Une photo d’Hitler, bébé, insérée dans l’album d’un collège du New Jersey
« Il devrait y avoir une condamnation globale », affirme Jason Shames. « L'école et le maire l'ont déjà fait, mais où est l'indignation générale ? »
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JTA — Une photo d’Adolf Hitler s’est glissée dans la partie dédiée aux photos d’enfance des élèves dans l’album de fin d’année d’un collège du New Jersey, au grand dam de la direction de l’école et des chefs de la communauté juive.
Dans une lettre adressée jeudi dernier à la communauté scolaire, le principal du collège East Brook, Ryan Aupperlee, a indiqué que l’établissement de Paramus avait ouvert une enquête sur cet incident
en « coordination avec les forces de l’ordre ».
« Adolf Hitler incarne la haine, l’antisémitisme et les horreurs de la Shoah, avec le meurtre de six millions de Juifs », a écrit Aupperlee dans ce courrier obtenu par la Jewish Telegraphic Agency.
« Une telle photo n’a rien à faire dans un album destiné à nos élèves. Cela ne reflète en rien notre identité ou les valeurs d’East Brook, et nous condamnons sans réserve le fait que quelqu’un l’y ait mise. »
Sean Adams, le surintendant des écoles publiques de Paramus, a précisé à la JTA, dans un communiqué envoyé par courriel, que les albums avaient été récupérés auprès des élèves « le jour même de leur distribution, avant qu’ils ne quittent l’école ».
« Nous travaillons de conserve avec la papeterie pour trouver une solution permettant de redistribuer les albums une fois retiré le contenu indésirable, tout en veillant à ce que les élèves conservent les petits mots personnalisés écrits à la main par leurs camarades et enseignants », a ajouté M. Adams.
M. Adams a souligné que l’enquête était « en cours » et que « toutes les informations relatives aux élèves devaient rester confidentielles ».
Ces dernières années, les établissements scolaires du New Jersey ont connu de très nombreuses signalements d’actes antisémites. En 2024, le département américain de l’Éducation a ouvert une enquête sur les écoles publiques de Teaneck, des parents d’élèves ayant affirmé que le système scolaire entretenait un climat antisémite depuis le massacre perpétré par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023. La même année, des enseignants du lycée de Fort Lee ont donné un cours décrivant l’organisation terroriste du Hamas comme un « parti politique palestinien et un mouvement de résistance armée ».
Toujours en 2024, l’album de fin d’année d’un lycée d’East Brunswick, dans le New Jersey, a lui aussi suscité la colère et un rappel immédiat, la photo de l’« Association des étudiants juifs » ayant été remplacée par celle d’un groupe d’étudiants musulmans.
Jason Shames, président et directeur général de la Fédération juive du nord du New Jersey, a déclaré que cette affaire « était choquante au plus haut point ».
« Loin de moi l’idée de juger à la hâte, mais là encore, s’il s’avère qu’il s’agit d’un mineur, je réclame des sanctions. S’il s’agit d’un adulte, également », martèle M. Shames, avant d’ajouter que la communauté juive « exige » que les responsables rendent des comptes.
Vendredi dernier, c’est sur Facebook que le maire de Paramus, Chris DiPiazza, a fermement condamné l’incident, écrivant que « de tels exemples, comme celui d’hier, ne reflètent absolument pas ce qu’est Paramus ».
M. Shames a estimé que l’école avait « réagi comme il le fallait » et qu’il convenait désormais que les autres autorités de l’État prennent elles aussi la parole pour condamner ce geste.
« Il devrait y avoir une condamnation globale », affirme Shames. « L’école et le maire l’ont déjà fait, mais où est l’indignation générale ? »
Selon lui, cet épisode témoigne d’une forme de normalisation de l’antisémitisme.
« Il est exaspérant d’en être là. Cela en dit long sur la maladie qui ronge la société américaine, sur l’antisémitisme et la haine sous-jacents », déplore Shames. « Même s’il s’avère qu’il s’agit d’une blague de collégiens, le fait que des gens s’amusent des plaisanteries sur Hitler et les nazis montre que nous avons un gros problème. »
À la tête de la congrégation conservatrice Beth Tikvah de Paramus, le rabbin Arthur Weiner explique avoir été alerté de la présence de cette photo par un fidèle dont l’enfant fréquente cet établissement.
Lundi, le rabbin Weiner a adressé un courrier à ses membres dans lequel il se dit « outré par cet acte antisémite flagrant », tout en précisant être en contact avec le district scolaire et les élus locaux, dans l’attente d’une réaction.
« Des événements comme celui-ci nous préoccupent profondément, à titre personnel mais aussi en tant que communauté », écrit le rabbin Weiner.
« Les incidents impliquant l’imagerie nazie ou des références à Hitler ne sont pas qu’offensants. Ils ravivent des blessures profondes et nous rappellent pourquoi la vigilance est et demeure essentielle. »
Selon le rabbin, la communauté juive locale peut toutefois « se targuer de la réaction des autorités face à cet événement ».
« La réaction des districts scolaires est loin d’être toujours aussi claire et sans ambiguïté, dans le cas de tels incidents liés à l’antisémitisme ou aux préjugés », explique Weiner à la JTA.
« Nous pouvons être très, très fiers de cette réaction. »
Aux yeux du rabbin Shmuel Goldstein, de la congrégation orthodoxe moderne Beth Tefillah de Paramus, nombre de parents de sa communauté se sont dits « déçus », « peinés » ou encore « inquiets », mais aussi
« soutenus par le gouvernement local ».
M. Goldstein regrette toutefois le manque de mesures de prévention : « Je n’ai pas l’impression qu’il y ait assez de mesures proactives dans le système scolaire. »
« Ces incidents ne viennent pas de nulle part », conclut le rabbin Goldstein. « Ils se produisent parce que quelqu’un a appris chez lui, sur les réseaux sociaux ou de manière informelle, entre pairs, à l’école, qu’il est acceptable de s’en prendre aux Juifs. Il faut dire clairement que c’est inacceptable. »
la Communauté du Times of Israël !







