Selon des sources citées par un journal arabe basé au Royaume-Uni, Israël aurait envoyé des drones et déployé des explosifs pour soutenir une milice armée qui s’est livrée à des échanges de tirs avec des membres du groupe terroriste palestinien du Hamas dans le quartier de Tuffah, à Gaza City, ce matin.
La milice autoproclamée « Forces de défense populaires » est basée du côté contrôlé par Israël de la ligne de cessez-le-feu de Gaza, connue sous le nom de « Ligne jaune ». Elle a pris le contrôle, à la fin du mois dernier, d’une partie de Tuffah, adjacente à la ligne du côté du territoire contrôlé par le Hamas, forçant les habitants à fuir, selon Asharq al-Awsat.
Ce matin, des membres de la milice ont marché vers le carrefour de Sanafour, mais ont été pris en embuscade par le Hamas et d’autres terroristes dans une zone résidentielle, a rapporté Asharq al-Awsat, citant des sources proches du groupe terroriste palestinien dans la région.
Le carrefour se trouve sur la route principale Salah al-Din, dans la partie de Tuffah contrôlée par le Hamas.
Les échanges de tirs ont duré 20 minutes avant que la milice ne se retire derrière la ligne de cessez-le-feu, a déclaré une source à Asharq al-Awsat. Aucune victime n’a été signalée. Le média a indiqué qu’il s’agissait de la première guerre ouverte entre le Hamas et des gangs rivaux dans la région.
Selon les sources citées par Asharq al-Awsat, des drones israéliens ont survolé la zone pendant les affrontements, puis Israël a lancé des frappes de drones et déployé « des véhicules remplis de tonnes d’explosifs qui ont été déclenchés par lots pour faire sauter ce qui restait des maisons dans la zone ».
L’armée israélienne n’a pas encore répondu à nos demandes de commentaires, notamment pour savoir si la milice anti-Hamas s’était coordonnée avec Tsahal avant de franchir la Ligne jaune.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le 9 octobre, les milices anti-Hamas à Gaza ont intensifié leurs activités. Pendant cette période, le groupe terroriste a exécuté des centaines de personnes qu’il accusait de collaborer avec Israël.
En juillet, le site d’information Ynet rapportait que les Forces de défense populaires étaient l’une des milices anti-Hamas liées au Fatah et soutenues par Israël et l’Autorité palestinienne (AP) à Gaza.
Les relations entre le Fatah et le groupe terroriste palestinien sont tendues depuis près de vingt ans, marquées par de profondes divisions politiques et idéologiques. En 2007, le Hamas avait pris le contrôle de Gaza à l’issue d’un coup d’État sanglant et les deux factions sont restées en conflit depuis lors, malgré de nombreuses tentatives de réconciliation.
Le chef de cette milice, Rami Helles, serait un agent du Fatah issu d’une famille en conflit avec le Hamas.
Il est un allié de la milice la plus importante de Gaza, Abu Shabab, qui serait soutenue par Israël.
Helles a prononcé l’éloge funèbre du chef de cette milice, Yasser Abu Shabab, lorsque celui-ci a été tué début décembre, vraisemblablement à la suite d’un conflit interne.
Selon Asharq al-Awsat, la milice des Forces de défense populaires a tué au moins deux Gazaouis au cours des dix derniers jours. L’article n’a pas précisé les circonstances de leur mort.