Le Hamas dit qu’Israël a décidé de « sacrifier » les otages en prenant le contrôle de Gaza-City
De nombreux pays ont appelé Israël a ne pas mettre a exécution le plan approuvé par le cabinet dans la nuit de jeudi à vendredi

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dans la nuit de jeudi à vendredi un plan présenté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à prendre le contrôle de Gaza-City, dévastée par la guerre et en proie à une crise humanitaire.
Voici les premières réactions internationales à ce plan, dont le Hamas a affirmé vendredi qu’il « coûtera cher » à Israël:
Israël se prépare à commettre un « nouveau crime de guerre » avec son plan de prendre le contrôle de la ville de Gaza, « une aventure criminelle qui lui coûtera cher » et aboutira au « sacrifice des otages », a affirmé vendredi le Hamas.
« L’approbation par le cabinet sioniste des plans visant à occuper la ville de Gaza et à évacuer ses habitants constitue un nouveau crime de guerre que l’armée d’occupation souhaite commettre contre la ville et ses près d’un million d’habitants », a réagi le groupe terroriste islamiste palestinien.
« Cette aventure criminelle coûtera cher et ne sera pas un voyage facile » pour l’armée israélienne, ajoute ce communiqué diffusé sur Telegram.
« Ils ont compris que l’extension de l’agression signifie leur sacrifice, révélant leur imprudence envers la vie des prisonniers pour des objectifs politiques ayant déjà échoué », soutien le groupes terroriste islamiste, qui retient toujours 49 otages, dont 27 sont présumés morts, depuis son attaque sanglante le 7 octobre 2023 depuis Gaza en territoire israélien.
En conclusion de son communiqué, le Hamas soutient « qu’il n’épargnera aucun effort pour prendre toutes les mesures afin de préparer le terrain à un accord, y compris avancer vers un accord global pour libérer tous les prisonniers de l’occupation en une seule fois, parvenir à un arrêt de la guerre et au retrait des forces d’occupation. »
ONU
Le plan du gouvernement israélien « doit être immédiatement stoppé », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk dans un communiqué.
Ce plan « va à l’encontre de la décision de la Cour internationale de justice selon laquelle Israël doit mettre fin à son occupation dès que possible, de la réalisation de la solution à deux Etats convenue et du droit des Palestiniens à l’autodétermination », a ajouté M. Türk.
Allemagne
Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé la suspension des exportations d’armes qu’Israël pourrait utiliser à Gaza.
Il devient « de plus en plus difficile de comprendre » en quoi le plan militaire israélien permettrait d’atteindre ses objectifs dans la bande de Gaza et, « dans ces circonstances, le gouvernement allemand n’autorise pas, jusqu’à nouvel ordre, les exportations d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza », a déclaré le chancelier, dans un communiqué.
France
Pour la France, le plan du gouvernement israélien pour Gaz risque de conduire à « une impasse absolue », selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères. Paris rappelle « sa ferme opposition à tout projet d’occupation de la bande de Gaza et de déplacement forcé de sa population ».
L’occupation « intégrale » de Gaza « aggraverait une situation déjà catastrophique sans permettre la libération des otages du Hamas, son désarmement et sa reddition », a estimé pour sa part le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.
Royaume-Uni
« La décision du gouvernement israélien d’intensifier son offensive à Gaza est une erreur et nous l’exhortons à (la) reconsidérer immédiatement », a estimé le Premier ministre britannique Keir Starmer dans un communiqué.
« Cette action ne contribuera en rien à mettre fin au conflit ni à obtenir la libération des otages. Elle ne fera qu’engendrer davantage de massacres », a-t-il conclu.
The Israeli Government’s decision to further escalate its offensive in Gaza is wrong, and we urge it to reconsider immediately.
Every day the humanitarian crisis in Gaza worsens and hostages taken by Hamas are being held in appalling and inhuman conditions.
We need a ceasefire… pic.twitter.com/UoJhjss81e
— Keir Starmer (@Keir_Starmer) August 8, 2025
Iran
L’Iran a accusé Israël de « procéder à un nettoyage ethnique à Gaza et de commettre un génocide contre les Palestiniens », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Jordanie
Le roi Abdallah II de Jordanie a fait état de son « rejet catégorique » du plan israélien qui « sape la solution à deux Etats et les droits du peuple palestinien », dans une conversation téléphonique avec le président palestinien Mahmoud Abbas.
Egypte
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné « dans les termes les plus forts » le plan israélien.
Belgique
La Belgique a annoncé convoquer l’ambassadrice d’Israël.
« L’objectif est clairement de témoigner de notre totale désapprobation quant à cette décision », a expliqué le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.
Espagne
« Nous condamnons fermement la décision du gouvernement israélien d’intensifier l’occupation militaire de Gaza », a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, Manuel Albares, estimant que ce plan « ne provoquerait que davantage de destruction et de souffrance ».
« Un cessez-le-feu permanent, l’entrée massive et immédiate d’aide humanitaire et la libération de tous les otages sont urgents. La paix définitive dans la région ne sera atteinte qu’en établissant la solution de deux États, qui inclut un État de Palestine réaliste et viable », a-t-il ajouté sur X.
Turquie
La Turquie a « appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en vue d’empêcher la mise en œuvre » du plan israélien. Celui-ci « vise à déplacer de force les Palestiniens de leur propre terre en rendant Gaza inhabitable », a estimé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
Chine
Pékin a exprimé sa « grave inquiétude », exhortant Israël à « cesser immédiatement ses actions dangereuses ».
« Gaza appartient au peuple palestinien et fait partie intégrante du territoire palestinien », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères dans une réponse écrite à l’AFP.
Australie
« L’Australie demande à Israël de ne pas s’engager dans cette voie, qui ne fera qu’aggraver la catastrophe humanitaire à Gaza », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Penny Wong dans un communiqué.
Wong a déclaré que le déplacement forcé permanent est une violation du droit international et a réitéré ses appels à un cessez-le-feu, à la libre circulation de l’aide humanitaire et à la libération par le groupe terroriste Hamas des otages pris en octobre 2023.
« Une solution à deux États est la seule voie pour garantir une paix durable : un État palestinien et l’État d’Israël, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues », a-t-elle ajouté.
L’Australie n’a pas encore emboité le pas à ses alliés occidentaux tels que le Royaume-Uni, le Canada et la France pour annoncer qu’elle reconnaîtrait l’État palestinien, mais a déclaré qu’elle prendrait une décision « en temps voulu », tout en intensifiant ses critiques à l’égard des actions d’Israël.
Canada
« Comme beaucoup d’autres, nous estimons que c’est une erreur, que cette action ne contribuera pas à une amélioration de la situation humanitaire sur le terrain », a déclaré lors d’une visite sur une base militaire le premier ministre canadien Mark Carney, réaffirmant son intention de reconnaître un Etat palestinien en septembre.
Arabie saoudite
L’Arabie saoudite « condamne catégoriquement la poursuite des crimes de famine, des pratiques brutales et d’un nettoyage ethnique contre le peuple palestinien frère ».
Turquie
Le ministère turc des Affaires étrangères a « appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en vue d’empêcher la mise en œuvre » du plan israélien qui « vise à déplacer de force les Palestiniens de leur propre terre en rendant Gaza inhabitable ».
Suisse
« L’intensification des hostilités risque d’aggraver encore la situation humanitaire déjà catastrophique », selon le ministère suisse des Affaires étrangères.
Brésil
Le Brésil « déplore » le plan d’Israël de prendre le contrôle de la ville de Gaza, a déclaré samedi son ministère des Affaires étrangères, au lendemain de l’annonce de ce plan par le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
« Le gouvernement brésilien déplore la décision du gouvernement israélien d’étendre ses opérations dans la bande de Gaza, y compris la nouvelle incursion dans la ville de Gaza », a indiqué ce ministère dans un communiqué.
Pour Brasilia, cette mesure « ne fera qu’aggraver la situation humanitaire catastrophique de la population civile palestinienne » dans le territoire.
Le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva a également appelé au « retrait complet et immédiat des troupes israéliennes » de Gaza et rappelé l’urgence d’un cessez-le-feu, d’une libération des otages et de l’entrée « sans entrave » de l’aide humanitaire.







