Alain Soral recherché par la France pour ingérence pro-iranienne
Les enquêteurs le soupçonnent de "provocation au terrorisme" et "d’apologie du terrorisme", en lien avec une chaîne Telegram francophone pro-iranienne et radicale
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L’essayiste d’extrême droite Alain Soral est actuellement recherché par la justice française dans le cadre d’une enquête sur une possible opération d’ingérence menée par l’Iran en France, l’une des premières détectées par les services de renseignement français, a rapporté BFMTV, qui cite des sources proches du dossier.
Les enquêteurs soupçonnent l’homme de 66 ans, exilé en Suisse, de « provocation au terrorisme » et « d’apologie du terrorisme », notamment en lien avec une chaîne Telegram francophone pro-iranienne et radicale nommée « Axe de la Résistance ».
Alain Soral pourrait être tenu pour complice de la propagande pro-Iran, anti-Israël et anti-occident diffusée par la chaine, alors qu’une émission radio éponyme a été diffusée entre 2020 et 2024 sur le site de son mouvement, Égalité & Réconciliation. L’émission, avec des chants du Hezbollah et des sourates du Coran en guise de jingle, était présentée et gérée par les mêmes individus que ceux gérant la chaine Telegram.
Plusieurs proches d’Alain Soral ont été interrogés dans le dossier et trois personnes ont été mises en examen, dont une ressortissante iranienne de 35 ans, Mahdieh Esfandiari, traductrice installée à Lyon depuis huit ans, soupçonnée d’avoir administré la chaîne. Elle est incarcérée depuis mars à la prison de Fresnes, après avoir été arrêtée alors qu’elle s’apprêtait à quitter le territoire français. Mi-avril, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmail Baghaei, a réagi, dénonçant une association faite, selon lui, par les pays européens, entre la dénonciation du « génocide » commis par Israël à de l’apologie de terrorisme. Alain Soral a également pris publiquement la défense de Mahdieh Esfandiari. Le compagnon de celle-ci et une autre personne française sont également poursuivis. Les enquêteurs évoquent des financements en provenance de Téhéran pour soutenir leurs activités.
Ce n’est pas la première fois que l’essayiste est accusé de connivences avec l’Iran. Après s’être présenté aux élections européennes de juin 2009 sur la « Liste antisioniste » de son ami Dieudonné, aux côtés de Yahia Gouasmi, président de la fédération chiite de France, Alain Soral avait d’ailleurs publiquement assumé avoir reçu 3 millions d’euros de Téhéran. « Si on a pu faire la Liste antisioniste, qui a coûté 3 millions d’euros, c’est parce qu’on a eu l’argent des Iraniens. Faut le dire, faut être honnête. Si on ne les avait pas eus, on n’aurait pas pu le faire », avait-il déclaré dans une vidéo publiée en mars 2013.
Cette affaire, suivie par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), intervient sur fond de tensions diplomatiques entre Paris et Téhéran. Elle pourrait peser sur les discussions autour de la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, deux Français détenus en Iran depuis 2022 pour espionnage présumé.
Alain Soral, qui ne s’est pas présenté à plusieurs récentes convocations judiciaires en France, a déclaré fin juin dans une vidéo envisager un exil en Russie, redoutant l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre. L’homme a été par le passé condamné à de multiples reprises par la justice française, notamment pour antisémitisme.
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