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Le Directeur de La Paix Maintenant agressé par des résidents d’implantations radicaux

Une vidéo montre Lior Amihai bousculé et frappé lors d’une visite organisée pour des militants du parti israélien Les Démocrates

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Le directeur de La Paix Maintenant, Lior Amihai, agressé par des résidents d’implantations, lors d’une visite organisée pour des militants du parti Les Démocrates, dans la vallée du Jourdain, le 14 mai 2026. (Crédit : La Paix Maintenant/X)
Le directeur de La Paix Maintenant, Lior Amihai, agressé par des résidents d’implantations, lors d’une visite organisée pour des militants du parti Les Démocrates, dans la vallée du Jourdain, le 14 mai 2026. (Crédit : La Paix Maintenant/X)

Deux résidents d’implantations israéliens ont été filmés, dans la journée de mercredi, en train d’agresser un militant de gauche en Cisjordanie.

La victime de l’agression a été Lior Amichai, qui dirige « La Paix Maintenant », un groupe de veille des implantations israéliennes. Il animait, à ce moment-là, une visite guidée qui était destinée à mettre en lumière l’expansion des implantations israéliennes et les violences commises par les extrémistes juifs en Cisjordanie pour des membres du parti « Les Démocrates », à la gauche de l’échiquier politique israélien.

Le groupe avait fait un arrêt à la source d’Ein Samiya, dans la vallée du Jourdain, à proximité d’un ancien hameau bédouin. Les membres de cette communauté avaient fui le secteur après avoir subi les attaques répétées des partisans du mouvement pro-implantations après le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023.

Alors que la source continuait d’être utilisée par les communautés bédouines pour abreuver le bétail, elle avait été prise d’assaut, l’année dernière, par des résidents d’implantation qui l’avaient rénovée. Ils en avaient ensuite interdit l’accès aux Palestiniens, a fait savoir la Paix Maintenant.

Une fois que la visite a été terminée, les militants de gauche sont remontés à bord de leur minibus et ils ont tenté de partir, mais plusieurs extrémistes juifs, qui étaient présents sur les lieux, les ont bloqués, a raconté Amichai au Times of Israel.

Les partisans du mouvement pro-implantations sont montés dans le bus et ils ont exigé de voir les pièces d’identité des passagers. Sur une vidéo, l’un des extrémistes juifs affirme – à tort – que le chauffeur de bus arabe n’a pas le droit de se trouver à la source.

Amichai a raconté avoir tenté de s’interposer physiquement pour éloigner les importuns du minibus, lorsque les deux hommes l’ont agressé. Il a été pris en charge sur place par les secours, légèrement blessé à la tête.

Amichai a ajouté avoir appelé la police, qui lui a conseillé d’entrer en contact avec l’armée. Peu après, des soldats du Hagmar — une unité de réserve composée de résidents d’implantations locaux — sont arrivés et ses agresseurs ont pris la fuite.

Une fois la route dégagée, le minibus a pu quitter la source. Mais il n’a pas été plus loin que le carrefour voisin de Kochav Hashachar, où il a été arrêté à un poste de contrôle qui avait été mis en place par des soldats de l’armée israélienne. Ces derniers ont alors informé les passagers qu’ils allaient être arrêtés, les extrémistes juifs ayant affirmé qu’ils avaient été agressés en premier lieu et qu’ils n’avaient fait que riposter, a noté Amichai.

Une heure plus tard, la police est arrivée et un agent a relevé les coordonnées des personnes qui se trouvaient dans le minibus avant de les laisser repartir.

Amichai a annoncé qu’il a porté plainte auprès de la police après être revenu à Tel Aviv.

Tsahal a ensuite fait savoir dans un communiqué que ses forces étaient arrivées à Ein Samiya après avoir reçu des informations qui faisaient état d’affrontements entre des civils israéliens. L’armée a affirmé que les parties impliquées avaient déjà quitté les lieux où s’étaient produits les heurts à l’arrivée des soldats. D’autres militaires, qui étaient stationnés à proximité, avaient ensuite appris qu’un minibus transportait des passagers impliqués dans une agression, a noté l’armée, ajoutant que les soldats avaient intercepté le véhicule et transféré le dossier à la police.

La police n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Amichai a fait savoir que cet incident mettait en évidence la manière dont les autorités israéliennes en Cisjordanie se mettent au service des extrémistes, au détriment du strict respect de la loi et de l’ordre.

Les Palestiniens affirment qu’ils sont régulièrement arrêtés par les forces israéliennes appelées sur les lieux des attaques qui sont commises par les partisans du mouvement pro-implantations, laissant par ailleurs les auteurs des violences prendre la fuite.

De plus, des extrémistes juifs ont lancé un raid dans le village palestinien de Jaljilya, dans la journée de mercredi. Ils étaient accompagnés de soldats israéliens.

Au cours de ce raid, un Palestinien de 16 ans a été abattu.

L’armée israélienne a affirmé par la suite qu’elle était intervenue après que des résidents d’implantations ont raconté aux militaires que des habitants du village avaient volé du bétail dans leur avant-poste illégal situé à proximité.

Sur des images, un convoi de l’armée israélienne escorte les extrémistes juifs hors du village avec des dizaines d’animaux. Les Palestiniens n’ont cessé d’affirmer qu’en réalité, les bêtes leur appartenaient.

Les attaques perpétrées par des partisans du mouvement pro-implantations se produisent quotidiennement – sans que les autorités israéliennes n’interviennent.

Les critiques accusent le gouvernement de fermer les yeux sur les attaques violentes qui sont commises par les extrémistes juifs – des agressions qui sont devenues de plus en plus meurtrières ces dernières années. L’armée a enregistré 867 incidents de crimes nationalistes et de violences commises par des partisans du mouvement pro-implantations israélien en 2025. Il y en avait eu 682 en 2024.

Tsahal a également été critiquée pour être souvent restée passive pendant que les attaques se déroulaient — les soldats y prenant parfois part de manière active — ou pour ne pas avoir poursuivi les responsables, dans un contexte de violences qui se produisent quotidiennement.

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