Entretiens entre le Hamas et le Fatah au Caire sur la prochaine phase du cessez-le-feu à Gaza
Selon une source, les parties souhaitent "organiser le front intérieur palestinien" ; selon le Hamas, les "factions" ont convenu que des technocrates palestiniens indépendants administreront Gaza après la guerre
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Jeudi, au Caire, des délégations du Hamas et de son rival de longue date, le Fatah, se sont entretenues au sujet de la deuxième phase du plan de paix pour Gaza soutenu par les États-Unis, a rapporté une source proche du dossier à l’AFP.
« La réunion a porté sur la situation actuelle ainsi que sur les questions liées à la deuxième phase du cessez-le-feu proposé à Gaza », a fait savoir cette source, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Et d’ajouter que les deux parties avaient convenu de « poursuivre les réunions dans la période à venir, et de travailler à l’organisation du front intérieur palestinien face aux défis posés par le gouvernement israélien ».
Selon le média égyptien étatique Al-Qahera News, les discussions ont porté sur « la situation nationale en général, ainsi que sur les dispositions à prendre après la fin de la guerre dans la bande de Gaza ».
À l’issue des entretiens, le Hamas a publié ce qu’il a présenté comme une déclaration commune d’un groupe de « factions palestiniennes », annonçant avoir convenu de confier l’administration de Gaza après la guerre à un comité indépendant composé de technocrates palestiniens. Le Hamas a depuis longtemps dit être prêt à céder le contrôle de la bande de Gaza – en laissant toutefois de côté la question du désarmement du groupe terroriste, qui serait alors l’objet des discussions séparées.
La déclaration ne précise pas qui prendra part au comité de technocrates palestiniens, un organe dont la composition devra très probablement obtenir l’approbation de Washington. Les responsables américains ont indiqué la semaine dernière que la composition de ce comité ne représentait pas pour eux une priorité absolue.
La déclaration ne mentionne pas non plus la participation de représentants du Fatah. Pourtant, selon certaines informations, Mahmoud Abbas, chef de la faction laïque de l’Autorité palestinienne, aurait donné pour instruction à ses collaborateurs de ne pas participer à la réunion, en raison de la présence du Hamas.
Le Hamas et le Fatah ont une longue histoire de profonde rivalité politique, une rivalité qui a entravé les efforts visant à l’unité nationale palestinienne. Le Hamas a notamment chassé le Fatah de Gaza lors d’un violent coup d’État en 2007. De plus, le Hamas cherche ouvertement à détruire Israël ; l’Autorité palestinienne du chef du Fatah, Abbas, affirme pour sa part qu’elle cherche à créer un État aux côtés d’un Israël revenu à ses frontières d’avant 1967.
L’Égypte, pays médiateur de longue date dans le conflit israélo-palestinien, a accueilli ces réunions dans le cadre d’une initiative plus large qui vise à établir un consensus autour du plan de cessez-le-feu à long terme proposé par le président américain Donald Trump.
Parallèlement aux pourparlers entre le Hamas et le Fatah, Hassan Rashad, le chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré des hauts responsables des principales factions palestiniennes.
Parmi ces factions figuraient le groupe terroriste du Jihad islamique, allié du Hamas, ainsi que les groupes terroristes du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) et du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP).
D’après Al-Qahera News, ces pourparlers s’inscrivaient dans le cadre des efforts déployés par l’Égypte pour « parvenir à un consensus national palestinien concernant la mise en œuvre du plan de cessez-le-feu du président américain à Gaza ».
Par ailleurs, ces entretiens se sont déroulés alors que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, le dernier d’une série de responsables de Washington souhaitant consolider cette fragile trêve, se rendait en Israël jeudi.
Dans le cadre du plan de paix en 20 points de Trump, une force de sécurité internationale composée d’alliés arabes et musulmans serait chargée de stabiliser Gaza après le retrait de l’armée israélienne. Une autorité de transition prendrait pour sa part le relais du Hamas dans l’administration du territoire.
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