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Trump : Il est « acceptable » que l’Iran dispose de quelques missiles balistiques

Le président américain a affirmé lors du G7 que de nouvelles frappes auraient entraîné une catastrophe économique mondiale, avant de menacer à nouveau de bombarder la République islamique si celle-ci ne respectait pas l'accord

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump (au centre) s'adressant aux médias lors de la conférence de presse de clôture du sommet du G7, à Évian, dans l'est de la France, le 17 juin 2026. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump (au centre) s'adressant aux médias lors de la conférence de presse de clôture du sommet du G7, à Évian, dans l'est de la France, le 17 juin 2026. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Mercredi, le président américain a affirmé que l’Iran devrait être autorisé à conserver une partie de ses missiles balistiques, tout en défendant l’accord conclu entre son administration et Téhéran peu avant l’entrée en vigueur de celui-ci.

« Si d’autres pays en possèdent, il est injuste qu’ils n’en aient pas eux-mêmes », a déclaré Trump lors d’une conférence de presse en marge du sommet du G7, en France.

« Si l’Arabie saoudite et le Qatar, entre autres, en possèdent, je dirais que, proportionnellement, il est acceptable que l’Iran en dispose également. »

« Les missiles ne sont pas le problème… Ils causent des dégâts sur une petite zone, mais ils ne font pas exploser la planète [comme le font les armes nucléaires] », a ajouté Trump.

La destruction du programme de missiles iranien figurait parmi les objectifs prioritaires d’Israël lorsque le pays avait lancé, le 28 février, une guerre contre la République islamique aux côtés des États-Unis. Alors que les États-Unis ont tergiversé pendant des semaines sur leurs propres objectifs de guerre, ils ont toujours affirmé que l’Iran utilisait son programme de missiles comme un bouclier pour dissuader les autres pays de l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire.

Le fait que Trump ait relégué la question des missiles au second plan a semblé marquer un tournant pour les États-Unis, même si le président américain a précisé que ce programme ferait l’objet de discussions lors des pourparlers de suivi que les deux parties ont convenu de tenir au cours des 60 prochains jours.

Le président américain Donald Trump s’entretenant avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (hors champ) en marge du sommet du G7, à Évian-les-Bains, en France, le 17 juin 2026. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)

Quelques heures après la conférence de presse de Trump, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé que le texte du protocole d’accord avait été « officiellement » signé par les deux présidents, ce que Trump a confirmé à l’issue d’un dîner avec le président français Emmanuel Macron, au château de Versailles.

Un responsable américain a précisé à Reuters que Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian l’avaient signé après la signature numérique du mémorandum par le vice-président JD Vance et le négociateur en chef iranien Mohammad Baqer Ghalibaf, en présence de Trump, dimanche.

« Le texte du protocole d’accord d’Islamabad a été finalisé par les signatures des présidents ; il est désormais temps de tester la mise en œuvre de l’accord », a déclaré Esmaïl Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, dont les propos ont été cités par l’agence de presse officielle IRNA.

Malgré ces signatures, les États-Unis se sont abstenus de publier officiellement le texte du mémorandum, ce qui a suscité des critiques croissantes qui ont laissé entendre que les Américains pourraient tenter d’en dissimuler les termes.

Alors que différentes versions du protocole d’accord commençaient à fuiter, la Maison Blanche a organisé une conférence téléphonique à l’intention des journalistes, au cours de laquelle deux hauts responsables de l’administration Trump ont lu l’intégralité du mémorandum.

L’uranium enrichi n’est pas si important non plus

Un communiqué a également confirmé que le protocole d’accord n’exigeait pas de l’Iran de remettre ses stocks d’uranium hautement enrichi, qui pourraient servir à fabriquer onze bombes nucléaires.

Il a toutefois précisé que les États-Unis et l’Iran ont convenu de traiter cette question par le biais d’un mécanisme qui sera négocié au cours des deux prochains mois : « la méthode minimale consistant à diluer l’uranium sur place sous la supervision de l’AIEA ».

Interrogé sur le sujet lors de sa conférence de presse, Trump a minimisé l’importance de s’emparer des stocks d’uranium iraniens, affirmant que Téhéran n’y avait de toute façon pas accès.

Il a réaffirmé que la « poussière nucléaire » était enfouie profondément sous les décombres, à la suite du bombardement, l’an dernier, des trois principaux sites nucléaires iraniens. Il a déclaré que seuls les États-Unis et la Chine disposaient des équipements nécessaire pour y accéder.

« En réalité, cela n’a pas de valeur, mais nous aimerions l’obtenir pour des raisons psychologiques », a déclaré Trump.

« Personne n’y touche. Nous disposons également de caméras de la Force spatiale qui surveillent les sites. »

Le président américain Donald Trump et l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, lors d’une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le 16 juin 2026, à Évian-les-Bains, en France. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)

Il est difficile de dire si ces stocks se trouvent effectivement sur l’un de ces trois sites – l’information n’ayant jamais été confirmée. L’Iran disposerait également d’autres stocks d’uranium enrichi à des niveaux inférieurs, qui pourraient, à terme, être transformés en arme nucléaire, et qui seraient situés ailleurs.

Quoi qu’il en soit, Trump a déclaré que cette question resterait un sujet central des discussions avec l’Iran au cours des deux prochains mois.

« Ils travailleront en étroite collaboration avec nous pour nous remettre ce que l’on appelle les matières enrichies », a-t-il déclaré, avant d’insinuer une nouvelle fois que cet objectif n’était pas si important à ses yeux, car l’Iran pourrait s’y opposer.

La poursuite des bombardements aurait conduit à une « catastrophe économique »

Après avoir passé une grande partie de la guerre à justifier le recours à la force militaire contre l’Iran, Trump a souligné mercredi les limites d’une telle action.

« Si nous n’avions pas conclu cet accord, nous aurions pu continuer à larguer des bombes pendant encore trois semaines, voire deux à quatre semaines, [mais] le détroit d’Ormuz ne se serait jamais rouvert et le marché aurait… chuté à des niveaux jamais vus auparavant », a déclaré le président américain. Il a ainsi affirmé avoir évité une « catastrophe économique ».

Trump a critiqué les faucons opposés à cet accord, les qualifiant de « durs à cuire qui mèneraient le pays tout droit à la ruine ».

« Si on continue à bombarder… On parle de 500, 600 ou 700 millions de dollars par jour. C’est beaucoup d’argent », a-t-il fait valoir.

Le président des États-Unis, Donald Trump (au centre), s’exprimant, le secrétaire d’État américain Marco Rubio se tenant à sa droite, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G7, à Évian-les-Bains, en France, le 17 juin 2026. (Crédit : Vadim Ghirda/AP)

Trump a ensuite laissé entendre que les États-Unis auraient épuisé leurs munitions s’ils avaient continué à bombarder l’Iran plutôt que de conclure un accord cette semaine.

« Nos réserves auraient été épuisées en quatre semaines environ… Il y a des réserves partout dans le monde, mais nous aurions vraiment été à court, et il serait arrivé un moment où nous n’aurions plus pu nous en procurer. »

Prêts à bombarder encore

Bien que Trump ait affirmé que de nouvelles frappes auraient causé des dommages considérables tant aux civils iraniens qu’à l’économie mondiale, il a tout de même menacé de reprendre les bombardements si Téhéran ne respectait pas le mémorandum.

Cependant, ce protocole d’accord étant un document plutôt général, Trump a été interrogé sur la manière dont il engageait l’Iran.

« Il n’est pas nécessaire qu’il y ait quoi que ce soit de contraignant dans l’accord », a déclaré Trump lors de la conférence de presse, insistant sur le fait que sa menace de bombarder l’Iran en cas de non-respect de l’accord était suffisante.

« Qu’est-ce que je vais faire d’autre ? Est-ce que je vais dire : ‘Je vais vous traîner en justice’ ? Non, on va les bombarder sans pitié s’ils violent l’accord », a-t-il affirmé.

Trump a également été appelé à expliquer sa récente affirmation selon laquelle le protocole d’accord pourrait empêcher définitivement l’Iran de se doter de l’arme nucléaire – alors que le texte prévoit simplement que « l’Iran réaffirme qu’il ne se procurera ni ne mettra au point d’armes nucléaires ».

Des automobilistes passant devant un panneau d’affichage anti-américain faisant référence au président Donald Trump et au détroit d’Ormuz, installé sur un immeuble de la place Valiasr, à Téhéran, le 10 mai 2026. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

« Quand je dis ‘définitivement’, ça doit être définitif, mais si ce n’est pas le cas, nous les bombarderons », a déclaré Trump.

« Cela vaudra tant que je serai président. Si vous avez un président faible et pathétique, cela n’arrivera peut-être pas », a-t-il ajouté, admettant qu’il ne pouvait pas contrôler ce qui se passerait après la fin de son mandat.

Lors d’une autre conférence téléphonique, un haut responsable américain a déclaré que l’administration s’efforçait d’acheminer autant de pétrole que possible hors du détroit d’Ormuz, afin de pouvoir reconstituer les stocks mondiaux, au cas où Trump déciderait de reprendre la guerre contre la République islamique d’Iran.

Selon ce responsable, les États-Unis ne prennent pas grand risque en acceptant un protocole d’accord avec l’Iran cette semaine, car l’essentiel de l’allégement des sanctions ne se concrétisera que si Téhéran fait des concessions lors des négociations nucléaires qui auront lieu au cours des deux prochains mois.

« En attendant… nous nous efforçons d’acheminer autant de pétrole que possible hors de cette zone, afin que chacun puisse reconstituer ses stocks, et que tout le monde soit prêt au cas où l’Iran se comporterait de manière inacceptable et qu’il faille prendre de nouvelles mesures », a ajouté le haut responsable américain.

Il a précisé que les négociateurs des deux parties se réuniraient ce week-end en Suisse. Cette rencontre « sera tout à fait cruciale pour déterminer comment passer à la phase suivante ».

Le responsable a noté que la réunion se tiendrait dans un hôtel suisse appartenant à des responsables qataris, pays qui partage un gisement de gaz avec l’Iran.

« Ce sera une très bonne illustration pour montrer qu’avec l’argent provenant de ce gisement de gaz, [on] peut soit acheter de superbes biens immobiliers qui génèrent des flux de trésorerie et des rendements à réinvestir au profit de la population… soit financer le terrorisme, ce qui a essentiellement conduit aux destructions, à la dévastation, aggravant ainsi considérablement la situation », a déclaré le haut responsable américain.

Des passants au bazar traditionnel de Tajrish, au nord de Téhéran, en Iran, le 15 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Toutefois, le ministère iranien des Affaires étrangères a par la suite laissé entendre que la réunion en Suisse pourrait être annulée, maintenant que l’accord avait été signé par Trump et le président iranien.

« La réunion de vendredi était confirmée jusqu’à il y a quelques heures, mais lorsqu’il a été décidé que les présidents des deux parties [l’Iran et les États-Unis] signeraient l’accord, il a été décidé de suspendre pour l’instant l’examen de la réunion de vendredi », a déclaré Baghaei.

Les États-Unis minimisent l’allègement immédiat des sanctions accordé à l’Iran

Trump a également dû répondre à des questions concernant l’allègement immédiat des sanctions que les États-Unis ont accepté d’accorder à l’Iran, alors qu’ils avaient maintes fois insisté sur le fait qu’ils ne le feraient qu’une fois que l’Iran aurait fait des concessions lors des négociations nucléaires ultérieures.

Lors de la conférence téléphonique, le haut responsable américain a révélé, en passant en revue le texte du protocole d’accord, qu’une dérogation américaine aux sanctions contre les exportations de pétrole iranien figurait en réalité dans le texte, qui précise qu’elle s’appliquera « immédiatement » dès la signature de l’accord.

Le haut responsable a affirmé que l’Iran pouvait vendre du pétrole quelles que soient les sanctions et que le pays « accordait à la Chine une remise considérable », un avantage auquel les États-Unis souhaitaient mettre fin.

Un deuxième haut responsable américain participant à la conférence téléphonique a fait valoir que la guerre avait causé des centaines de milliards de dollars de dommages à l’Iran, tandis que l’allègement résultant de la dérogation aux sanctions ne se chiffrera qu’en « quelques milliards de dollars ».

« Ce n’est pas si significatif dans l’ensemble. Ils étaient de toute façon en mesure d’exporter du pétrole en ouvrant le détroit ; nous avons donc estimé qu’il s’agissait d’une concession équitable à leur accorder, d’autant plus que cela contribuera également à faire baisser les cours mondiaux du pétrole », a déclaré le responsable américain.

Lle président Massoud Pezeshkian (3ᵉ à droite) et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi (4ᵉ à droite) participant au Forum du dialogue de Téhéran, le 18 mai 2025. (Crédit : Présidence iranienne/AFP)

Concernant les fonds iraniens gelés sur des comptes à l’étranger, Trump a indiqué lors de la conférence de presse qu’il autoriserait également Téhéran à y accéder, sans en préciser les conditions.

« Nous avons saisi une grande partie de leur argent – c’est leur propre argent, et nous l’avons gelé à un certain moment », a déclaré Trump.

« Je suppose que nous allons devoir le leur rendre. »

« Si nous ne le rendions pas, plus personne n’investirait jamais dans le dollar », a affirmé Trump.

« C’est ce que l’Iran nous a demandé de faire »

Tentant d’expliquer pourquoi les États-Unis s’étaient abstenus de publier le texte de l’accord alors qu’il avait été signé dimanche, le haut responsable américain a affirmé, s’adressant aux journalistes, que Téhéran avait demandé qu’il ne soit pas rendu public avant la cérémonie de signature prévue vendredi.

« Le principe que nous souhaitons voir prévaloir dans le cadre de cet accord est celui de l’absence d’accords parallèles et la transparence totale ; il est donc regrettable que nous n’ayons pas pu le publier immédiatement », a-t-il déclaré.

« Nous avons essayé de tenir compte de leur communication et de leur politique intérieure, et nous avons essayé d’instaurer un climat de confiance avec eux ; c’est ce qu’ils nous ont demandé de faire », a ajouté le responsable américain.

Une personne jouant à une installation de jeu vidéo satirique intitulée « Operation Epic Furious Strait to Hell », créée par le groupe d’art guérilla Secret Handshake, au Mémorial de guerre du District de Columbia, à Washington, le 11 mai 2026. (Crédit : Heather Diehl/Getty Images/AFP)

Lors de la conférence de presse, Trump a révélé que les États-Unis avaient « envoyé une copie » du protocole d’accord à Israël. Plus tôt dans la semaine, les médias israéliens avaient rapporté que les États-Unis avaient refusé les demandes d’Israël visant à consulter le texte.

Lors de la conférence téléphonique, le haut responsable américain a démenti ces informations.

« Rien ne nous a été demandé. Nous leur avons toujours fait part de certains des grands axes de ce document. Nous avons eu des consultations avec eux tout au long du processus », a-t-il affirmé.

Netanyahu « ne nous a pas demandé de copie du protocole d’accord. Il se peut qu’il n’ait pas vu le document final, mais il ne peut pas prétendre ne pas être au courant de ce qui se passe », a insisté le responsable américain.

« Ce que [Netanyahu] nous a dit, c’est que si nous parvenons à obtenir toutes ces concessions de la part de l’Iran, comme nous l’envisageons, il estime que ce serait un accord historique », a poursuivi le responsable américain.

« Il reste sceptique quant à notre capacité à y parvenir, mais nous aussi. C’est pourquoi nous allons passer à la prochaine phase des négociations et voir ce que nous pourrons accomplir. »

L’autre haut responsable américain participant à la conférence téléphonique a ensuite critiqué « la presse iranienne et israélienne pour avoir déformé ou mal compris » le protocole d’accord, mettant ainsi dans le même sac les médias contrôlés par l’État iranien et les médias israéliens.

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