Dans Gaza à court de liquidités, ruée vers les banques qui rouvrent
Les experts de l'ONU ont appelé mi-septembre "à supprimer les restrictions monétaires", "rétablir les flux de liquidités", "établir des systèmes sécurisés de distribution d'argent liquide" et "faciliter les paiements numériques"
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Dans une bande de Gaza à court de liquidités, des dizaines d’habitants se ruent vers les banques qui rouvrent à la faveur d’un fragile cessez-le-feu. Mais leurs espoirs sont vite douchés.
Comme Ahmad Abou Foul, ils étaient plusieurs dizaines massés dimanche à Deir el-Balah (centre) devant la Banque de Palestine, l’une des deux branches à avoir rouvert avec celle de Nousseirat, à la faveur du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre.
Les portes étaient restées fermées depuis la fin de la précédente trêve, en mars, selon un dirigeant de cette banque.
Ahmad Abou Foul explique à l’AFP être venu « immédiatement » à l’agence » dans « l’espoir de retirer mon salaire auquel je n’ai pas pu accéder depuis longtemps ». « Mais il n’y avait pas d’argent disponible à la banque », dit ce trentenaire originaire du nord de Gaza et actuellement déplacé dans le sud.
Il a pu « toutefois avoir une nouvelle carte de crédit », mais « la situation est vraiment catastrophique » et « épuisante ».
Paiements virtuels
Après le début de la guerre déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, les liquidités ont vite manqué et l’usage des cartes de crédit entravé.
« La plupart des banques et des distributeurs automatiques de billets ont été détruits », ont pointé mi-septembre des experts de l’ONU, et « Israël a bloqué l’entrée de nouvelles devises, entraînant une grave pénurie de liquidités qui provoque une inflation drastique du coût de la vie et une baisse de la valeur des salaires ».
Les habitants munis d’une application bancaire sur leur téléphone portable ont toutefois pu envoyer et recevoir de l’argent, salaires ou sommes versées par des proches.
Certains utilisent aussi un portefeuille électronique (style PayPal) comme alternative aux cartes bancaires, ou recourent à un système appelé « transferts d’ami à ami », qui permet des virements rapides et faciles pour des montants limités et des commissions peu élevées.
Mais les paiements virtuels s’avèrent souvent ardus en raison des coupures d’électricité et d’internet.
Ahmad Abou Foul explique qu’il est aussi possible d’obtenir de l’argent liquide auprès de commerçants, mais ceux-ci pratiquent des « commissions énormes ». « La moitié de nos salaires disparaît », dit-il.
« Retour à la case départ »
Dimanche « la banque a ouvert sous réserve des conditions de sécurité », indique un responsable de la Banque de Palestine sous le couvert de l’anonymat, joint par téléphone par l’AFP.
« Il n’y a pas de liquidités », « les gens n’utilisent que l’argent liquide qu’ils avaient avant la guerre » et les coupures sont « usées », explique-t-il, .
Depuis des mois, les billets, parfois en miettes sont réparés sur les marchés.
« Trouvez-nous une solution. La crise de liquidités n’est pas résolue et nous souffrons toujours », plaide Taysir Abou Shabak, venu s’enquérir à Deir el-Balah de son compte fermé qu’il souhaite rouvrir.
« Nous ne pouvons ni acheter sur les marchés ni ouvrir nos comptes. Comment allons-nous manger et vivre ? », lance-t-il.
Parmi les autres clients, Amal Othman, déplore elle des services bancaires « suspendus » et des applications « hors service ».
Les experts de l’ONU ont appelé mi-septembre « à supprimer les restrictions monétaires », « rétablir les flux de liquidités », « établir des systèmes sécurisés de distribution d’argent liquide » et « faciliter les paiements numériques ».
Selon un responsable bancaire, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, « les gens ont perdu beaucoup d’économies et la valeur de l’argent a chuté ».
En février 2024, l’armée israélienne avait publié des vidéos de coffres-forts et de sacs contenant d’importantes sommes en liquide qu’elle avait dit avoir découverts dans des tunnels sous Gaza. S’y trouvaient aussi selon elle des documents prouvant des transferts d’argent en liquide de l’Iran au Hamas.
Dimanche, Mahmoud Nassar, originaire du nord de Gaza et déplacé à Al-Zawaida (centre) était « tellement heureux et plein d’espoir » à la perspective de pouvoir retirer de l’argent à la banque.
Mais il n’y en a pas, et « cela signifie que nous sommes revenus à la case départ », se désole-t-il.
la Communauté du Times of Israël !







