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La municipalité de Jérusalem menace de poursuivre la police pour l’usage du Skunk

La ville dit avoir dépensé des millions de shekels pour nettoyer les traces laissées par cette arme de contrôle des foules, une arme "dangereuse et nuisible"

La police pulvérisant du "Skunk" sur des manifestants lors d'un rassemblement contre la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu de limoger le chef du Shin Bet, Ronen Bar, à Jérusalem, le 20 mars 2025 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La police pulvérisant du "Skunk" sur des manifestants lors d'un rassemblement contre la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu de limoger le chef du Shin Bet, Ronen Bar, à Jérusalem, le 20 mars 2025 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La municipalité de Jérusalem a envoyé vendredi une lettre d’avertissement à la police israélienne, exigeant qu’elle cesse immédiatement d’utiliser le liquide nauséabond Skunk comme moyen de dispersion de foules dans la ville.

La lettre, adressée au chef de la police, Danny Levy, et au commandant du district de Jérusalem, Amir Arzani, menace d’engager des poursuites judiciaires si les forces de l’ordre persistent à utiliser ce dispositif de contrôle, selon la presse israélienne.

« L’usage de cette méthode est déraisonnable, disproportionné et cause un préjudice grave aux habitants innocents, y compris des enfants, des personnes âgées et des passants », aurait écrit la municipalité. « Si cette pratique se poursuit, nous utiliserons tous les moyens légaux à notre disposition pour y mettre fin et protéger les habitants. »

Pulvérisé depuis des camions équipés de canons à eau à haute pression, le liquide Skunk, très controversé, est couramment utilisé contre les manifestants haredim opposés à la conscription et les Palestiniens en Cisjordanie, mais a également été employé contre les manifestants antigouvernementaux ces dernières années.

La municipalité a qualifié ce produit de « dangereux et nuisible », soulignant qu’il porte gravement atteinte au bien-être des habitants qui ne participent pas aux troubles.

La lettre précise en outre que l’usage du Skunk a entraîné des coûts de plusieurs millions de shekels pour les services municipaux, chargés de nettoyer les zones imprégnées de l’odeur persistante du liquide, laquelle peut durer plusieurs jours dans les zones où il a été utilisé.

Des témoins exposés ont signalé des irritations cutanées, des difficultés respiratoires et des maux de tête.

Les forces de sécurité israéliennes aspergeant des émeutiers palestiniens de skunk lors de confrontations dans la ville majoritairement arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, le 19 mai 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La puanteur est telle qu’elle peut provoquer la fermeture d’entreprises et d’écoles pendant plusieurs jours. Les directives de la police interdisent de pulvériser le liquide dans des « bâtiments fermés » ou sur des « toits et balcons » et n’autorisent son usage dans les zones urbaines et densément peuplées qu’en dernier recours.

Au début du mois de juillet, des députés de l’opposition se sont alliés à des élus haredim pour faire avancer un projet de loi visant à interdire totalement l’usage du Skunk par la police, dénonçant le refus des autorités de divulguer la composition chimique du liquide.

Le député Eliyahu Baruchi (Yahadout HaTorah), à l’origine du projet de loi, a souligné que le Skunk est fabriqué par un seul fournisseur, la société privée Odortec, qui a inventé le produit.

« Il n’existe qu’une seule entité qui sait comment le produire… et il n’y a aucun contrôle gouvernemental sur ses effets sur la santé », a-t-il déclaré lors d’une réunion de la commission de sécurité nationale de la Knesset consacrée à cette question.

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