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Ankara espère rendre ses systèmes de défense russes pour acquérir des F-35 américains – média

Le Kremlin dément toute discussion à ce sujet entre Poutine et Erdogan, alors qu’Ankara explore des options pour moderniser sa flotte aérienne

Des véhicules et du matériel militaires, ainsi que des pièces des systèmes de défense aérienne S-400, déchargés d’un avion de transport russe à l’aéroport militaire de Murted, à Ankara, en Turquie, le 12 juillet 2019. (Crédit : Ministère de la Défense via AP, Pool)
Des véhicules et du matériel militaires, ainsi que des pièces des systèmes de défense aérienne S-400, déchargés d’un avion de transport russe à l’aéroport militaire de Murted, à Ankara, en Turquie, le 12 juillet 2019. (Crédit : Ministère de la Défense via AP, Pool)

La Turquie envisagerait de restituer à la Russie les systèmes de défense aérienne S-400 qu’elle a achetés en 2017, dans l’espoir que cette démarche lui permette d’acquérir des avions de chasse F-35 aux États-Unis, a rapporté mercredi Bloomberg News, citant des responsables turcs et russes proches du dossier.

Selon le média, le président turc Recep Tayyip Erdogan aurait abordé la question avec son homologue russe, le président Vladimir Poutine, lors de leur rencontre en marge d’un sommet au Turkménistan la semaine dernière.

Ankara espérerait également obtenir une compensation financière en cas de restitution des systèmes S-400, possiblement sous la forme de rabais sur ses importations de pétrole et de gaz naturel en provenance de Russie, selon Bloomberg.

Le Kremlin a toutefois démenti jeudi ces informations, affirmant que la question du retour des systèmes S-400 « n’était pas à l’ordre du jour » lors de la rencontre entre les deux dirigeants. La Turquie a refusé de commenter l’article.

La Turquie a exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour l’achat d’avions de chasse F-35 aux États-Unis, mais elle en est empêchée depuis son acquisition, en 2017, des systèmes de défense aérienne S-400 de fabrication russe.

La semaine dernière, l’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, a indiqué que Washington et Ankara menaient des discussions « productives » sur une éventuelle vente de ces avions de combat furtifs de pointe.

« Conformément à la législation américaine, la Turquie ne peut ni utiliser ni posséder le système S-400 si elle souhaite réintégrer le programme F-35 », a écrit Barrack sur X.

Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) et le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’une réunion en marge d’un forum international à Achgabat, au Turkménistan, le 12 décembre 2025. (Crédit : Kristina Kormilitsyna/Sputnik, Kremlin/AP)

« Les relations positives entre le président Trump et le président Erdogan ont créé un nouveau climat de coopération, qui a permis les discussions les plus constructives sur ce dossier depuis près de dix ans », a-t-il ajouté.

« Nous espérons que ces échanges aboutiront, dans les mois à venir, à une avancée répondant à la fois aux exigences sécuritaires des États-Unis et de la Turquie », a encore déclaré Barrack.

Lors du premier mandat du président américain Donald Trump, les États-Unis avaient exclu la Turquie, pourtant alliée au sein de l’OTAN, de leur programme phare de chasseurs F-35, après l’achat par Ankara du système de missiles sol-air S-400 à la Russie. Des responsables américains craignaient alors que l’utilisation de ce système antimissile par la Turquie ne permette de collecter des données sensibles sur les capacités du F-35, susceptibles d’être transmises à Moscou.

Israël a à plusieurs reprises exprimé son inquiétude face à une éventuelle vente de F-35 à la Turquie ou à d’autres pays de la région, soucieux de préserver son avantage militaire qualitatif.

À ce jour, Israël est le seul pays du Moyen-Orient à disposer de F-35 dans son arsenal, avec 45 appareils actuellement en service et 30 autres en commande.

Donald Trump a toutefois récemment annoncé la vente de F-35 à l’Arabie saoudite, suscitant des inquiétudes en Israël. Des responsables américains et des experts en défense ont indiqué à Reuters que les avions destinés à Riyad seraient moins avancés que ceux utilisés par Tsahal.

Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’une réunion, dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche, à Washington, le 25 septembre 2025. (Crédit : Evan Vucci/AP Photo)

Ces derniers mois, la Turquie, qui dispose de la deuxième plus grande armée de l’OTAN, a cherché à tirer parti du réchauffement de ses relations avec l’Occident pour moderniser sa flotte aérienne vieillissante, notamment par l’acquisition de 40 Eurofighter Typhoon, puis potentiellement de F-35 américains.

Ankara a récemment enregistré une avancée notable dans ses négociations concernant les Eurofighter, le Premier ministre britannique Keir Starmer ayant annoncé en octobre que le Royaume-Uni vendrait 20 appareils à la Turquie. En attendant leur livraison, Ankara a indiqué qu’elle achèterait 12 Eurofighter au Qatar et 12 à Oman afin de renforcer ses capacités aériennes.

Erdogan figure parmi les critiques les plus virulents d’Israël sur la scène internationale. Au cours des deux dernières années de guerre, il a multiplié les accusations de génocide à l’encontre d’Israël, comparant le pays à l’Allemagne nazie et assimilant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Adolf Hitler.

Il s’est également rapproché du groupe terroriste palestinien du Hamas, accueillant au fil des ans plusieurs de ses hauts responsables et qualifiant publiquement ses membres de « combattants de la liberté ».

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