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Leiter : Israël considère l’accord avec le Liban comme prévalant sur le mémorandum américano-iranien

L'envoyé israélien a qualifié la soi-disante rupture entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump de "drame médiatique" et a indiqué que le prochain cycle de pourparlers entre Jérusalem et Beyrouth est prévu la semaine prochaine à Rome

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, s’exprimant lors de la signature d’un accord-cadre, décrit comme un premier pas vers la paix, à la suite de plusieurs mois de conflit entre Israël et le groupe terroriste libanais Hezbollah, au département d’État, à Washington, le 26 juin 2026. (Crédit:  Kevin Wolf/AP)
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, s’exprimant lors de la signature d’un accord-cadre, décrit comme un premier pas vers la paix, à la suite de plusieurs mois de conflit entre Israël et le groupe terroriste libanais Hezbollah, au département d’État, à Washington, le 26 juin 2026. (Crédit: Kevin Wolf/AP)

Lundi, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a déclaré que Jérusalem considérait l’accord-cadre conclu le mois dernier avec le Liban comme prévalant sur le protocole d’accord signé par Washington avec l’Iran un peu plus d’une semaine plus tôt.

Lors d’une interview organisée par le Council of Foreign Relations à Washington, Leiter a également affirmé que les informations faisant état d’une rupture entre les États-Unis et Israël étaient exagérées, et a indiqué que le prochain cycle de pourparlers entre Beyrouth et Jérusalem devait débuter la semaine prochaine à Rome.

« Israël et le Liban considèrent clairement que notre accord trilatéral remplace la première clause du mémorandum. Quant à savoir si les États-Unis partagent cet avis, il faudra poser la question à un porte-parole de l’administration », a déclaré Leiter.

Alors que les États-Unis ont servi de médiateurs dans les pourparlers entre Jérusalem et Beyrouth qui ont abouti à un accord-cadre dans lequel les parties se sont engagées à empêcher l’Iran d’influencer l’évolution de la situation au Liban, le mémorandum que le président américain Donald Trump a ensuite signé avec l’Iran semblait saper le canal de communication entre Israël et le Liban. En effet, ce mémorandum étendait spécifiquement le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran au Liban et appelait à la fin des opérations militaires dans le pays.

Leiter a déclaré reconnaître que l’Iran, ainsi que les médiateurs pakistanais et qataris, estiment que le mémorandum doit prévaloir sur l’accord-cadre israélo-libanais. Toutefois, il a fait valoir que ce protocole d’accord n’était qu’un document visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, que l’Iran avait fermé en réponse aux frappes américaines et israéliennes. Il a fait comprendre que le mémorandum « ne marque pas la fin de l’opération contre l’Iran et ses ambitions nucléaires ».

L’émissaire israélien s’est également opposé au protocole d’accord qui prévoit l’allègement des sanctions à l’encontre de l’Iran, insistant sur le fait que Téhéran utiliserait cet argent « à des fins néfastes ».

Dans le même temps, l’émissaire israélien a reconnu les limites de la capacité d’Israël à influencer le processus décisionnel américain : « Tout ce que nous pouvons faire, c’est donner notre avis… Nous ne pouvons pas prendre part à ce processus décisionnel. C’est trop grand pour nous. Nous connaissons notre place. »

Il a indiqué que certains membres du gouvernement israélien étaient pris de panique face au mémorandum et à ses implications pour l’Iran et la région, mais il s’est dit « beaucoup plus optimiste » et a préconisé une attitude attentiste concernant les négociations en cours en vue d’un accord définitif qui traiterait de manière plus globale le programme nucléaire iranien, son programme de missiles et son soutien à ses proxys.

« Que ce soit dans 60 jours, dans 90 jours ou après les élections de mi-mandat… Je suis tout à fait certain que l’administration n’est pas entrée en guerre pour se retrouver dans une situation où l’Iran aurait à nouveau la possibilité de produire des armes nucléaires en se créant un bouclier grâce à la production massive de missiles balistiques », a ajouté Leiter.

Alors que Trump avait initialement fait de la destruction du programme de missiles iranien un objectif de la guerre, il a changé de position après la signature du mémorandum le mois dernier, affirmant désormais que Téhéran devrait être autorisé à disposer de certains missiles à des fins de défense contre des voisins qui en possèdent également.

Pour sa part, Leiter a déclaré qu’il « ne pouvait imaginer qu’un accord définitif avec l’Iran ne comporte pas de clause limitant le développement de missiles balistiques ».

Il a noté que Trump avait également déclaré qu’un accord avec l’Iran devrait aborder la question de son soutien aux groupes terroristes, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen, bien que cette question n’ait pas non plus été mentionnée dans le protocole d’accord.

Alors que les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran semblent marquer le pas, Leiter a indiqué que le prochain cycle de négociations entre Israël et le Liban se tiendrait la semaine prochaine à Rome.

« La semaine prochaine, nous serons à Rome les 14 et 15 juillet, avec des équipes chargées de chaque dossier », a déclaré Leiter.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et d’autres personnalités assistant, assis de gauche à droite, à la signature d’un accord-cadre par l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, le conseiller Dan Holler et l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh, au département d’État, à Washington, le 26 juin 2026. (Crédit : Kevin Wolf/AP)

Il a également révélé que le président libanais Joseph Aoun rencontrera Trump à la Maison Blanche le 21 juillet – une date qui n’avait pas encore été confirmée publiquement. Les États-Unis ont cherché à organiser une rencontre trilatérale entre Aoun, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Trump, mais Beyrouth s’est opposé à cette idée tant qu’Israël maintiendra des forces dans le sud du Liban.

À la suite d’un entretien téléphonique entre Trump et Netanyahu la semaine dernière, le bureau du Premier ministre a indiqué que les deux hommes se rencontreraient prochainement aux États-Unis, sans toutefois confirmer de date.

Leiter a insisté lundi sur le fait que les informations faisant état d’une rupture des relations entre Israël et les États-Unis étaient exagérées.

« Les médias adorent les drames. Ainsi, si le président et le Premier ministre ont cent conversations agréables, et qu’ensuite il y a deux conversations au cours desquelles le président passe une mauvaise journée ou est un peu irritable et le fait savoir – cela devient alors le ton dominant de la relation entre les deux hommes », a déploré Leiter.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu entrant dans le complexe de Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

« La relation est bonne et solide. Il y a des divergences en cours de route, et elles sont légitimes », a-t-il affirmé, citant l’exemple de l’opposition d’Israël à la vente éventuelle par les États-Unis de pièces détachées d’avions de chasse F-35 à la Turquie. Leiter a souligné qu’Israël avait fait connaître sa position et que les États-Unis avaient le droit de décider de la manière dont ils souhaitaient procéder.

L’ambassadeur israélien a encore rappelé qu’Israël n’avait aucune ambition territoriale au Liban – ce que les dirigeants de Jérusalem ont souligné à maintes reprises – mais qu’il resterait sur place jusqu’à ce que les Forces armées libanaises (FAL) puissent prouver de manière vérifiable qu’elles ont commencé à désarmer le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Leiter a fait valoir que l’un des obstacles à la réalisation de cet objectif était la présence de militants et de partisans du Hezbollah au sein des unités des FAL. En conséquence, Israël a soumis une proposition visant à ce que les États-Unis procèdent à un contrôle des unités existantes des FAL afin d’en éliminer les sympathisants du Hezbollah.

À LIRE – FINUL : le général Philippe Sidos dénonce une « réelle connivence » entre l’armée libanaise et le Hezbollah

Lors d’une réunion en mai dans le Bureau ovale, Trump avait suggéré qu’Israël se charge de contrôler et de former les soldats libanais, mais le secrétaire d’État américain Marco Rubio « est venu à la rescousse en déclarant : ‘Eh bien, Monsieur le Président, ils détestent le Hezbollah, mais ils ne sont pas encore prêts à aimer les Israéliens.’ ».

Pressé de donner plus de détails sur ce plan de vérification des unités des FAL, Leiter a indiqué qu’il était encore en cours d’élaboration. Il a affirmé que certaines unités des FAL n’étaient pas « saturées » de terroristes du Hezbollah et pouvaient donc déjà commencer à mener des opérations contre le groupe terroriste.

Il a déclaré qu’Israël était prêt à renforcer l’actuel gouvernement libanais, hostile au Hezbollah, en fournissant des renseignements sur toute personne cherchant à nuire à ses dirigeants.

Il a ajouté que Jérusalem était également prête à faire pression sur Washington pour qu’il augmente son aide financière aux FAL, à condition que celles-ci prouvent clairement leur disposition à s’attaquer au Hezbollah.

Leiter a également réfuté les affirmations selon lesquelles Israël aurait commis une erreur en éliminant le guide suprême iranien Ali Khamenei, même si cela a conduit à la promotion de responsables plus radicaux au sein du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien. Selon lui, il est encore trop tôt pour savoir qui comblera le vide au sommet à Téhéran, et dans certains cas antérieurs, de tels vides ont été comblés par des personnes disposées à faire la paix.

L’ambassadeur israélien a également rejeté la récente affirmation du vice-président américain JD Vance selon laquelle Trump serait le seul dirigeant mondial restant favorable à Israël, soulignant les liens étroits qu’entretient Israël avec l’Inde, les Émirats arabes unis, l’Azerbaïdjan, le Somaliland et l’Arménie, et mettant en avant la récente reconnaissance par Israël du génocide arménien. Cette décision a toutefois reçu un accueil glacial en Arménie, sur fond d’accusations selon lesquelles elle n’aurait été prise que pour agacer la Turquie.

Tout en affirmant que Vance avait tort de décrire Israël comme étant diplomatiquement isolé, Leiter a précisé qu’il n’avait jamais détecté la moindre trace d’antipathie envers Israël lors de leurs nombreuses rencontres.

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