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Le candidat au Sénat pressenti pour remplacer Graham Platner pense qu’il y a un « génocide » à Gaza

L'an dernier, en campagne, Jordan Wood "hésitait" à employer ce terme pour décrire l'action d'Israël, inquiet de la montée de l'antisémitisme ; il dit à présent que les États-Unis ne peuvent pas "financer le génocide commis par Israël à Gaza"

Jordan Wood, candidat au Sénat américain, participant à un débat dans les studios de la chaîne de télévision WCSH-6, à Portland, le 16 juillet 2026, dans le Maine. (Crédit : Robert F. Bukaty/AP)
Jordan Wood, candidat au Sénat américain, participant à un débat dans les studios de la chaîne de télévision WCSH-6, à Portland, le 16 juillet 2026, dans le Maine. (Crédit : Robert F. Bukaty/AP)

JTA — À l’automne dernier, lorsque Jordan Wood avait brigué l’investiture démocrate pour le siège du Maine au Sénat américain, il s’était abstenu d’accuser Israël de « génocide » – une accusation très répandue parmi les détracteurs d’Israël et à aucun moment prouvée -, invoquant un lien entre la montée de l’antisémitisme et « le vocabulaire » utilisé dans le discours public.

Graham Platner, qui avait finalement remporté l’investiture à une écrasante majorité, n’avait quant à lui pas hésité à employer ce terme. Accusé d’agression sexuelle, Platner s’est désormais retiré de la course ; Wood est de nouveau candidat à la primaire exceptionnelle organisée pour le remplacer.

Et aujourd’hui, cet ancien collaborateur du Congrès a changé de discours.

« Nous ne pouvons pas continuer à financer le génocide commis par Israël à Gaza », a ainsi affirmé Wood sur les réseaux sociaux la semaine dernière. « C’est une atrocité morale. L’argent des contribuables devrait servir à financer l’éducation, la santé et la protection de l’enfance ici, chez nous, et non à bombarder des civils innocents. »

En novembre dernier, Wood avait déclaré craindre que ce mot ne soit si chargé de sens qu’il en devienne dangereux. S’il avait confié à Kaivan Shroff, commentateur démocrate, qu’il estimait qu’Israël avait commis des crimes de guerre à Gaza, il s’était toutefois abstenu d’utiliser le terme « génocide ».

« C’est parce que je suis témoin d’une véritable recrudescence de l’antisémitisme aux États-Unis que j’hésite à l’employer », avait alors expliqué Wood. « Mon mari est juif. Les actes de violence qui sont commis à l’encontre des Juifs américains sont étroitement liés au langage que nous utilisons. »

« Ce serait une décision d’une portée considérable si le Congrès américain qualifiait officiellement de génocide ce qui se passe à Gaza », avait-il ajouté. « Cela pourrait avoir des conséquences pour les citoyens américains qui ont servi au sein de l’armée israélienne », avait-il précisé. « Seront-ils poursuivis en justice ? »

De gauche à droite, les candidats au Sénat américain Shenna Bellows, Troy Jackson, le Dr Nirav Shah et Jordan Wood s’apprêtent à participer à un débat télévisé dans un studio de la chaîne WCSH-6, le 16 juillet 2026, à Portland, dans le Maine. (Crédit : AP/Robert F. Bukaty)

L’équipe de campagne de Wood n’a pas répondu à une demande de commentaires concernant les raisons qui l’ont poussé à adopter cette expression.

Le Parti démocrate du Maine a jusqu’au 27 juillet pour désigner un remplaçant à Platner, un progressiste anti-israélien, avec l’espoir de détrôner la sénatrice républicaine Susan Collins.

Wood et les candidats Troy Jackson, Nirav Shah et Shenna Bellows ont accusé Israël d’avoir commis un « génocide » depuis le lancement de leurs campagnes respectives. Une position qui témoigne de la baisse de popularité d’Israël auprès des électeurs démocrates et de leurs représentants depuis le début de la guerre à Gaza, et une tendance qui pourrait expliquer le succès de Platner, lequel a réussi à faire d’Israël un enjeu de taille dans la campagne.

Dans une interview accordée cette semaine à The Advocate, Wood a critiqué Platner, qui fait l’objet de nombreuses attaques, tout en affirmant que lui-même entendait « poursuivre sur cette même voie » qui avait mobilisé les électeurs du Maine.

« Je fais la distinction entre Graham, le mouvement, et la personne », a affirmé Wood, citant notamment des questions telles que le conditionnement de l’aide à Israël et le refus des fonds provenant des comités d’action politique (PAC) des entreprises et de l’AIPAC comme des priorités qu’il avait en commun avec Platner.

Graham Platner, candidat démocrate au Sénat américain, s’exprime lors d’une soirée électorale organisée à l’occasion des primaires, après avoir remporté l’investiture démocrate, le 9 juin 2026, à Blue Hill, dans le Maine. Il a depuis suspendu sa campagne à la suite d’accusations de viol. (Crédit : AP/Robert F. Bukaty)

En novembre, Wood a fait savoir à Shroff qu’il n’accepterait pas d’argent de l’AIPAC. Les électeurs démocrates, a-t-il ajouté, nourrissent une « immense méfiance » à l’égard de cette organisation de lobbying pro-israélienne.

« À mon sens, la seule façon de prouver réellement aux électeurs que l’on vote et que l’on donne la priorité à des politiques qui servent leurs meilleurs intérêts – et ceux de notre pays – est d’éliminer toute perception de corruption ou de malversation », a expliqué Wood.

Wood a de plus toujours affirmé qu’il voterait en faveur des résolutions de Bernie Sanders visant à bloquer la vente de certaines armes à Israël, précisant toutefois que cette mesure ne devait pas signifier la fin pure et simple des relations entre les Washington et Jérusalem.

« Les États-Unis doivent absolument maintenir des relations de coopération avec Israël, et j’ai à cœur que ces relations fonctionnent. Mais un véritable partenariat n’est pas un chèque en blanc », a indiqué Wood au site d’information Jewish Insider la semaine dernière. « Un véritable partenariat passe par l’honnêteté et la transparence. Les États-Unis ont un poids considérable auprès du gouvernement israélien, et nous avons toujours refusé de nous en servir. »

Wood et plusieurs autres candidats ont participé, dans la soirée de jeudi, à un débat télévisé sur CNN, en amont de la convention d’investiture, qui se tiendra le 27 juillet.

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