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Netanyahu : « Si nous avions voulu commettre un génocide, ça nous aurait pris un après-midi »

Le Premier ministre affirme à tort qu'Israël n'a jamais empêché l'entrée de l'aide à Gaza, une politique annoncée par son bureau en mars et abandonnée onze semaines plus tard

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu donnant une conférence de presse, à Jérusalem, le 10 août 2025. Crédit : Abir Sultan/POOL/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu donnant une conférence de presse, à Jérusalem, le 10 août 2025. Crédit : Abir Sultan/POOL/AFP)

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a rejeté l’accusation selon laquelle Israël commettrait un « génocide » à Gaza. Dimanche soir, il a déclaré aux journalistes israéliens : « Si nous avions voulu commettre un génocide, cela nous aurait pris exactement un après-midi. »

Netanyahu a fait cette remarque à l’issue de deux conférences de presse consécutives, l’une devant la presse étrangère et l’autre devant la presse israélienne, au cours desquelles il a également nié une nouvelle fois qu’Israël menait une politique d’affamement dans l’enclave.

S’adressant aux médias israéliens, il a affirmé à tort qu’Israël n’avait jamais suspendu toute aide humanitaire à Gaza, alors que son gouvernement avait brièvement adopté cette mesure temporaire plus tôt dans l’année.

Netanyahu a fait ces deux déclarations alors qu’il défendait la récente décision de son gouvernement de lancer une offensive majeure à Gaza-City. Il a déclaré que ce plan mènerait à la défaite du Hamas, mais celui-ci a été accueilli par une vague de réactions négatives tant au niveau national qu’international.

Israël a également été condamné récemment par la communauté internationale pour les nombreuses informations (dont certaines ont été utilisées à des fins diffamatoires) faisant état de cas de famine et de décès dus à la malnutrition dans la bande de Gaza. Netanyahu a répété à maintes reprises que Gaza ne souffrait pas de famine et qu’Israël ne cherchait en aucun cas à provoquer une crise humanitaire dans cette région. Israël a également nié avec constance et véhémence l’accusation portée par des militants anti-Israël, certaines organisations israéliennes de gauche et plusieurs pays, selon laquelle il commettrait un « génocide » à Gaza, affirmant que l’armée israélienne prend « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils que le groupe terroriste palestinien du Hamas utilise comme boucliers humains.

Des Gazaouis se précipitant pour récupérer l’aide humanitaire larguée par parachute à Gaza-City, dans le nord de la bande de Gaza, le 7 août 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

« Il n’y a pas de famine. Il n’y a jamais eu de famine. Il y a eu une pénurie. Mais il n’y a certainement pas eu de politique de famine », a déclaré Netanyahu lors de la conférence de presse.

« Si nous avions voulu affamer la population, si telle avait été notre politique, les deux millions de Gazaouis ne seraient plus en vie aujourd’hui, après vingt mois. »

« C’est la même chose avec le ‘génocide’ : si nous avions voulu commettre un génocide, cela nous aurait pris exactement un après-midi », a-t-il poursuivi.

Plus tôt dans la conférence de presse, Netanyahu a défendu l’approche d’Israël en matière d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, qui, selon lui, fait actuellement l’objet d’une remise à plat. Ces dernières semaines, les responsables locaux dirigés par le Hamas, ainsi que des agences internationales et des organisations humanitaires, ont fait état d’un nombre croissant de décès dus à la famine à Gaza.

Israël conteste ces affirmations et accuse le groupe terroriste palestinien de détourner l’aide et les Nations unies de ne pas la distribuer. Face à la condamnation internationale, Israël a toutefois mis en place plusieurs mesures pour accroître l’acheminement de l’aide.

Au cours de la conférence de presse, Netanyahu a été interrogé sur sa décision, prise plus tôt cette année, de suspendre l’aide humanitaire, une stratégie qui s’est avérée infructueuse pour vaincre le Hamas.

« Tout d’abord, nous devons comprendre ce qui s’est réellement passé », a-t-il répondu.

« Nous n’avons jamais dit que nous allions bloquer toute l’aide humanitaire. Ce que nous avons dit, c’est qu’en plus d’arrêter les camions que le Hamas interceptait – en s’appropriant la grande majorité de leur contenu, puis en vendant le reste à des prix exorbitants à la population palestinienne… nous mettrions fin à cela. »

Des Gazaouis transportant des colis d’aide humanitaire qu’ils ont réussi à se procurer, sur un sentier côtier à l’ouest de Beit Lahiya, après l’entrée de camions d’aide dans la bande de Gaza depuis le passage frontalier nord de Zikim, le 29 juillet 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Le 2 mars, le bureau du Premier ministre avait en réalité annoncé : « Le Premier ministre Netanyahu a décidé qu’à compter de ce matin, toutes les entrées de marchandises et de fournitures dans la bande de Gaza seraient suspendues. » Il avait présenté cette mesure comme un moyen de tarir une source de profits du Hamas et de faire pression sur le groupe terroriste pour qu’il fasse des concessions.

Il est revenu sur sa décision onze semaines plus tard, sous la pression de ses alliés internationaux, et a apporté son soutien à la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une initiative américaine visant à fournir une aide directe aux civils à partir de quatre points de distribution, sans passer par le Hamas ni par l’ONU. Cependant, la GHF a été vivement critiquée en raison des tueries quasi quotidiennes à proximité de ses sites d’aide et des difficultés rencontrées par la population pour y accéder.

Dimanche, Netanyahu a admis que cette approche avait échoué.

« Nous n’aurions pas dû nous retrouver dans cette situation. »

Des Gazaouis déplacés transportant des colis alimentaires et des provisions depuis un point de distribution de l’aide humanitaire de la Fondation humanitaire de Gaza, le long du corridor de Netzarim, dans le centre de la bande de Gaza, le 4 août 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

« Nous ne voulions pas créer une situation de famine ici, au contraire, nous voulions contourner le pillage et le vol pratiqués par le Hamas », a-t-il déclaré à propos de la GHF.

« Seulement, cela n’a pas fonctionné comme nous le voulions. Cela n’a pas abouti parce qu’il n’y avait pas assez de sites, etc. Nous en avons donc tiré les leçons. Et nous avons arrêté. »

« Aujourd’hui, nous agissons différemment. L’aide arrive et nous faisons tout notre possible pour qu’elle ne tombe pas entre les mains du Hamas, tout en augmentant considérablement le nombre de points de distribution, de couloirs sécurisés et de largages aériens qui ne parviennent généralement pas au Hamas », a-t-il ajouté.

Les largages aériens internationaux d’aide humanitaire ont toutefois été critiqués, car ils mettent en danger les personnes qui tentent de récupérer les colis avant qu’ils ne touchent le sol. Les organisations humanitaires ont déclaré qu’il était nécessaire d’augmenter les fournitures pour mettre fin à la malnutrition généralisée dans la bande de Gaza. Netanyahu a annoncé que l’aide serait augmentée dans le cadre du plan de prise de contrôle de Gaza-City.

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