Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a fait un déplacement inattendu lundi en Arabie saoudite pour y rencontrer le roi Salman et le prince héritier Muhammed Bin Salman, alors que le royaume du Golfe est en pleine purge de membres de la famille royale.

Abbas se trouvait en Egypte où il devait rencontrer le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi lorsqu’il a été convoqué à Ryad pour s’y entretenir avec les dirigeants saoudiens, selon Wafa, le site officiel d’information de l’AP.

L’ambassadeur palestinien à Ryad, Bassam Agha, a expliqué que cette rencontre serait l’occasion d’évoquer les contacts bilatéraux et les efforts de renforcement des relations entre les deux parties ainsi que les « développements sur la question palestinienne ».

Samedi, le prince héritier au trône d’Arabie saoudite a supervisé une vague d’arrestations sans précédent de douzaines des princes les plus puissants du pays, mais également d’officiers militaires, d’hommes d’affaires et de ministres gouvernementaux.

Certains d’entre eux sont des rivaux potentiels ou des critiques du prince héritier, dont l’opération anti-corruption – ou présentée comme telle – a créé une onde de choc dans tout le royaume dimanche en consolidant encore davantage son pouvoir.

Le parti du Fatah d’Abbas, qui dirige l’AP, basée en Cisjordanie, se trouve en ce moment au coeur d’un processus de réconciliation avec le groupe terroriste du Hamas, son adversaire de longue date qui contrôle la bande de Gaza.

Les deux parties ont signé un accord le mois dernier au Caire qui appelle l’AP à reprendre les rênes de la bande le 1er décembre, une décennie après que le Hamas s’est saisi de l’enclave côtière à l’occasion d’un coup d’Etat violent.

Ces derniers mois, le Hamas a affiché publiquement ses liens florissants avec l’Iran, et la république islamique a pour sa part juré d’augmenter son soutien militaire au groupe terroriste de Gaza.

L’Arabie saoudite et l’Iran sont actuellement en lutte pour l’hégémonie régionale, et se reprochent mutuellement d’aider à diffuser l’extrémisme à travers tout le Moyen-Orient.

Le cadre du Hamas Saleh al-Arouri, deuxième à droite, rencontre le responsable iranien Hossein Amir Abdollahian, à droite, et d’autres hautes personnalités du Hamas au Liban, le 1er août 2017 (Autorisation)

Samedi, une délégation de haut-niveau du Hamas s’est rendue en Iran pour la deuxième fois au cours des dernières semaines afin d’assister à un service de commémoration pour le père de Qassim Suleimani, le commandant des forces d’élite Quds des gardiens de la révolution islamique.

La délégation a compris le chef adjoint du bureau politique du Hamas, Saleh al-Arouri, et l’un de ses membres, Ezzat al-Rishq.