qu’elle conserve et quels intérêts sont générés », a poursuivi Aloni.
Zuk, ancien ingénieur de la société israélienne de cybersécurité Check Point Software Technologies, a fondé en 2005 Palo Alto Networks, concurrent basé à Santa Clara, en Californie. Parmi les autres membres du groupe fondateur de la banque numérique figure Kobi Malkin, ancien directeur général de Bank Massad.
L’ancien président de l’Autorité israélienne des valeurs mobilières, le professeur Shmuel Hauser, est président de la nouvelle banque, et la Dr Nadine Baudot-Trajtenberg, ex-vice-gouverneure de la Banque d’Israël, en est la vice-présidente du conseil d’administration.
Le système bancaire israélien, très concentré, est largement contrôlé par cinq grands établissements, accusés de profiter de la situation en appliquant des taux d’intérêt élevés sur les crédits et les prêts hypothécaires, enregistrant des bénéfices record alors que la population peine à faire face à la hausse du coût de la vie et à une économie affaiblie par deux ans de guerre.
En l’absence de véritable concurrence, les banques du pays se permettent de facturer des commissions excessives sans crainte de réaction. Les établissements de crédit ont été critiqués pour leur lenteur à relever les taux servis sur les dépôts et l’épargne, voire pour ne pas le faire.
« À la banque centrale, nous avons testé de nombreuses manières d’introduire de la concurrence dans le secteur, mais ce n’est vraiment pas chose aisée », a indiqué Baudot-Trajtenberg. « Les produits financiers sont souvent rendus plus complexes par les fournisseurs, soit en raison de systèmes déficients, soit parce qu’il leur est plus facile de tirer parti du fait que peu de gens souhaitent passer des heures à déterminer si une offre est intéressante ou non. »
La nouvelle banque sera placée sous la supervision du superviseur bancaire de la Banque d’Israël, afin de garantir sa stabilité et de protéger les dépôts de ses clients, comme c’est le cas pour les autres établissements du pays.
Esh s’inscrit dans le sillage de la première banque 100 % numérique, One Zero Digital Bank Ltd., fondée par l’entrepreneur technologique Amnon Shashua, première nouvelle banque créée en Israël depuis plus de 40 ans et lancée début 2023. Shashua est aussi le fondateur de Mobileye, société de systèmes de conduite autonome (filiale d’Intel).
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