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Ex-otages et familles endeuillées somment Netanyahu d’ouvrir une enquête officielle sur le 7-Octobre

22 ex-otages et des dizaines de proches d'otages signent une lettre exhortant la commission à "enquêter sur tous les aspects" de la tragédie et des conséquences du 7-Octobre

Des manifestants anti-gouvernement réclamant la création d'une commission d'enquête nationale lors d'un rassemblement, à Tel Aviv, le 8 novembre 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des manifestants anti-gouvernement réclamant la création d'une commission d'enquête nationale lors d'un rassemblement, à Tel Aviv, le 8 novembre 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

800 jours après leur enlèvement, 22 anciens otages ont exigé dimanche que le gouvernement mette en place une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ou qu’il démissionne.

Cette demande, formulée dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, a également été signée par des dizaines de membres des familles de 49 otages, dont certains ont été tués pendant leur captivité.

« Nous appelons le gouvernement israélien à cesser de se dérober, de tergiverser, de dissimuler la vérité et à mettre immédiatement en place une commission d’enquête nationale », peut-on lire dans la lettre rédigée par le Conseil d’octobre, un groupe qui représente des centaines de familles endeuillées, dont des proches d’otages, des habitants des communautés frontalières et des survivants du 7-Octobre.

Le groupe a ajouté que la campagne publique en faveur de la commission « ne fera que s’intensifier dans les jours à venir ».

La commission devrait « enquêter sur tous les aspects de cette journée, y compris l’effondrement des systèmes de défense et de renseignement, les appels à l’aide restés sans réponse, l’abandon des communautés frontalières [de Gaza] pendant des heures, et l’abandon des civils et des soldats à l’enfer qui s’est déchaîné au sein de l’État d’Israël », indique la lettre.

« Mais il doit également enquêter sur ce qui s’est passé après le 7-Octobre », poursuit la lettre.

Des manifestants anti-gouvernement réclamant la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, sur la Place Habima à Tel Aviv, le 15 novembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« La manière dont les décisions ont été prises lors des négociations pour le retour des otages, les raisons des retards répétés, la coordination entre les échelons politique et militaire, ainsi que les déclarations et les actions de tous les fonctionnaires et leur impact sur la vie des otages, sur leur santé mentale et physique, le sort de ceux qui ont été capturés vivants et assassinés en captivité, et l’attente interminable pour le retour des otages décédés à leurs familles. »

« Si vous n’avez pas l’intention d’assumer vos responsabilités et de créer une telle commission, comme le demande la majorité de la population, alors démissionnez et laissez le peuple décider par le biais d’élections. »

« Une commission d’enquête n’est pas un outil politique. Elle ne peut pas être composée de personnes faisant l’objet de l’enquête », indique la lettre.

« Elle doit être transparente, professionnelle, et disposer de tous les pouvoirs nécessaires pour mener des enquêtes, interroger des témoins, examiner des documents, et parvenir à des conclusions claires, y compris le pouvoir de les mettre en œuvre. »

« Seul un tel organisme sera en mesure de découvrir toute la vérité, et pas seulement celle qu’il est commode de révéler. »

Parmi les signataires de la lettre figurait Ariel Cunio, l’un des vingt derniers otages encore en vie relâchés le 13 octobre dans le cadre de l’accord actuel de cessez-le-feu et de libération des otages.

Parmi les autres signataires figuraient Arbel Yehud, la compagne de Cunio, relâchée en janvier dans le cadre du précédent cessez-le-feu, et trois autres personnes libérées dans le cadre du même accord : Ohad Ben Ami, Gadi Mozes et Yarden Bibas, dont l’épouse Shiri et leurs deux enfants Ariel et Kfir ont été assassinés pendant leur captivité.

Luis Har et Fernando Marman, qui ont été secourus par l’armée israélienne en février 2024, ont également signé, ainsi que les sœurs de Marman, Clara Marman, qui est la compagne de Har, et Gabriele Leimberg, dont la fille a également été enlevée, et qui ont tous été relâchés dans le cadre de l’accord de trêve et de libération des otages conclu en novembre 2023.

Yarden Bibas entouré de son père Eli et de sa sœur Ofri dans une installation de l’armée israélienne près de Reïm après avoir été libéré après 484 jours de captivité par le Hamas, le 1ᵉʳ février 2025. (Crédit : Capture d’écran/Armée israélienne)

Les treize autres otages qui ont signé la lettre ont également été libérés dans le cadre de cet accord, conclu quelques semaines après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre : Raz, épouse de Ben Ami ; Sharon, la belle-sœur de Cunio, dont le mari et les deux jeunes filles ont également été enlevés ; Daniel, la sœur de Sharon, dont la jeune fille a également été enlevée ; Amit Soussana ; Yaffa Adar ; Ditza Heiman ; Margalit Mozes ; Karen Mundar, dont le fils et la mère ont également été enlevés puis libérés, et dont le père a été tué en captivité ; Raaya Rotem, dont la fille a également été enlevée ; Noralin Babadilla, dont le mari a été assassiné le 7-Octobre ; et la mère et la fille Chen Goldstein Almog et Agam Goldstein.

Les anciens otages qui ont signé la lettre étaient tous des résidents des kibboutzim situés près de la frontière avec Gaza, qui ont été ravagés lors de l’assaut barbare et sanglant du Hamas.

Parmi les dizaines de membres des familles d’otages qui ont également signé la lettre, figuraient Jon Polin et Rachel Goldberg, dont le fils Hersh Goldberg-Polin a été assassiné pendant sa captivité, ainsi qu’Einav Zangauker, dont le fils Matan a été libéré dans le cadre de l’accord actuel sur les otages et qui a mené des manifestations anti-gouvernement dans le cadre de la campagne pour son retour.

La famille du dernier otage dont le corps n’a pas été rapatrié de Gaza, le sergent-chef Ran Gvili, n’a pas signé la lettre.

Ran Gvili a été entendu pour la dernière fois à 10h50 le 7 octobre 2023, près du kibboutz Alumim. (Autorisation)

Netanyahu a rejeté la commission d’enquête nationale – la plus haute autorité d’investigation en Israël – affirmant qu’elle serait partiale à son égard car dirigée par le pouvoir judiciaire, que le gouvernement cherche à affaiblir. Au lieu de cela, le cabinet a voté le mois dernier la mise en place de sa propre enquête, dont la portée sera déterminée par les ministres du gouvernement.

Les sondages d’opinion montrent régulièrement qu’une forte majorité d’Israéliens soutient la création d’une commission d’enquête nationale.

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