L’Egypte a informé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, que le Hamas n’abordera pas le sujet du désarmement dans le cadre des pourparlers de réconciliation avec le Fatah et ne considérera pas cette possibilité avant qu’un accord de paix ne soit signé avec Israël, a annoncé le quotidien arabe basé à Londres, Rai al-Youm, Jeudi.

L’article indique que le chef de la direction générale des renseignements d’Egypte, Khaled Fawzy, a déclaré à Abbas lors d’une récente réunion que le Hamas ne se désarmerait pas avant que de nouvelles élections soient organisées pour élire les dirigeants palestiniens et qu’une solution ne soit trouvée au conflit israélo-palestinien.

Le dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré mardi que l’organisation terroriste n’abandonnerait pas sa lutte armée contre l’Etat juif.

Les dirigeants du Hamas de la bande de Gaza et le parti au pouvoir de l’AP, le Fatah, ont lancé une tentative ambitieuse de mettre fin à une rupture qui dure depuis 10 ans, avec des négociations qui débuteront à partir de la semaine prochaine en Egypte.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 20 septembre 2017 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 20 septembre 2017 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Dans une interview accordée à une chaîne de télévision privée, On TV, Haniyeh a déclaré : « Tant qu’il y a une occupation sur le terrain, notre peuple a le droit de posséder des armes et de résister à l’occupation avec toutes les formes de résistance ».

Mais faisant un geste à l’égard d’Abbas, il a déclaré que le Hamas ne rentrerait pas unilatéralement dans une guerre contre Israël. « Nous sommes prêts à négocier avec les factions palestiniennes et le Fatah pour unifier la décision de paix et de guerre », a-t-il déclaré.

Il est peu probable que de telles concessions satisfassent Abbas, qui a publié sa propre déclaration lundi où il a affirmé que « tout doit être entre les mains de l’Autorité palestinienne ».

Abbas a déclaré qu’il n’accepterait pas de reproduire le « modèle du Hezbollah » au Liban, où le groupe terroriste armé agit librement avec la protection d’un gouvernement central faible.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël n’accepterait pas un accord de réconciliation entre les factions rivales palestiniennes qui mettraient Israël en danger. Il a déclaré que tout accord devrait inclure la reconnaissance d’Israël, la dissolution de l’aile militaire du Hamas et la rupture des liens entre le Hamas et l’Iran.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré mardi que la réconciliation palestinienne pourrait être une « opportunité » pour une paix régionale plus large.

« Le monde entier attend vos efforts pour réconcilier le peuple palestinien et apprécie votre détermination à faire face à tous les obstacles », a déclaré Sissi.

« Il est possible de réaliser la paix dans la région, à condition que toutes les parties soient unies », a-t-il poursuivi.

Le Caire a joué un rôle clé dans la tentative de réunir les deux parties palestiniennes, et Sissi a déclaré que les puissances mondiales seraient en faveur des négociations.

« Je suis convaincu que les grandes puissances mondiales, lorsqu’elles verront que les partis palestiniens sont pleinement conscients de la nature de cette phase et de l’importance du dialogue pour atteindre l’objectif de la paix, contribueront pour réaliser cette paix », a-t-il ajouté.

Le groupe terroriste du Hamas gouverne Gaza depuis un violent coup d’état où il a renversé l’Autorité palestinienne en 2007 mais le mois dernier, il a accepté de remettre le pouvoir civil à l’AP grâce à la médiation égyptienne.