Rechercher

Karhi retire une clause renforçant le pouvoir de Netanyahu sur les médias dans une loi

L’opposition a dénoncé un amendement de dernière minute à la refonte de l’audiovisuel, qui serait "apparu au milieu de la nuit" ; Karhi a évoqué, de son côté, une "bande de clowns"

Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, participant à la réunion de la commission spéciale chargée de la loi sur les communications, à la Knesset, le 28 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, participant à la réunion de la commission spéciale chargée de la loi sur les communications, à la Knesset, le 28 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une clause accordant au Premier ministre Benjamin Netanyahu des pouvoirs élargis sur les médias a été ajoutée jeudi au projet controversé de refonte de l’audiovisuel porté par le ministre des Communications Shlomo Karhi, avant d’être retirée face au tollé des députés de l’opposition, qui ont averti qu’elle pourrait conférer au gouvernement des pouvoirs considérables sur les organes de presse à quelques mois seulement des élections nationales.

Le projet de loi avait été adopté en première lecture à la Knesset en janvier et il doit encore être approuvé lors de deux votes supplémentaires avant de pouvoir entrer en vigueur.

Une disposition similaire, destinée à s’appliquer en période d’état d’urgence et visant les plateformes de diffusion comme la télévision par câble, avait déjà été retirée du texte. La nouvelle version de la clause, apparue dans la nuit, aurait également concerné les chaînes d’information et d’autres fournisseurs de contenus, donnant au Premier ministre un pouvoir inédit sur les organes de presse pendant la campagne électorale et jusqu’au scrutin – le chef de gouvernement aurait même ainsi eu le pouvoir de les faire fermer après consultation avec le chef du Shin Bet, David Zini.

Même sans cet amendement, le projet de loi accorderait d’ores et déjà au gouvernement un contrôle important sur les médias audiovisuels, les sites d’information et d’autres médias. Cette clause a provoqué l’indignation des députés de l’opposition lors d’une réunion de la commission de la Knesset chargée de préparer le texte pour ses lectures finales.

« Nous n’en avons jamais discuté en commission. Je n’ai jamais vu d’avis juridique à ce sujet. Aucun responsable de la sécurité n’est venu ici pour en discuter avec nous », a déclaré la députée Shelly Tal Meron (Yesh Atid), relevant avec sarcasme que cette disposition était « soudainement apparue au milieu de la nuit, juste avant le vote ».

La députée Efrat Rayten (les Démocrates) s’est directement adressée à Karhi, affirmant que « le fait que cela se produise juste avant les élections révèle vos intentions ».

Le conseiller juridique de la commission, Pinchas Gort, a également critiqué la mesure, soulignant que sans « un avis professionnel des agences de sécurité expliquant la législation proposée, il n’y a aucune possibilité de l’inclure dans le projet de loi ».

Face aux vives critiques, Karhi a finalement fait marche arrière et retiré la clause, affirmant que les responsables de la sécurité lui avaient indiqué que cette disposition était inutile.

Les députés de l’opposition ont fait valoir que la rapidité avec laquelle la disposition avait été abandonnée, sans véritable débat de fond, soulignait l’absence de justification claire à son ajout initial.

Tal Meron a remis en question le fait que la proposition émane réellement des responsables de la sécurité, suggérant plutôt qu’elle venait directement de Netanyahu, actuellement jugé dans une affaire de corruption dans laquelle il est accusé d’avoir accepté des pots-de-vin. Netanyahu nie les accusations lancées à son encontre.

La législatrice a accusé Karhi de promouvoir un projet de loi corrompu, et lui a lancé qu’il fera « l’objet d’une enquête pénale au sujet de ce projet de loi ».

Tous les députés de l’opposition siégeant à la commission, notamment Rayten, Tal Meron, Evgeny Sova (Yisrael Beytenu) et Eitan Ginzburg (ex-Kakhol lavan), ont été expulsés l’un après l’autre par sa présidente, la députée du Likud Galit Distel-Atbaryan.

Dans un communiqué commun publié à l’issue de la réunion, les élus de l’opposition membres de la commission ont accusé Karhi d’avoir tenté d’utiliser cette législation pour « contrôler ce qui est diffusé à la télévision pendant les élections », accordant par ailleurs des avantages aux médias proches du gouvernement.

Réagissant sur X, Karhi a qualifié les élus de l’opposition de « bande de clowns » et il a affirmé que leurs critiques revenaient à reconnaître que sa réforme « démantèlerait le monopole de la gauche » sur les médias.

Il a accusé les députés de l’opposition d’agir comme des lobbyistes pour les grands groupes audiovisuels et il a promis que la coalition adopterait le texte dans les semaines à venir, le qualifiant de « l’une des réformes les plus importantes » jamais mises en œuvre sur le marché israélien des communications.

Cet épisode est intervenu alors que le gouvernement est accusé de chercher à renforcer son emprise sur le paysage médiatique israélien. Ses détracteurs affirment que la réforme de Karhi est menée au pas de charge afin d’être appliquée avant les élections, qui doivent avoir lieu au plus tard le 27 octobre, mais qui pourraient être organisées dès septembre.

Les députés de la coalition rejettent ces accusations, affirmant que ces mesures sont nécessaires pour moderniser un système de régulation obsolète.

Les juristes de la commission comme la procureure générale Gali Baharav-Miara ont averti que cette législation portait atteinte à la liberté de la presse et ouvrait la voie à une ingérence politique dans les médias.

Les députés se sont également opposés à un autre amendement ajouté à la dernière minute, levant les restrictions imposées à la chaîne i24NEWS, détenue par Patrick Drahi, homme d’affaires à la double nationalité française et israélienne et proche de Netanyahu, concernant sa diffusion sur les plateformes du câble et du satellite.

« Netanyahu est profondément impliqué dans ce projet de loi », a déclaré Rayten, ajoutant « qu’il s’agit là de corruption gouvernementale au plus haut niveau ».

Ce n’est pas le premier amendement ajouté au projet de loi qui semble favoriser des médias proches du gouvernement.

Le mois dernier, un amendement de dernière minute a été ajouté pour exempter la chaîne d’information de droite pro-gouvernementale, la Quatorzième chaîne, d’une nouvelle obligation imposant aux diffuseurs de fournir gratuitement certains contenus aux plateformes de télévision. Selon la presse israélienne, cette obligation coûterait aux diffuseurs 40 millions de shekels (13,8 millions de dollars) par an.

La commission a régulièrement été critiquée par les députés de l’opposition et les juristes de la Knesset, qui ont accusé Karhi et Distel-Atbaryan d’introduire à plusieurs reprises de nouvelles clauses et modifications majeures à la dernière minute, de contourner la procédure parlementaire, de limiter les débats, de malmener les conseillers juridiques et d’ignorer les avis professionnels afin d’accélérer l’adoption du texte avant les élections.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.