Le contrôleur du Likud a disqualifié le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la course à la primaire de la semaine prochaine pour la direction du parti. Une décision qui pourrait mettre en danger ses chances de briguer un nouveau mandat.

Pour le disqualifier, le contrôleur Shai Galili a mentionné l’utilisation par Netanyahu de fonds du parti et d’autres biens pour promouvoir sa propre candidature.

L’avocat de Netanyahu prétend quant à lui que Galili a outrepassé ses pouvoirs en invalidant Netanyahu, provoquant probablement la mise en place d’une bataille juridique qui pourrait retarder les primaires.

D’autres sources au Likud ont également minimisé l’importance du geste de Galili.

Dans une lettre à l’avocat de Netanyahu, Galili a détaillé l’utilisation par le Premier ministre du siège du Likud pour promouvoir sa campagne pour la direction du parti. Il a ajouté que Netanyahu avait également posté un de ses discours sur le site web du Likud, ce qui est contraire au règlement du parti.

Galili a écrit qu’il était « conscient du fait que la disqualification d’un Premier ministre en exercice puisse causer des dommages politiques et financiers au parti ».

« Cependant, je ne peux pas placer ces considérations dans la balance avec d’autres arguments, car ce sont des considérations étrangères », conclut-il.

Menachem Neeman, le président de la Commission électorale du Likud, a critiqué la décision du contrôleur et a accusé Galili de causer d’immenses dommages au parti.

« Quand nous sommes au milieu d’un processus de primaires, dans lequel nous avons déjà investi une fortune, et que nous faisons une rude campagne contre les autres partis, la simple question de disqualifier Netanyahu cause des dommages incalculables », a écrit Neeman dans un communiqué.

« Une telle décision, est totalement contraire à la volonté de tous les militants – tant ceux qui se préparent à voter pour Netanyahu que ceux qui se préparent à voter pour Danny Danon. »

Neeman a conclu qu’il croyait que le contrôleur ne pouvait pas exclure le Premier ministre des primaires. « Je ne pense pas que cette décision soit recevable parce qu’elle a été prise sans aucune autorité. »

Netanyahu est en compétition avec Danny Danon pour la direction du parti le 31 décembre.

D’après Haaretz, Galili a fait valoir que la loi sur les partis politiques lui a explicitement permis de disqualifier Netanyahu.

Galili cite le paragraphe 28 de la loi sur les partis : « Si l’organisme agréé par le parti – ou en l’absence d’un tel organisme, la commission de contrôle – arrive à la conclusion qu’un candidat n’a pas suivi une directive dans cette section, il est en droit, entre autres choses, d’invalider sa candidature, et s’il ou elle a été élu à la tête du parti, [l’organisme] peut annuler les élections. »

Haaretz a rapporté que le contrôleur du Likud avait convoqué, vendredi, Netanyahu à une audience portant sur le soupçon que le Premier ministre avait utilisé des fonds du parti pour promouvoir sa candidature au sein du parti.

Netanyahu, à en croire le contrôleur, aurait convoqué illégalement plusieurs militants il y a deux semaines et les aurait exhortés à le soutenir dans la course à la direction du parti. Un discours prononcé par le Premier ministre lors de l’événement a ensuite été téléchargé sur le site du parti.

Les élections internes au Likud ont été avancées du 6 janvier au 31 décembre après que la proposition de Netanyahu a été approuvée par la majorité du comité central du parti.

La motion de Netanyahu pour changer la date des primaires a été ostensiblement présentée comme permettant d’ouvrir la voie au chef élu du Likud de se lancer dans la course pour les élections du 17 mars le plus tôt possible, mais beaucoup estiment qu’il s’agit en fait d’une tentative de contrecarrer une éventuelle candidature de l’ancien ministre populaire Gideon Saar.

Saar a plus tard annoncé qu’il ne serait pas candidat à la direction du parti.

Le député Danny Danon, qui préside le comité central du Likud, reste le seul rival à Netanyahu dans la course au leadership, depuis que Moshe Feiglin a annoncé jeudi dernier qu’il renonçait à briguer la tête du parti.