Le pape François « n’a pas d’agenda politique » mais il a décidé de rajouter plusieurs « gestes » à sa visite au Proche-Orient, a affirmé lundi son porte-parole, le père Federico Lombardi.

Interrogé sur la tournure « politique » du voyage papal, bien qu’il ait annoncé à l’avance un « pèlerinage strictement religieux », le père Lombardi a déclaré lors d’un point presse que les deux visites imprévues dans son programme « étaient significatifs et permettaient de le compléter ».

En s’arrêtant dimanche devant la barrière de sécurité israélienne en Cisjordanie et en ajoutant au pied levé lundi matin, sur suggestion israélienne, une étape au mémorial des victimes d’attentats à Jérusalem, le pape a raisonné comme un « prophète » qui « voit au-delà » des blocages actuels afin d’indiquer des « voies », des « ponts » possibles, a ajouté le porte-parole.

« Ils n’ont pas été des gestes contre (quelqu’un). Il est toujours difficile d’interpréter les signes positifs », a-t-il plaidé.

Le pape François a voulu faire un geste d’une part contre un mur qui ne conduit pas à la paix et, d’autre part, contre le terrorisme qui tue les innocents et détruit la paix, a-t-il expliqué.

« Le pape se sent libre de décider ce qu’il veut faire », a observé le prêtre jésuite, précisant que la décision de s’arrêter au mémorial des victimes d’attentats anti-israéliens avait été prise lundi matin, à la requête de responsables israéliens, alors que le pape se rendait au mémorial de la Shoah de Yad Vashem tout proche.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a personnellement souhaité cette halte surprise pour « rééquilibrer » celle au pied du mur de séparation à Bethléem qui, selon les médias israéliens, l’a rendu furieux.

Après l’étape devant la barrière à Bethléem, « quand j’ai entendu des réactions de mécontentement côté israélien, je n’ai pas été surpris », a reconnu le père Lombardi.

« Le pape n’était pas informé que le mémorial (aux victimes d’attentats) existait. Puisque c’était possible dans le programme, il a rajouté cette étape », a-t-il expliqué.

Interrogé sur l’invitation à venir prier pour la paix au Vatican, lancée par le pape aux présidents Mahmoud Abbas et Shimon Peres qui l’ont acceptée, le porte-parole a fait savoir « qu’il ne pouvait donner une date précise ».

« Vous devez attendre une communication officielle », a-t-il admis, alors que le négociateur palestinien Saëb Erakat a annoncé que M. Abbas avait donné son accord pour la date du 6 juin.

Pour cette rencontre de « prière », « le pape n’a pas d’agenda politique et n’a pas de propositions concrètes, car ce n’est pas dans son rôle », a souligné le père Lombardi.

« Tout le monde sait que nous espérons de nouvelles inspirations, un nouveau courage dans le processus de paix » de la part des protagonistes, a-t-il cependant remarqué.