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Deux ans après le 7-Octobre, les larmes coulent encore sur le site du festival Nova

Plus de 370 morts ont été recensés à la suite du pogrom mené le matin de ce Shabbat noir

Une femme devant l'un des mémoriaux dédiés aux victimes des attentats du 7 octobre 2023, sur le site du Nova Festival à Reim, dans le sud d'Israël, à l'occasion du deuxième anniversaire des attentats, le 7 octobre 2025 (Crédit : JOHN WESSELS / AFP).
Une femme devant l'un des mémoriaux dédiés aux victimes des attentats du 7 octobre 2023, sur le site du Nova Festival à Reim, dans le sud d'Israël, à l'occasion du deuxième anniversaire des attentats, le 7 octobre 2025 (Crédit : JOHN WESSELS / AFP).

Au lever du soleil, des dizaines de personnes se sont rassemblées mardi dans le sud d’Israël sur les lieux du massacre du festival Nova, près de la bande de Gaza, où l’attaque des terroristes du Hamas a fait plus de 370 morts il y a deux ans.

Les larmes coulent sur les visages tournés vers les photos de proches, des portraits pris pendant des mariages, en vacances, ou en train de danser, et beaucoup de selfies, presque toujours des jeunes, souriant, leur année de naissance et de mort en légende.

Deux jeunes hommes, arrivés alors qu’il faisait encore nuit, roulent des joints en écoutant de la musique électronique. A 06h29 (03h29 GMT), heure précise du début de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien, ils éteignent le poste pour partager une minute de silence.

Les parents de Shiran Slavin se rendent sur le site du festival Supernova, près du kibboutz Reim, dans le sud d’Israël, où elle et des centaines d’autres personnes ont été tuées et enlevées lors de l’attaque meurtrière transfrontalière du Hamas le 7 octobre 2023, alors qu’Israël commémore le deuxième anniversaire de l’attaque, le 7 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

« Nous sommes partis à dix et sommes revenus à sept », dit Alon Musnikov, étudiant en droit de 28 ans, « aujourd’hui, deux ans après cet événement, nous en parlons encore, mais nous avons toujours du mal à réaliser que cela s’est vraiment passé. »

Ses trois amis, Yevgeni Postel, Lior Tkach et Sean Davitashvili, ont été tués le 7 octobre 2023 et il veut que leurs noms soient connus du monde entier.

« Nous vivons avec ce traumatisme tous les jours », explique-t-il, le visage fermé, « c’est comme si ça c’était passé hier. » Il est venu accompagné des membres des familles des trois jeunes, qui ne peuvent pas parler tant ils sont bouleversés.

« Ici avec ma fille »

« C’est ainsi que nous vivons depuis deux ans, et c’est le pire sentiment au monde », estime Orit Baron, dont la fille, Yuval, a été tuée sur place, à 25 ans.

Elle se souvient du 6 octobre 2023, soir de fête religieuse, de rires dans la cuisine avec Yuval.

Des personnes se rendent sur le site du festival Supernova, où des centaines de personnes ont été tués et enlevés par le Hamas puis emmenés à Gaza, alors qu’Israël commémore le deuxième anniversaire de l’attaque, près du kibboutz Reim, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Bien qu’elle vive à plus d’une centaine de kilomètres, Mme Baron vient souvent dans ce coin du Néguev, où l’ancienne piste de danse du festival préfigure une sorte de cimetière avec des grandes tiges pareilles à des stèles, piquées des portraits des personnes tuées ou prises en otage durant l’attaque du Hamas.

Au pied de chacun, beaucoup d’anémones sauvages, ces fleurs rouges emblèmes du miracle d’un désert qui fleurit dans le sud d’Israël, parfois des dessins d’enfants, et ailleurs, des drapeaux d’Israël.

Moshe Shuva et Yuval Baron (Crédit : Autorisation)

A 57 ans, Orit Baron a cessé de travailler pour se consacrer à la mémoire de sa fille et raconter son histoire, celle d’une jeune femme qui venait d’acheter sa robe de mariée, et qui est morte aux côtés de son fiancé, Moshé Shuva, 33 ans : « C’est très important que les gens apprennent la vérité de première main. »

Alors qu’elle s’applique à nettoyer le coin de Yuval et Moshé et arranger les fleurs, d’autres allument des bougies ou embrassent une photo.

Sigal Levi venait aussi d’acheter sa robe de mariée avant d’être assassinée au festival.

Au loin, l’écho sourd de tirs d’artillerie et d’explosions se font entendre depuis la bande de Gaza, le territoire palestinien voisin.

« Je suis ici avec » eux, dit Mme Baron, qui porte un portrait du jeune couple sérigraphié sur un pendentif d’argent autour du cou et dit ne pas entendre les bruits de la guerre. « La première fois que j’étais ici, ça me faisait très peur, mais maintenant, ça ne me fait plus rien ».

« Impardonnable »

« Chaque fois que je suis venue ici, il y avait des explosions, et honnêtement, d’une certaine manière, on aime bien », note de son côté Karen Shaarbany, qui a perdu sa fille, Sivan Shaarabany, 21 ans.

« Evidemment, je voudrais que tout cela se termine », dit cette femme de 57 ans, venue en famille, en référence à la guerre à Gaza et à la destruction du Hamas promise par le gouvernement israélien. « Mais tant que ce n’est pas terminé, je ne veux pas de calme », ajoute-t-elle : « Pourquoi devraient-ils avoir du calme (à Gaza) ? Pourquoi leur vie devrait-elle être tranquille ? »

Le calvaire de sa fille et ses quatre amies, qui ont tenté de quitter le site du festival lorsqu’il a été pris d’assaut, avant d’être contraintes à rebrousser chemin, est gravé dans son esprit, minute par minute.

Sivan Shaarbany (Crédit : Autorisation)

Elle se souvient de chaque message envoyé par sa fille. Le premier, à 06h45 : « tout va bien », le dernier à 08h10, où elle décrit « les terroristes qui leur tiraient dessus, elles se cachaient, elle avait peur. »

Sivan Shaarbany est partie avec quatre amies, une seule est revenue vivante, dit sa mère, qui époussette méticuleusement chacun des mémoriaux des quatre jeunes filles mortes à Nova.

Elle réprime ses sanglots, elle a beaucoup à dire mais est très émue, alors elle conclut : « Ce qui s’est passé ici est impardonnable. »

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