Yesh Atid : Cinq députés renoncent à se présenter alors que BeYachad chute
Trois membres fondateurs figurent parmi les élus qui se retirent de la course, tandis que des responsables poussent Naftali Bennett à s’effacer derrière Gadi Eisenkot
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Plusieurs députés du parti centriste Yesh Atid ont annoncé la semaine dernière qu’ils ne brigueraient pas un nouveau mandat à la Knesset lors des prochaines élections sous la bannière de BeYachad, la liste commune dirigée par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett. Le recul de celle-ci dans les sondages ne laisse en effet à nombre d’entre eux que peu de chances réalistes d’être réélus.
Ces annonces sont intervenues avant la présentation, prévue dimanche, de la liste des candidats de BeYachad, deux jours avant la date butoir imposée aux partis pour déposer leurs listes électorales définitives. Cette échéance sera déterminante pour savoir quels membres de Yesh Atid, actuellement la première formation de l’opposition à la Knesset, obtiendront des positions susceptibles de leur assurer un siège sur une liste qui a fortement reculé dans les sondages ces derniers mois.
Selon la chaîne N12, l’accord ayant donné naissance à BeYachad réserve au parti de Bennett environ quatre places sur sept, contre trois pour Yesh Atid. Celui-ci disposerait ainsi de six candidats parmi les 14 premiers noms de la liste. Bennett mène l’alliance, devant Yaïr Lapid, placé en deuxième position.
Tombé dans certains sondages à peine au-dessus du seuil électoral de 3,25 %, Yesh Atid, qui avait remporté 24 sièges aux élections de 2022, a fusionné en début d’année avec le nouveau parti de Bennett, Bennett 2026, pour former BeYachad. L’alliance a depuis elle aussi fortement reculé et ne recueillerait plus que 13 à 15 sièges, tandis que Gadi Eisenkot et son parti Yashar poursuivent leur progression et sont crédités de 22 à 26 sièges.
Face à l’érosion de BeYachad, de hauts responsables de l’alliance cités par Haaretz estiment que Bennett devrait renoncer à briguer le poste de Premier ministre et fusionner avec Yashar sous la direction d’Eisenkot, dans le but d’élargir le bloc cherchant à évincer Benjamin Netanyahu du pouvoir.
Les quatre députés qui ont annoncé la semaine dernière qu’ils ne se représenteraient pas comptent aussi bien de nouveaux élus que des membres fondateurs de Yesh Atid qui siègent à la Knesset depuis 2013. Tous ont assuré qu’ils resteraient membres du parti.
Le député Meir Cohen, membre fondateur de Yesh Atid, a annoncé lundi qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat et qu’il serait nommé à la tête du congrès de Yesh Atid, principal organe représentatif interne du parti.
Dans une déclaration commune avec Yaïr Lapid, publiée par le parti, Cohen a expliqué : « Après 25 ans dans le système scolaire, comme enseignant puis directeur d’établissement, et après 23 ans en politique, avec notamment deux mandats de maire et deux de ministre des Affaires sociales, c’est avec joie et fierté que je cède la place à la prochaine génération du parti et à ceux qui le conduiront vers l’avenir. »
« Ce n’est pas un adieu », a déclaré Lapid. « Meir est comme un grand frère pour moi. Il a toujours été, et restera, la personne qui m’est la plus proche au sein de Yesh Atid. Il continuera d’être l’un des piliers et l’une des figures centrales du parti. Je lui ai demandé de figurer une nouvelle fois en bonne place sur la liste, mais Meir a préféré céder sa place à la nouvelle génération de députés du parti. Cela montre, une fois encore, à quel point il est un homme et un responsable politique d’exception. »
Quelques heures plus tard, le député Mickey Levy, lui aussi membre fondateur du parti, et Lapid ont annoncé que Levy ne figurerait pas non plus sur la liste des candidats de BeYachad et qu’il prendrait à la place la tête du tribunal interne de Yesh Atid.
Seulement, selon le règlement intérieur de Yesh Atid, le président de cette juridiction doit être un ancien juge ou un avocat ayant au moins 15 ans d’expérience, des critères auxquels Levy ne répond pas.
« Mickey reste à Yesh Atid. Il a accepté ma proposition de prendre la tête de l’instance du parti et il travaillera à la campagne électorale jusqu’à la victoire, mais il a décidé de céder sa place parce que la liste doit être portée par la nouvelle génération du parti », a écrit Lapid sur le réseau social X, dans un message évoquant également le retrait de Cohen.
Dans une lettre adressée aux membres de Yesh Atid et citée par les médias israéliens, Levy est revenu sur son long parcours au sein du parti depuis sa création en 2011, ainsi que sur sa relation avec Lapid et sur le leadership de ce dernier.
« Je tourne la page de ce chapitre la tête haute, le cœur plein et avec la profonde satisfaction d’avoir eu l’honneur de servir, d’agir et d’avoir eu une influence », a-t-il écrit. « Je n’éprouve ni colère ni amertume. Je ressens avant tout une immense gratitude et une grande fierté pour le chemin que nous avons parcouru ensemble. »
Mardi, la députée de Yesh Atid, Debbie Biton, a déclaré avoir, elle aussi, informé Lapid qu’elle ne figurerait pas sur la liste du parti pour les prochaines élections.
« Je termine quatre années intenses et enrichissantes à la Knesset avec un profond sentiment de satisfaction pour mon engagement au service de la population, pour mon travail législatif et pour les combats que j’ai menés », a-t-elle écrit sur X, précisant qu’elle ne quittait pas le parti.
La députée Tatiana Mazarsky, qui siège à la Knesset depuis la précédente législature, a également indiqué mardi sur X qu’elle ne se présenterait pas aux élections, tout en précisant qu’elle resterait membre du parti.
« C’est ici ma famille politique. Je crois aux valeurs de Yesh Atid, je crois au leadership de Yaïr Lapid et je crois que Yesh Atid doit diriger l’État d’Israël », a-t-elle déclaré.
Enfin, jeudi, la députée de Yesh Atid, Karine Elharrar, a annoncé qu’elle ne se présenterait pas aux élections du 27 octobre, devenant ainsi la dernière d’une vague de députés de Yesh Atid à se retirer de la course.
« Après m’être concertée avec ma famille, j’ai décidé de me lancer dans un nouveau défi. Je ne me présenterai donc pas sur la liste de Yesh Atid pour la prochaine Knesset », a déclaré Elharrar.
Membre fondatrice de Yesh Atid et députée à la Knesset depuis 2013, elle a notamment occupé le poste de ministre de l’Énergie au sein du gouvernement Bennett-Lapid en 2021. La députée a souligné qu’elle ne quittait pas le parti.
« Je reste au sein de Yesh Atid car c’est mon parti et mon foyer politique », a déclaré Elharrar, ajoutant qu’elle ferait campagne pour le parti à l’approche des élections.
Outre ces retraits, Elazar Stern, député de longue date qui a quitté Yesh Atid, a rejoint le mois dernier le parti Yashar de Gadi Eisenkot, tandis que Yoav Segalovitz, lui aussi ancien membre du parti centriste, a annoncé lundi soir, dans une décision sans précédent, qu’il se présenterait aux élections du 27 octobre sous la bannière de Raam, un parti arabe.
Interrogée sur cette série de retraits, la députée de Yesh Atid, Merav Ben-Ari, a déclaré mardi à Radio 104.5FM qu’elle assistait « à de véritables adieux de la part de députés qui quittent la politique, mais pas Yesh Atid ».
« Vous voyez un processus exemplaire et ordonné, mené par le chef du parti, Lapid, ainsi que par les députés et anciens ministres. Certains d’entre eux sont en poste depuis plus de 13 ans et il est normal qu’ils laissent la place à d’autres », a ajouté Ben-Ari.
« Ce n’est pas une semaine facile pour Yesh Atid, mais je mesure à quel point mon parti est formidable, contrairement à ce que l’on observe au Likud », a-t-elle ajouté.
Le parti de Netanyahu a organisé le mois dernier une primaire mouvementée, après que celui-ci eut obtenu l’autorisation de réserver à plusieurs de ses propres candidats, non élus, des places susceptibles de leur assurer un siège sur la liste. Il n’a pas encore annoncé qui il désignera pour occuper certaines de ces places convoitées.
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