Ben Gvir visite une ville bédouine en pleine vague de criminalité, suscitant la colère
Cette visite intervient alors que les dirigeants bédouins protestent contre leur exclusion de la prise de décision concernant la recrudescence des violences dans le Néguev
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Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est rendu dimanche pour la deuxième fois en moins de quatre semaines dans le village bédouin de Lakiya, dans le Néguev, dans un contexte de violences endémiques dans la région, suscitant la colère des habitants après que la police a bloqué l’entrée de la ville à l’aide de blocs de béton.
Sa visite et les barrages routiers ont fait suite à une nouvelle opération de la police qui visait à lutter contre la recrudescence de la criminalité et du trafic d’armes au sein de la communauté bédouine du Néguev, un raid baptisé « Opération Nouvel Ordre ».
Les maires et les présidents des conseils arabes ont demandé à plusieurs reprises à l’État de faire davantage pour combattre la criminalité dans leurs secteurs, et un grand nombre ont attribué la responsabilité de l’essor des homicides à Ben Gvir, le ministre d’extrême droite, qui est entré en fonction à la fin de l’année 2022.
Depuis le début de l’année, plus de 230 citoyens arabes ont été tués dans des fusillades et dans des agressions à l’arme blanche – des attaques qui ont été principalement liées à des gangs – soit plus que le nombre total de victimes qui avait été enregistré, l’année dernière.
Ces derniers jours, des coups de feu qui ont eu lieu dans la ville bédouine de Rahat ont fait deux morts, et des informations faisant état de tirs nourris à proximité de villes juives, au début de la semaine, ont finalement incité Ben Gvir à se rendre dans le sud et à visiter plusieurs régions du Néguev.
Les responsables de la communauté arabe ont déploré le fait qu’ils étaient écartés du processus décisionnel dans cette problématique qui touche très majoritairement leurs électeurs. Dimanche, les chefs des communautés bédouines du Néguev se sont dits indignés d’avoir été exclus d’une réunion d’urgence sur la criminalité qui avait été organisée à Beer Sheva, dans la matinée.
« Nous sommes attristés par ce comportement ; nous espérions coopérer avec toutes les autorités locales du Néguev et nous espérions qu’elles entreraient également en contact avec la communauté bédouine. Nous ne voyons pas tout ça d’un bon œil », a indiqué le maire de Rahat, Talal al-Kernawi, au Times of Israel. « Nous sommes également favorables à la préservation de la gouvernance dans le Néguev. »
Ben Gvir est arrivé à Lakiya en compagnie du chef de la police du district du sud, Haim Bublil. Des images l’ont montré en train de se disputer avec Walid al-Hawashleh, député du parti Raam.
Dans la vidéo, Ben Gvir déclare qu’il est le « propriétaire » de la ville arabe, tandis qu’al-Hawashleh le traite de raciste.
« Nous allons éliminer tous ceux qui sont mauvais, je n’ai pas peur d’eux, je suis le propriétaire ici », s’insurge Ben Gvir dans la vidéo, avant de crier « barra », un mot qui signifie « dehors » en arabe, en direction d’al-Hawashleh, une insulte qu’il utilise fréquemment pour repousser les critiques émises par les législateurs arabes.
« Raciste, vous n’avez rien fait contre les meurtres commis dans la société arabe », s’est indigné al-Hawashleh, tout en poursuivant le ministre qui continuait à descendre la rue avec son entourage. « Vous ne faites que provoquer ici. »
Des images ultérieurement filmées lors de la visite montrent des dizaines d’habitants en train de huer le ministre d’extrême droite alors qu’il saluait depuis sa voiture.
השר לביטחון לאומי איתמר בן גביר הגיע ללקיה: ״מי שרע נכסח אותו – אני לא מפחד ממכם. אני בעל הבית פה״ pic.twitter.com/JFqzQL0YhJ
— ארנולד נטייב (@ArnoldNataev) November 23, 2025
Les barrages routiers mis en place par la police dimanche sont entrés dans le cadre d’une opération qui a visé à bloquer les déplacements des criminels et des armes dans la région. Les habitants ont toutefois mal accueilli cette décision, affirmant qu’elle entravait leurs déplacements.
Des barrages routiers en béton ont été utilisés par Tsahal en Cisjordanie et à Jérusalem-Est pour empêcher l’entrée et la sortie des zones résidentielles palestiniennes dans les périodes de tension accrue, ainsi que pendant certaines fêtes juives importantes.
לא הספקתי מוקדם יותר, אז הנה המשטרה פועלת בהוראת השר בן גביר.
הודעת המשטרה: בטונדות וחסימות משטרתיות הוצבו ביישובים הבדואים לקייה ותל שבע.
מבצע "סדר חדש" בנגב יצא לדרך בסוף השבוע – ביוזמת השר לביטחון לאומי איתמר בן גביר והמפכ"ל דני לוי המשטרה פועלת נגד תופעת הירי וזליגת אמצעי… pic.twitter.com/PkxxA8GQRt
— אלעד הוּמינר ???????? العاد هومينر (@EladHumi) November 23, 2025
Plus tôt dans la journée, au sud-ouest de Lakiya, le maire de Beer Sheva, Ruvik Danilovich, avait organisé une réunion consacrée à la prise en charge de cette vague de violence.
Dans un message Facebook qui annonçait cette rencontre, Danilovich évoquait « un terrorisme civil » et il avait averti que « le prochain 7 octobre est à nos portes », en référence au pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, qui avait déclenché la guerre à Gaza. Étaient également présents des personnalités politiques juives locales de premier plan, notamment des maires et des présidents de conseils locaux.
Les responsables ont prévu de soumettre un document de principes au gouvernement et aux agences de sécurité, exigeant que l’État s’attaque à la hausse de la criminalité.
Les neuf présidents des conseils locaux arabes du Néguev étaient absents de la réunion, alors même que la violence se concentre dans leurs juridictions.
Évoquant la fusillade meurtrière de la semaine dernière, qui a eu lieu dans le cadre d’un conflit entre cousins, al-Kernawi, de Rahat, a déclaré que les armes à feu devaient être retirées des rues de la ville et il a déploré la « quantité énorme » d’armes de guerre tombées entre les mains de criminels.
« C’est terrifiant, nous avons besoin d’un leadership dans ce domaine pour lutter contre la prolifération des armes », a-t-il dit.
Pendant ce temps, à Jérusalem, pendant ce temps, un petit groupe de manifestants s’est aspergé de faux sang devant le quartier-général national de la police pour protester contre l’incapacité des forces de l’ordre à contrer la vague de violence.
Alors qu’une dizaine de manifestants gisaient sur le sol, recouverts de peinture rouge, d’autres ont brandi une pancarte appelant les autorités à « mettre un terme à l’abandon » de la société arabe.
« La violence fait rage parce que le gouvernement la tolère. Ce n’est pas un échec, c’est un choix », a affirmé dans un communiqué le mouvement Standing Together, organisateur de la manifestation.
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