Cisjordanie: Un Palestinien présenté dans « No Other land » abattu par des extrémistes Juifs
Awdah Hathaleen a été mortellement blessée après qu'un partisan du mouvement pro-implantation, sanctionné par l'Occident, a tiré sur un groupe de Palestiniens qui auraient jeté des pierres
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Awdah Hathaleen, un militant palestinien de premier plan qui avait figuré dans le documentaire « No Other Land », qui a été distingué aux Oscars, aurait été tué par balle dans la soirée de lundi à proximité du village d’Umm al-Khair, en Cisjordanie. Il aurait perdu la vie lors d’affrontements avec des partisans du mouvement pro-implantations israéliens qui avaient, semble-t-il, essuyé des jets de pierre.
Selon les médias israéliens, l’un des Israéliens impliqués dans cette rixe meurtrière était Yinon Levi, un partisan du mouvement pro-implantations qui avait écopé de sanctions des États-Unis sous l’administration Biden. Il est toujours dans le viseur des sanctions du Canada, du Royaume-Uni et de l’Union européenne.
Selon des informations, Levi aurait ouvert le feu en direction d’un groupe de Palestiniens à proximité de l’implantation de Carmel, dans les collines du sud d’Hébron. Hathaleen, 31 ans, a été grièvement blessé au torse au cours des affrontements et il a été transporté à l’hôpital Soroka de Beer sheva, où il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.
Au moins deux autres Palestiniens auraient également été blessés dans le cadre de l’incident. Le Croissant-Rouge palestinien et les services du Magen David Adom ont été appelés pour prendre en charge les blessés et pour leur donner les premiers soins sur les lieux des heurts.
Sur des images filmées lors des affrontements, Levi, une arme de poing à la main, ouvre le feu en tirant en l’air, un bulldozer apparaissant en arrière-plan.
Le site d’information Ynet a signalé que Levi se trouvait dans la région pour effectuer des travaux de construction autorisés dans un nouveau quartier de Carmel. Dans son récit de l’incident, l’extrémiste a affirmé que des dizaines d’émeutiers venus du quartier voisin d’Umm al-Khair lui avaient jeté des pierres, prenant également pour cible d’autres Israéliens.
Il a raconté qu’il avait ouvert le feu en direction des Palestiniens parce qu’il avait eu le sentiment que sa vie était en danger, a noté Ynet.
Un récit qui a néanmoins été mis en doute par Haaretz, qui a fait savoir que le bulldozer de Levi avait empiété sur les terrains privés d’Umm al-Khair.
Des images ont aussi montré un groupe de Palestiniens tentant d’empêcher le bulldozer de continuer à avancer.
2/2 סרטון המתעד את פגיעתו של אחמד הדלין בידי כלי הנדסי כבד.
שימוש על פי סעיף 27א' לחוק זכויות יוצרים pic.twitter.com/n0FhfIElMa— הארץ חדשות (@haaretznewsvid) July 28, 2025
Dans un communiqué, la police israélienne a déclaré qu’elle enquêtait sur l’incident, précisant qu’un citoyen israélien impliqué dans les tirs avait été placé en détention.
La police n’a pas communiqué l’identité de la personne qui a été arrêtée. Haaretz a avancé le nom de Levi.
Quatre Palestiniens ont également été arrêtés par les soldats israéliens, ainsi que deux touristes étrangers, selon la police.
La police a ajouté qu’elle enquêtait sur le rôle tenu par Hathaleen dans les affrontements qui ont entouré sa mort, et Haaretz a rapporté qu’elle avait demandé une autopsie dans le cadre de l’enquête.
Au lendemain de l’incident, l’implantation de Carmel a exprimé son soutien aux extrémistes impliqués dans la rixe, déclarant qu’elle « n’acceptera jamais qu’un Juif soit attaqué, et certainement pas sur les terrains appartenant à l’implantation ».
« Cet événement aurait pu se terminer par la mort d’un Juif si ce dernier ne s’était pas défendu », ont ajouté les autorités de Carmel sans mentionner Hathaleen, la victime de l’affrontement meurtrier.
« Nous demandons aux forces de l’ordre de se réveiller et d’éliminer immédiatement toutes les constructions illégales autour de l’implantation et aux abords des routes pour la sécurité de nos résidents », ont-elles exigé, faisant référence au village palestinien.
Cet assassinat présumé a été dénoncé en Israël par Gilad Kariv, un député élu sous l’étiquette d’Avoda, qui a affirmé que le gouvernement israélien et les militaires avaient permis à des « milices juives armées de mener des opérations sans aucun contrôle ».
« Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a paralysé la police, le ministre de la Défense Israël Katz a bloqué les opérations du Shin Bet et l’armée continue de fermer les yeux », a écrit Kariv dans un post qui a été publié sur X.
« Les effusions de sang sont déjà un terrible désastre et elles exigent des actions, mais que personne ne se fasse d’illusion : tout cela ne s’arrêtera pas à la Ligne verte », a-t-il averti.
L’ONG La Paix Maintenant a également noté que « le terrorisme des partisans du mouvement pro-implantation, un terrorisme qui se produit principalement dans les avant-postes illégaux, ne nuit pas seulement aux Palestiniens – il nuit également à l’État de droit en Israël et à sa réputation internationale ».
« Un État qui accorde de l’importance à la vie doit arrêter ses citoyens violents qui prennent la justice entre leurs propres mains. Notre situation se détériore davantage chaque jour où ce gouvernement anarchique reste au pouvoir ».
En 2020, Hadaleen s’était entretenu avec Zman Yisrael, le site hébréophone du Times of Israel, évoquant sa vision d’un avenir commun pour les Israéliens et les Palestiniens. Il avait déclaré qu’il pensait « qu’il n’y aura pas de paix tant que tout le monde n’aura pas le droit d’aller à la plage ».
« Nous voulons la paix. Je crois toujours que nous aurons la paix un jour », avait-il expliqué à l’époque.
« Actes de terrorisme »
Les violences perpétrée par des Israéliens extrémistes en Cisjordanie sont « des actes de terrorisme », a déclaré mardi le ministère des Affaires étrangères français, après le meurtre d’Hadaleen.
« La France condamne ce meurtre avec la plus grande fermeté ainsi que toutes les violences délibérées perpétrées par des colons extrémistes à l’encontre de la population palestinienne qui se multiplient à travers la Cisjordanie », a déclaré le porte-parole du ministère, en ajoutant: « Ces violences sont des actes de terrorisme ».
C’est la première fois que la diplomatie française qualifie ainsi les agissements d’Israéliens.
« Les colons ont fait plus de 30 morts depuis le début de l’année 2022. Les autorités israéliennes doivent prendre leurs responsabilités et sanctionner immédiatement les auteurs de ces violences, qui se poursuivent en toute impunité, et protéger les civils palestiniens », a-t-il ajouté.
la Communauté du Times of Israël !








