Cisjordanie : le KKL/JNF suspend des fonds pour jeunes liés aux violences
Le président du Fonds affirme que ces financements soutenaient des activités menant à l’expulsion de Palestiniens et s’engage à ne plus appuyer les extrémistes
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Le Fonds national juif-KKL a annoncé mardi avoir mis fin à la plupart de ses financements destinés à des programmes en Cisjordanie pour des jeunes Israéliens en difficulté, après avoir constaté que ces fonds servaient à expulser des Palestiniens locaux.
« À notre grand regret, il s’est avéré que, sous couvert d’éducation, nous soutenions des activités visant à amener des jeunes en difficulté dans les implantations afin d’aider à déposséder les Palestiniens de leurs terres », a déclaré Eyal Ostrinsky, président du JNF-KKL, au journal Haaretz.
« Nous ne serons plus impliqués dans ces avant-postes mis en place par [Bezalel] Smotrich et [Orit] Strouk », a déclaré Ostrinsky, en référence aux ministres du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, qui ont promu les avant-postes agricoles comme un outil permettant d’étendre l’emprise des résidents d’implantations israéliens sur la Cisjordanie au détriment des Palestiniens.
Ostrinsky a indiqué que le comité exécutif du JNF-KKL avait adopté à l’unanimité, au début du mois, la décision de mettre fin au financement des avant-postes agricoles, qui accueillaient également des programmes pour jeunes en difficulté. L’an dernier, ce même organe avait déjà suspendu temporairement ces financements face à l’accumulation de rapports montrant que ces avant-postes étaient devenus des foyers de violence de résidents d’implantations.
Arrivé à la tête du JNF-KKL en janvier, Ostrinsky a précisé que le financement d’un petit nombre de programmes en Cisjordanie se poursuivrait, après confirmation de leur caractère « purement éducatif ».
Le président du JNF-KKL a également confié à Haaretz que l’organisation mettrait fin à son programme d’achat de terres en Cisjordanie, une pratique qui lui avait valu des critiques l’accusant de participer à la spoliation de terres palestiniennes.
Selon un rapport publié fin 2024 par les organisations de gauche La Paix maintenant et Kerem Navot, le JNF-KKL aurait versé 4,7 millions de shekels à des « avant-postes de bergers, officiellement au titre de programmes de volontariat destinés à des jeunes en difficulté », depuis 2021.
Près de 4 millions de shekels ont été versés au groupe de résidents d’implantations Artzenu, qui recrute des volontaires pour l’avant-poste violent de la ferme Moshe, ainsi qu’au Conseil régional de Mateh Binyamin, selon le rapport.
En Cisjordanie, les attaques de résidents d’implantations se produisent presque quotidiennement et se sont intensifiées pendant la guerre contre la République islamique d’Iran, déclenchée le 28 février. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril. Durant cette période, l’organisation de défense des droits de l’Homme Yesh Din a recensé 378 incidents de violence commis par des résidents d’implantations contre des Palestiniens et leurs biens.
Huit Palestiniens ont été abattus et 200 blessés au cours de cette période, selon l’organisation.
Des résidents d’implantations extrémistes, souvent en groupe, ont été filmés en train d’agresser des Palestiniens, d’incendier des voitures et de détruire des biens.
Les détracteurs accusent le gouvernement de fermer les yeux sur les attaques violentes perpétrées par des résidents d’implantations, devenues de plus en plus meurtrières ces dernières années.
Les arrestations dans ce type d’affaires restent rares, et les condamnations encore plus, malgré leur fréquence quasi quotidienne.
Tsahal a également été critiquée pour son inaction face aux attaques, alors même que certains de ses soldats y participeraient parfois activement, ainsi que pour son incapacité à poursuivre les responsables.
Certains critiques estiment que l’impunité quasi totale dont jouissent les agresseurs suggère que ces violences sont tolérées, voire encouragées, par le gouvernement.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a vivement condamné le mois dernier la violence des résidents d’implantations, qualifiant les attaques contre des civils palestiniens en Cisjordanie « d’inacceptables sur le plan moral et éthique » et d’obstacle stratégique majeur.
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