Des semaines après la rentrée, des jeunes filles haredim toujours exclues des écoles
Depuis près de deux mois, les préjugés tenaces à l'encontre des Israéliens d'origine séfarade ont privé certains élèves ultra-orthodoxes d'un lieu d'étude
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Près de deux mois après la rentrée scolaire, plusieurs adolescentes haredim restent confinées chez elles, les établissements où elles ont été affectées par les autorités locales refusant toujours de les accueillir, a déclaré mercredi un porte-parole du ministère de l’Éducation au Times of Israel.
La communauté haredi est depuis des années confrontée à la discrimination envers les élèves séfarades. Les critiques accusent de nombreux établissements ashkénazes de maintenir des quotas officieux limitant le nombre d’élèves séfarades, motivés par un racisme latent envers les familles originaires du Moyen-Orient.
Les élèves ultra-orthodoxes suivent généralement leur scolarité au collège, au lycée ou dans des établissements post-bac appelés séminaires, où l’admission est souvent très sélective. Comme ces séminaires dispensent à la fois des matières religieuses et une partie du programme scolaire obligatoire, ils bénéficient de financements publics.
En juillet, la Treizième chaîne rapportait qu’environ 440 jeunes filles haredim de Jérusalem, dont 73 % étaient séfarades, n’avaient été acceptées dans aucun séminaire. La municipalité avait alors décidé d’affecter elle-même les élèves dans différents établissements et avait exigé que ceux-ci les acceptent. Une situation similaire s’est produite à Beit Shemesh.
Avant la rentrée scolaire du 1ᵉʳ septembre, plusieurs séminaires, sur instruction des dirigeants haredim, ont refusé d’autoriser les élèves de troisième à débuter leur année en signe de protestation contre les décisions des deux municipalités.
Au 10 septembre, 55 élèves haredim – 15 à Jérusalem et 40 à Beit Shemesh – n’avaient toujours pas été inscrites dans un établissement, et le ministère de l’Éducation avait engagé une procédure de sanction à l’encontre des séminaires concernés.
Plus d’un mois plus tard, le conflit n’est toujours pas entièrement résolu.
Répondant mercredi à une demande d’informations du Times of Israel sur l’évolution de la situation, le ministère a indiqué que « le financement d’un séminaire avait été suspendu, et qu’à la suite d’une discussion ces derniers jours, les élèves concernées avaient été admises dans l’établissement, permettant le rétablissement du financement ».
« Le ministère utilise tous les moyens à sa disposition pour s’assurer que tous les placements sont pleinement mis en œuvre et traite actuellement un nombre limité d’élèves dont le dossier n’a pas encore été finalisé », a ajouté un porte-parole dans un courriel.
Le ministère n’a pas répondu aux demandes répétées d’informations complémentaires, notamment sur le nombre exact d’élèves encore sans affectation ni sur les villes concernées.
Un porte-parole de la municipalité de Beit Shemesh a déclaré jeudi qu’il restait cinq ou six élèves sans placement dans deux séminaires, et a précisé que la municipalité avait transmis ces informations au ministère de l’Éducation.
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