Les rabbins du Maine exhortent les élus à cesser de qualifier la guerre à Gaza de « génocide »
11 rabbins ont signé une lettre dénonçant un terme "faux" et relevant d'une "inversion de la Shoah", après la primaire démocrate au Sénat au cours de laquelle plusieurs candidats ont employé ce terme
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JTA — Tous les rabbins des congrégations du Maine ont signé un communiqué appelant à la paix et exhortant les dirigeants politiques de l’État à cesser d’employer le terme « génocide » pour décrire la guerre menée par Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, à la suite d’une primaire démocrate au cours de laquelle plusieurs candidats avaient formulé cette accusation.
Mais les onze rabbins ont également indiqué qu’ils étaient eux aussi insatisfaits de la situation au Moyen-Orient et ont appelé les dirigeants israéliens et palestiniens à œuvrer en faveur d’un avenir pacifique.
« Nous appelons les dirigeants du Maine, et en particulier ses dirigeants politiques, à rejeter l’utilisation irresponsable de ce terme pour décrire la guerre entre Israël et le Hamas », indique le communiqué publié vendredi.
« Nous appelons également les dirigeants israéliens et palestiniens à mettre fin au cycle de la violence et à créer un monde meilleur pour les enfants palestiniens et israéliens. »
Intitulé « Un appel à la paix et à une rhétorique responsable », ce communiqué souligne que l’utilisation du terme « génocide » à des fins politiques ne contribue pas à la paix au Moyen-Orient. Selon les rabbins, ce terme « efface des distinctions morales et juridiques essentielles, vide le génocide de son sens et attise la haine envers la communauté juive locale ». Israël rejette avec véhémence cette accusation.
« La compassion envers les Palestiniens n’exige pas l’adoption d’un langage haineux et trompeur », ont-ils poursuivi.
« Plaider en faveur de la paix n’implique pas de participer à une ‘inversion de la Shoah’ à l’encontre de la communauté juive. Et le leadership politique n’exige pas de diaboliser une communauté au profit d’une autre. »
Ce communiqué a été publié après que Troy Jackson, un ancien bûcheron et président du Sénat de l’État, a obtenu l’investiture démocrate du Maine pour le Sénat américain lors de la convention d’investiture du parti, samedi, en remplacement de Graham Platner. Ce dernier, un fervent détracteur d’Israël, s’était retiré de la course plus tôt ce mois-ci.
Platner faisait l’objet d’une accusation de viol, qu’il nie. Jackson affrontera désormais la sénatrice républicaine sortante Susan Collins lors de l’élection générale de novembre. Les deux partis considèrent cette élection comme cruciale pour le contrôle du Sénat.
Platner utilise régulièrement le terme « génocide » pour décrire les actions d’Israël. Avant la convention visant à le remplacer, Jackson et plusieurs autres candidats démocrates, qui se sont par la suite retirés de la course, ont commencé à utiliser ce terme pour la première fois afin de décrire la guerre menée par Israël à Gaza. Ce revirement a suscité la méfiance de certains dirigeants et électeurs juifs de l’État.
L’utilisation de ce terme est devenue une « monnaie d’échange pour acquérir du pouvoir et des postes au sein du parti démocrate du Maine », a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency la rabbin Rachel Isaacs, à la tête de la congrégation Beth Israel de Waterville, qui a également signé le communiqué.
« Trop de démocrates du Maine sont cyniquement prêts à utiliser cette monnaie d’échange au détriment de notre sécurité et de notre dignité », a-t-elle indiqué dans un communiqué envoyé par courriel.
« Nous avons décidé qu’il fallait nous exprimer collectivement, tant sur la nature fallacieuse et dangereuse de cette affirmation que sur l’ampleur des dommages causés à nos familles et à nos membres. »
Le communiqué, publié vendredi, a été initié par l’Alliance de la communauté juive du sud du Maine et signé par tous les rabbins de congrégation de l’État, dont le rabbin Bill Siemers de la congrégation conservatrice Beth Israel à Bangor et la rabbin Erica Asch du temple réformé Beth El à Augusta. (Les rabbins affiliés au mouvement Habad dans le Maine ne figuraient pas sur la liste des signataires.)
Zach Schwartz, directeur du Jewish Community Relations Council (JCRC) au sein de l’Alliance communautaire juive du sud du Maine, a déclaré que la fédération espérait que « l’unité dont fait preuve le Maine puisse inspirer les communautés juives à travers les États-Unis à s’unir, elles aussi, de la même manière ».
Le rabbin Josh Stanton, vice-président adjoint chargé des initiatives interconfessionnelles et intergroupes au sein des Jewish Federations of North America (JFNA), a également salué ce communiqué conjoint.
« Les membres de la communauté rabbinique du Maine donnent un exemple important en appelant à mettre de côté les discours incendiaires et à se tourner vers le bien commun », a déclaré Stanton dans un communiqué envoyé par courriel.
« À une époque marquée par une polarisation croissante et un déclin du débat civil, les efforts déployés par l’Alliance de la communauté juive du sud du Maine pour unir la communauté autour de ce message important témoignent d’un véritable leadership. »
Isaacs a déclaré à la JTA qu’elle espérait que Jackson « soutiendrait, comprendrait et défendrait tous les citoyens du Maine, y compris l’ensemble de la communauté juive diversifiée de l’État ».
« Travaillez avec nous pour trouver comment exprimer l’indignation et une critique légitime du gouvernement israélien sans succomber à un langage dont vous ignorez peut-être qu’il s’agit d’un vieux cliché antisémite, ni sans faire fi des besoins de sécurité des citoyens israéliens », a déclaré Isaacs à propos du message qu’elle a adressé à Jackson.
« Ayez le courage de tracer votre propre voie, et ne suivez pas les traces de Graham Platner, un homme qui n’aurait jamais dû être normalisé, soutenu ou mis en avant. »
la Communauté du Times of Israël !







