Israël cible une usine pharmaceutique de fentanyl liée aux armes chimiques en Iran
Selon Téhéran, c'est une usine de médicaments contre le cancer ; un ingénieur d'Al-Qods éliminé ; Tsahal aura ciblé toutes les installations "stratégiques" de l'industrie de l'armement iranienne d'ici mercredi
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a déclaré mardi avoir frappé une usine civile en Iran qui produisait du fentanyl, un opioïde synthétique, pour le compte du programme d’armes chimiques de la République islamique.
Selon le communiqué de Tsahal, ce fentanyl, dont la puissance est au moins 50 fois supérieure à celle de l’héroïne, était acheminé vers l’organe de défense iranien chargé de la fabrication d’armes chimiques destinées à « la recherche et au développement d’armes chimiques ».
Le communiqué précise que l’installation « servait de fournisseur central de fentanyl à l’organisation SPND, chargée du développement d’armes chimiques pour le régime terroriste iranien ».
Cette frappe s’inscrit dans une série d’attaques israéliennes récentes visant des hauts responsables de la République islamique et les infrastructures clés du régime, alors que le président américain Donald Trump a laissé entendre que la guerre pourrait bientôt prendre fin.
L’armée a déclaré qu’elle aurait achevé ses frappes contre les principaux éléments de l’industrie de production militaire iranienne d’ici mercredi.
Tsahal a souligné dans son communiqué que cette usine de fentanyl était l’un des volets de cette industrie.
« Cette frappe a porté atteinte aux capacités de production d’armes chimiques du régime terroriste iranien », a déclaré l’armée, ajoutant qu’elle avait pris des mesures non précisées avant la frappe, « afin de réduire autant que possible les risques pour les civils ».
La société pharmaceutique Tofigh Daru Research & Engineering Company appartient à la Social Security Investment Company, une société de portefeuille publique. Sur LinkedIn, elle indique qu’elle développe et produit des principes actifs pharmaceutiques « dans les segments anticancéreux, narcotiques, cardiovasculaires [et] immunomodulateurs ».
L’Iran a reconnu la frappe sur cette usine, mais a insisté sur le fait qu’elle ne produisait que des « médicaments hospitaliers » utilisés dans le cadre d’opérations médicales, et a indiqué que l’usine appartenait à « l’une des plus grandes entreprises produisant des médicaments anticancéreux, anesthésiques et spécialisés ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a publié une photo de l’usine bombardée à Téhéran sur le réseau social X, écrivant : « Les criminels de guerre israéliens bombardent désormais ouvertement et sans vergogne des entreprises pharmaceutiques. »
The war criminals in Israel are now openly and unashamedly bombing pharmaceutical companies.
Their intentions are clear.
What they've gotten wrong is that they're not dealing with defenseless Palestinian civilians. Our Powerful Armed Forces will severely punish aggressors. pic.twitter.com/wh2FZUldR7
— Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) March 31, 2026
Les hôpitaux utilisent largement le fentanyl pour soulager les douleurs intenses. Cependant, une petite quantité de ce médicament, qui a contribué à alimenter l’épidémie d’opioïdes aux États-Unis et qui a été au centre des efforts de lutte antidrogue de l’administration Trump, peut être mortelle.
L’Iran est confronté depuis longtemps à des pénuries chroniques de médicaments, en partie à cause des sanctions des Nations unies liées à son programme nucléaire illégal. Ces sanctions ont paralysé des services commerciaux essentiels, comme le secteur bancaire, et dissuadé les laboratoires pharmaceutiques de faire des affaires en Iran, même si les produits humanitaires sont exemptés.
La République islamique dépend en grande partie de sa propre production nationale, tout en important des quantités limitées d’ingrédients et de médicaments spécialisés en provenance de pays comme l’Inde et le Japon.
Tsahal : Tous les actifs « critiques » de l’industrie de l’armement iranienne atteints d’ici mercredi
Tsahal a indiqué mardi que l’armée de l’air israélienne aura achevé de cibler l’ensemble des installations « critiques » des industries de production militaire iraniennes dès le lendemain, mercredi.
L’industrie de défense iranienne est très étendue et compte de nombreux organes militaires ainsi que des entreprises privées qui fabriquent des systèmes d’armes ou des composants, notamment des missiles balistiques, des systèmes de défense aérienne, des armes navales, des capacités cybernétiques et même des satellites espions.
D’ici mercredi, Tsahal affirme que tous les sites clés utilisés pour développer des armes menaçant Israël, soit environ 70 % de l’industrie de production militaire iranienne, auront été frappés.
D’autres sites de production militaire, moins essentiels, pourraient également être visés à l’avenir. L’armée a ajouté qu’elle poursuivrait ses frappes contre les lanceurs de missiles balistiques, les systèmes de défense aérienne, les officiers militaires iraniens, ainsi que contre des cibles causant un préjudice économique au régime iranien.
Tsahal : Un haut responsable du génie de la Force Al-Qods éliminé
L’armée a indiqué mardi qu’un haut responsable du génie de la Force Al-Qods, le bras armé du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), avait été éliminé lors d’une frappe aérienne.
Tsahal a précisé que la frappe menée à Mahallat, dans le centre de l’Iran, avait tué Mahdi Vafaei, chef du génie du Corps libanais de la Force Al-Qods du CGRI.
« Au cours de ses vingt années à la tête de la branche du génie du corps, Vafaei a fait avancer des projets souterrains à travers le Liban et la Syrie », a déclaré l’armée dans un communiqué.
????ELIMINATED: Mahdi Vafaei, the Head of the Engineering Branch of the Quds Force’s Lebanon Corps in the Mahallat Area in Iran
Vafaei advanced underground projects across Lebanon and Syria, leading efforts to establish and manage underground terrorist infrastructure sites for…
— Israel Defense Forces (@IDF) April 1, 2026
Tsahal a précisé que Vafaei avait dirigé les efforts visant à mettre en place des infrastructures souterraines pour le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et le régime du dictateur syrien Bashar el-Assad, « et géré des dizaines de projets souterrains au Liban utilisés pour le stockage d’armes de pointe ».
Le CGRI a par ailleurs confirmé la mort, lors d’une précédente frappe aérienne américano-israélienne, d’un général de brigade sanctionné par les États-Unis en 2025 pour son implication dans un réseau international d’exportation de pétrole vers la Chine. Washington avait déclaré que ces revenus étaient utilisés pour financer des groupes terroristes dans la région.
Le commandant en chef du CGRI, Ahmad Vahidi, a publié un message de condoléances à la mémoire de Jamshid Eshaghi, responsable du budget et des affaires financières à l’état-major général des forces armées iraniennes, un puissant organe militaire qui assure la coordination entre l’armée régulière et le CGRI.
Vahidi, dont le prédécesseur a été éliminé au début du conflit, a déclaré qu’Eshaghi avait été tué avec plusieurs membres de sa famille lors d’une frappe américano-israélienne, sans toutefois préciser la date ni donner plus de détails.
Tsahal frappe des cibles du régime ; une frappe endommage l’ancienne ambassade américaine
L’armée israélienne a indiqué mercredi avoir frappé deux fois en Iran dans la matinée, affirmant que ces deux frappes avaient visé des sites d’infrastructure du régime. Tsahal a précisé que de plus amples détails seraient communiqués ultérieurement.
Des images diffusées par l’agence de presse Mehr montrent les conséquences des frappes dans le centre de Téhéran : des magasins endommagés, des vitrines brisées et des débris éparpillés dans le quartier proche du site.
Dans le même temps, les médias iraniens ont fait état de coupures d’électricité dans la capitale.
Des frappes tôt ce jour-là ont endommagé certaines parties des murs extérieurs du complexe de l’ancienne ambassade américaine à Téhéran, a rapporté un journaliste de l’AFP.
Le mur de l’ancien complexe de l’ambassade, aujourd’hui transformé en musée connu sous le nom de « Repaire des espions », semblait endommagé sur les images.
On ignore encore ce qui a été visé dans cette zone.
Les médias iraniens ont également rapporté que des frappes américano-israéliennes avaient touché des complexes sidérurgiques dans le centre et le sud-ouest du pays.
« Les premières évaluations indiquent des attaques massives ayant causé d’importants dégâts et destructions aux unités de production » du complexe de Mobarakeh Steel Company, l’une des plus grandes entreprises sidérurgiques d’Iran, située dans la province centrale d’Ispahan, a rapporté l’agence de presse Fars, citant un communiqué de la société.
L’agence a ajouté que ces nouvelles attaques avaient eu lieu mardi soir, touchant le complexe d’Ispahan ainsi qu’une filiale de la société, Sefid Dasht Steel, dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari, au sud-ouest du pays, qui a « subi des dégâts et des pertes ».
Israël avait déjà frappé l’aciérie d’Ispahan la semaine dernière, ainsi qu’une deuxième usine près d’Ahvaz ; les responsables avaient alors affirmé que ces attaques visaient à causer d’importants dommages économiques au régime iranien.
L’acier est en effet essentiel à la production industrielle et militaire, notamment à la fabrication de missiles, de drones et de navires.
Reports from Iran suggest that all three of Iran's largest steel production plants were struck in a coordinated targeted strikes.
This could substantially affect the national steel industry and manufacturing pic.twitter.com/mmrnyDS8UX
— Ben Tzion Macales (@BenTzionMacales) March 27, 2026
Les médias iraniens ont également rapporté que les frappes américano-israéliennes de mardi avaient fait quatre morts et endommagé une mosquée ainsi qu’un site religieux dans le nord-ouest de l’Iran.
Selon la télévision d’État, le bâtiment de la Grande Husseiniya, une salle destinée aux rassemblements chiites et aux cérémonies de deuil, « a été endommagé à la suite de l’attaque matinale de l’ennemi sur la rue Ferdowsi », dans la ville de Zanjan. Elle a ajouté que « des parties du dôme et des minarets avaient été endommagées ».
Selon l’agence de presse ISNA, qui cite Ali Sadeghi, vice-gouverneur de la province, les frappes ont fait quatre morts et 26 blessés dans la région.
Dimanche et lundi soir, les environs du bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Téhéran ont également été frappés, a indiqué mardi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un message publié sur X.
Il a toutefois précisé que « tous les collègues du bureau avaient été retrouvés et qu’aucun n’avait été blessé ».
Tsahal a frappé 10 000 fois, touchant 4 000 cibles
Au total, l’armée de l’air israélienne a largué plus de 16 000 bombes sur l’Iran depuis le début de la guerre, lors de plus de 800 vagues de frappes, a déclaré Tsahal mercredi. Plus de 10 000 frappes distinctes ont été menées contre 4 000 cibles.
Outre les frappes aériennes, Tsahal a indiqué que plus de 2 000 ravitaillements en vol avaient été effectués dans le ciel du Moyen-Orient depuis le début de la guerre, permettant à des centaines d’avions de chasse de l’armée de l’air israélienne d’opérer en Iran, situé à plus de 1 500 kilomètres d’Israël.
Tsahal a publié des images montrant les opérations de ravitaillement en vol de la 120ᵉ escadrille de l’armée de l’air dans le cadre de la guerre contre la République islamique d’Iran.
L’armée de l’air israélienne a également largement recours aux capacités de ravitaillement en vol de l’armée américaine, qui dispose d’une flotte de ravitailleurs bien plus importante. Des dizaines de ravitailleurs américains sont stationnés en Israël depuis le début du conflit.
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