Boycott de Nadav Lapid : une « faillite intellectuelle » déplorent Audiard, Triet ou Hazanavicius
Évoquant des "pressions" liées à sa participation, le cinéaste anti-Israël a renoncé à se rendre au FIDMarseille ; les signataires mettent Israël, "État criminel", sur le même plan que le régime d'Iran ou de Poutine
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Mardi, un collectif de cinéastes, dont le réalisateur oscarisé, Michel Hazanavicius, et les lauréats de la Palme d’or, Justine Triet et Jacques Audiard, ont qualifié « d’aberration » l’appel au boycott qui a contraint le réalisateur israélien exilé en France, Nadav Lapid, à annuler sa venue au FIDMarseille.
« Que le plus grand artiste dissident israélien, qui œuvre inlassablement à dénoncer les dérives fascistes et colonialistes de son gouvernement, ainsi que ses faillites morales criminelles dans des films primés dans le monde entier, soit contraint de se retirer d’un festival français doit nous alerter et nous mobiliser au-delà de cette aberration », écrit dans Le Monde ce collectif, qui compte également l’actrice américaine Natalie Portman.
« Le boycott culturel de Nadav Lapid est une faillite intellectuelle. Les cinéastes russes, israéliens ou iraniens ne sauraient être menacés de disparition pour expier des crimes commis par des gouvernements dont ils sont souvent les plus fervents pourfendeurs », ajoute ce texte.
Lundi, une autre tribune signée par 350 professionnels de la culture, dont le lauréat de la Palme d’or Apichatpong Weerasethakul et l’écrivain palestinien Elias Sanbar, s’était déjà élevée contre le boycott qui a frappé le réalisateur de « Oui », virulente charge contre les Israéliens de l’après-7-Octobre.
Évoquant des « pressions » liées à sa participation, Lapid avait renoncé à se rendre au FIDMarseille, en raison des protestations de cinéastes qui y étaient programmés et qui lui reprochaient notamment d’avoir bénéficié de fonds publics israéliens.
Interrogé par l’AFP, Lapid, qui vit en France depuis cinq ans, a dénoncé un boycott « cruel et violent » tout en refusant de se poser en victime.
« Quels que soient les crimes commis par son État, personne ne saurait être réduit à un passeport », estime le collectif dans son texte paru mardi.
« Qu’est-ce qui fait de quelqu’un un soutien d’un État criminel, qu’il soit russe, iranien ou israélien, quand il s’agit de cinéma ? À partir de quel seuil de financement public décide-t-on qu’une œuvre ou son auteur, fût-il le plus critique, se fait le porte-parole d’un gouvernement criminel ? », s’interroge-t-il.
Dans un message posté sur Instagram, douze cinéastes ayant appelé au boycott de Nadav Lapid justifient leur démarche par leur volonté « d’agir contre une réalité coloniale et génocidaire approuvée » et dénoncent « l’insistance » des festivals à « produire une symétrie […] entre productions palestiniennes et israéliennes ».
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