Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a exprimé ses doutes mercredi quant à la volonté de l’Iran d’annihiler Israël.

Il a affirmé que quand bien même Téhéran avait « une confrontation idéologique fondamentale » avec l’Etat juif, il n’a pas mis en place « des mesures actives » pour « l’effacer de la carte ».

Dans un entretien avec Jeffrey Goldberg publié dans The Atlantic mercredi, Kerry a déclaré que l’accord nucléaire proposé avec l’Iran est aussi « pro-israélien » qu’il pourrait l’être, et que si le Congrès devrait bloquer l’accord, il ne ferait que réaffirmer la méfiance des dirigeants iraniens envers l’Amérique.

En ce qui concerne l’animosité ouverte de l’Iran envers Israël, Kerry a déclaré que même s’ « ils ont une confrontation idéologique fondamentale avec Israël en ce moment particulier, » cela ne signifie pas nécessairement « que cela se traduit par des mesures actives » et a souligné que l’Iran n’a pas ordonné au Hezbollah d’utiliser son arsenal de 80 000 missiles au Liban contre Israël.

La discussion sur l’hostilité de l’Iran envers Israël dans le cadre de l’accord sur le nucléaire est « une perte de temps ici », a opiné Kerry.

Le secrétaire d’Etat a également défendu les déclarations qu’il a faites vendredi dernier quand il a mis en garde que si le Congrès votait contre l’accord nucléaire iranien signé le mois dernier à Vienne, Israël pourrait se retrouver plus isolé sur la scène internationale et « plus blâmé ».

C’était, a-t-il expliqué, plus un avertissement pour Israël qu’une menace.

« Si vous avez déjà joué au golf, vous savez que vous criez ‘avant’ sur le tee », a-t-il illustré. « Vous n’êtes pas en train de menacer quelqu’un, vous êtes les avertissez : ‘Regardez, faites attention à la balle, elle arrive’ ».

Kerry a insisté sur le fait que l’accord, qui a été vivement critiqué par le Premier ministre Benjamin Netanyahu car pour lui les dispositions ne vont pas assez loin pour empêcher l’Iran d’obtenir les armes nucléaires, est le meilleur qu’Israël aurait pu espérer.

« Je l’ai repassé dans tous les sens [dans ma tête], une centaine de fois, et je vous le dis, cet accord est aussi pro-Israël, assure la sécurité de pro-Israël, autant qu’il puisse l’êre », a assuré Kerry. « Et je crois que tout simplement dire non à cela est, en fait, irresponsable ».

Le haut émissaire américain, qui a dirigé l’équipe américaine dans les négociations avec l’Iran aux côtés des diplomates du Royaume-Uni, de la France, de la Russie, de la Chine et de l’Allemagne, a mis en garde que si le Congrès votait pour bloquer l’accord, cela ne servira qu’à jouer avec les doutes et la méfiance du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

« L’ayatollah pense constamment que nous sommes indignes de confiance, que vous ne pouvez pas négocier avec nous, que nous allons les tromper », a déclaré Kerry et a averti que l’intervention du Congrès pour arrêter l’accord « sera la tromperie ultime ».

D’autre part, a révélé Kerry, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait personnellement assuré que « si nous arrivons à finir ceci, je [Zarif] suis maintenant habilité à travailler avec vous et vous parler de questions régionales ».

Cependant, si le Congrès stoppe les progrès sur l’accord, ils vont « fermer [la porte], mettre fin à cette conversation, remettre sur les rails, et lancer une série de [choses] inéluctables sur ce qui allait se passer par rapport au comportement iranien », a certifié Kerry.

Quant à la reprise du processus de paix israélo-palestinien, la secrétaire d’État, qui a parrainé la dernière série de pourparlers qui ont échoué en 2014, après neuf mois de négociations, a encore exprimé un peu d’espoir pour que l’on arrive à une solution.

« Faisable », a-t-il dit. « Mais pas avant que quelqu’un ne veuille le faire ».

Le Congrès américain devrait voter l’accord avec l’Iran le 17 septembre. Le Congrès peut adopter une motion de désapprobation mais le président américain Barack Obama a déjà dit qu’il opposerait son veto à la motion de désapprobation. Pour passer au-dessus de ce droit de veto, cela nécessite l’approbation des deux tiers à la Chambre et du Sénat.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.