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Analyse

Quand le New York Times relaie une accusation invraisemblable de viols de détenus palestiniens par des chiens

Israël rejette fermement les accusations du chroniqueur Nicholas Kristof ; des experts les jugent impossibles et des groupes juifs dénoncent une nouveau trope antisémite

Des membres de la Croix-Rouge observant les agents de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) préparer la libération de prisonniers palestiniens de la prison de Ketziot, dans le cadre d’un accord d'échange d’otages détenus à Gaza, le 26 février 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Des membres de la Croix-Rouge observant les agents de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) préparer la libération de prisonniers palestiniens de la prison de Ketziot, dans le cadre d’un accord d'échange d’otages détenus à Gaza, le 26 février 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

JTA – Une semaine après l’annulation de l’intervention d’un conférencier lors d’une cérémonie de remise des diplômes universitaires en raison d’une publication sur X accusant Israël de dresser des chiens pour violer des prisonniers palestiniens, cette allégation s’est retrouvée au centre d’une chronique publiée dans le New York Times.

Le chroniqueur Nicholas Kristof y évoque des accusations d’abus sexuels commis dans des prisons israéliennes contre des détenus palestiniens.

Relatant le témoignage anonyme d’un journaliste gazaoui affirmant que des gardiens avaient fait venir un chien lors de son incarcération en 2024, Kristof écrit que celui-ci aurait « tenté de repousser le chien, mais que l’animal l’aurait pénétré », selon son récit. S’appuyant sur plusieurs sources pro-palestiniennes, il affirme que d’autres détenus auraient rapporté des accusations similaires dans d’autres établissements.

Israël a rejeté l’ensemble des accusations relayées dans la chronique de Kristof. Celle-ci a également suscité de vives critiques de la part de groupes juifs, certains y voyant une version contemporaine d’accusation antisémite de meurtre rituel, tandis que plusieurs organisations ont également souligné que les allégations d’abus dans les prisons israéliennes devaient être examinées sérieusement.

Le New York Times a défendu la chronique, assurant qu’elle reposait sur un travail journalistique rigoureux et respectait des standards éditoriaux élevés.

Ni les autorités israéliennes ni le New York Times n’ont commenté spécifiquement l’allégation impliquant des chiens, et ni le journal ni Kristof n’ont répondu aux demandes de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency. Mais selon un spécialiste du comportement canin, ce scénario apparaît hautement improbable, voire impossible.

[Il est] hautement improbable qu’une personne soit capable de dresser un chien pour commettre une agression sexuelle de ce type

James Crosby, lieutenant de police à la retraite et spécialiste de l’agressivité canine affilié au Canine Brain Project de l’Université Harvard, a déclaré à la JTA qu’il était « hautement improbable qu’une personne soit capable de dresser un chien pour commettre une agression sexuelle de ce type ».

Crosby a expliqué qu’il était possible de dresser un chien à adopter certains comportements pouvant être interprétés comme sexuels, tout en se montrant beaucoup plus sceptique quant à l’allégation centrale relayée par Kristof.

« Il est possible de dresser un chien à adopter certains comportements physiques, comme sauter ou effectuer des mouvements de bassin. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un comportement sexuel chez l’animal », a-t-il expliqué. « Quant à la pénétration proprement dite et à des actes de cette nature, cela me semble beaucoup plus problématique. »

Des organisations israéliennes de défense des droits humains ont, de leur côté, dénoncé des violences sexuelles dans les prisons sécuritaires israéliennes ainsi que l’utilisation de chiens pour intimider ou attaquer des détenus palestiniens.

Kristof a répondu mardi sur X que ces deux phénomènes étaient souvent liés. S’adressant « à ceux qui disent que le viol par des chiens est impossible, malgré les nombreux Palestiniens qui l’ont décrit », il a affirmé que « plusieurs articles de revues médicales évoquent des lésions rectales chez des hommes causées par une pénétration anale par des chiens. Soupir. »

Le journaliste Nicholas Kristof s’exprimant lors de la Goalkeepers Conference, le 20 septembre 2017, à New York. (Crédit : Julio Cortez)

Quelques rares cas évoqués dans la littérature médicale font état de blessures attribuées à des pénétrations par des chiens. Une analyse des cas répertoriés dans PubMed, une base de données de recherche médicale, montre toutefois que la plupart concernaient des situations dans lesquelles des humains avaient forcé des chiens à accomplir des actes sexuels sur eux. Un rapport publié en 2019 en Uruguay évoquait néanmoins les blessures d’une fillette de six ans qu’un médecin attribuait au chien de compagnie de la famille.

Crosby a déclaré ignorer s’il était biologiquement possible de dresser un chien à avoir une érection sur commande, tout en s’abstenant d’affirmer qu’un tel scénario était absolument « impossible ».

« Je ne dis pas que cela ne peut jamais arriver, parce que je suis policier à la retraite et que je travaille depuis longtemps sur les attaques mortelles impliquant des chiens et sur tout ce qui touche au comportement canin. Il existe toujours des gens assez tordus pour faire des choses que l’on croyait impossibles », a déclaré Crosby. « Les profondeurs de la stupidité et de la cruauté humaines sont insondables (sic). »

Quoi qu’il en soit, l’allégation de viols commis par des chiens s’est rapidement propagée ces derniers mois comme accusation portée contre Israël.

Il existe toujours des gens assez tordus pour faire des choses que l’on croyait impossibles

Selon Travis Hawley, analyste juif se présentant comme spécialiste du renseignement open source (OSINT), cette accusation circule depuis près de deux ans, mais n’a réellement gagné en visibilité que le mois dernier. Hawley travaille comme sous-traitant pour le département américain de la Sécurité intérieure et est également affilié au Network Contagion Research Institute, un centre lié à Université Rutgers qui étudie la propagation des informations en ligne. C’est cet institut qui l’a orienté vers la JTA.

Après avoir pris connaissance de la controverse suscitée par la chronique de Kristof, Hawley a entrepris de retracer la circulation de cette accusation sur les réseaux sociaux. Il a partagé ses conclusions avec la JTA mardi.

Selon Hawley, cette accusation avait brièvement circulé sur les réseaux sociaux en 2024 avant de retomber largement dans l’oubli jusqu’au mois dernier. D’après ses recherches, cette première vague provenait d’une interview du directeur général du ministère de la Santé de Gaza – dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas – publiée en juin sur X par Al Jazeera en langue arabe. Le responsable avait déclaré que les Israéliens « avaient poussé ces chiens à commettre des actes ignobles contre ces détenus ».

La publication d’Al Jazeera a eu un impact limité à elle seule. Mais quelques jours plus tard, le compte « Suppressed News » l’a relayée en anglais, contribuant à élargir sa diffusion et introduisant explicitement le terme de « viol » dans les discussions en ligne.

Une maître-chien de l’unité d’élite Oketz participe à une opération d’arrestation en Cisjordanie, le 17 novembre 2022. Illustration (Crédit : Armée israélienne)

Le compte TrackAIPAC, opposé au lobby pro-israélien et à son influence sur la politique américaine, a ensuite relayé cette publication, selon Hawley, tout comme le journaliste Ryan Grim, connu pour ses positions critiques envers Israël, ainsi que Briahna Joy Gray, ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de Bernie Sanders en 2020, régulièrement accusée d’antisémitisme par ses détracteurs en raison de ses publications anti-Israël.

Après cette première vague en juin 2024, l’accusation a continué à circuler en ligne sans toutefois atteindre l’ampleur d’autres accusations visant Israël, notamment celle selon laquelle le pays affamerait délibérément les Palestiniens de Gaza, une accusation qu’Israël rejette également en la qualifiant de version moderne du meurtre rituel antisémite.

En mars, les autorités israéliennes ont abandonné les poursuites contre des gardiens israéliens accusés d’avoir agressé sexuellement des détenus au centre de détention de Sde Teiman, une affaire filmée qui avait profondément choqué une partie de l’opinion israélienne, ébranlé les services de sécurité et alimenté les accusations selon lesquelles Israël chercherait à étouffer certains abus.

Selon Hawley, le retour de l’affaire Sde Teiman dans l’actualité a fourni « le contexte nécessaire pour relancer le récit, jusque-là marginal, des accusations de viols commis par des chiens ».

Des soldats israéliens se rassemblent face à des manifestants venus soutenir des militaires arrêtés pour des soupçons d’abus sur des détenus, à l’entrée de la base de Sde Teiman, le 29 juillet 2024. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP)

Quelques semaines plus tard, Euro-Med Human Rights Monitor, une ONG basée à Genève qu’Israël accuse d’entretenir des liens avec le Hamas, a publié un rapport relayant ces accusations. L’organisation est fréquemment citée par les critiques d’Israël, et certaines de ses affirmations ont parfois recoupé celles de sources indépendantes. Mais elle a également relayé d’autres accusations très controversées, notamment l’idée qu’Israël exhumerait des corps palestiniens pour leur prélever des organes, une affirmation rejetée par les autorités israéliennes et jugée infondée par des experts médicaux.

Le fondateur et président de l’organisation, Ramy Abdu, avait déjà relayé ces accusations lors de leur première circulation en 2024. Son organisation affirme désormais avoir interrogé d’anciens détenus affirmant avoir eux-mêmes vécu ce type de violences.

Quelques jours plus tard, l’accusation a connu une nouvelle explosion de visibilité lorsqu’un Israélien vivant aux États-Unis, ancien chercheur à Université de Californie à Los Angeles et influenceur anti-Israël, Shaiel Ben-Ephraim, a affirmé sur les réseaux sociaux qu’une source israélienne lui avait confirmé ces accusations. Il n’a toutefois fourni ni identité de source ni élément de preuve.

Shaiel Ben-Ephraim s’exprime lors d’un podcast anti-Israël, en avril 2026. (Crédit : YouTube)

La crédibilité de Ben-Ephraim est contestée depuis longtemps par des voix pro-israéliennes, notamment en raison d’antécédents documentés de mauvaise conduite. Hawley estime néanmoins que la publication de Ben-Ephraim, qui reprenait des propos tenus quelques jours plus tôt dans un podcast pro-palestinien, semblait néanmoins avoir joué un rôle déterminant dans la diffusion de cette accusation.

Selon lui, Ben-Ephraim aurait apporté un élément central à la crédibilité apparente du récit : l’idée que non seulement des Palestiniens et leurs soutiens, mais aussi des Israéliens eux-mêmes croyaient à ces accusations.

Avant avril, « ce n’était pas une affirmation considérée comme crédible », a expliqué Hawley, tout en précisant qu’il ne pouvait pas se prononcer sur la véracité des accusations elles-mêmes. « Il s’agissait surtout d’allégations relayées par des comptes anonymes, des bots et ce genre de choses. Il a fallu plusieurs moments viraux ces derniers mois avant que cela ne devienne, d’une certaine manière, un récit grand public. »

Les conclusions de Hawley rejoignent celles publiées indépendamment la semaine dernière par Eli Kowaz, ancien collaborateur de l’Israel Policy Forum. Quelques jours avant la chronique de Kristof, Kowaz avait publié un essai remettant en cause la crédibilité de ces accusations.

« On peut soutenir deux choses à la fois : d’une part, que des allégations crédibles et documentées d’abus dans les centres de détention israéliens méritent une enquête sérieuse ; et d’autre part, qu’une accusation virale concernant des chiens dressés pour violer, fondée sur une affaire classée sans suite et le podcast d’un militant, ne répond à aucun standard probatoire sérieux », a-t-il écrit. « Lorsqu’on décide quelles accusations croire avant même d’examiner les preuves, cela révèle l’usage réel qui est fait de ces ‘preuves’. »

Quelques jours après la publication de Ben-Ephraim, ces accusations avaient pris une telle ampleur que Ramy Elghandour, entrepreneur en biotechnologie invité à prononcer le discours de remise des diplômes à l’école d’ingénieurs de l’Université Rutgers, les a reprises dans une publication sur X dénonçant Israël.

« Ils ont commis un génocide », a écrit Elghandour sur les réseaux sociaux, en réponse à la promesse d’un législateur démocrate de s’opposer à toute nouvelle aide militaire à Israël. « Ils dirigent des donjons où ils entraînent des chiens à agresser sexuellement des prisonniers… Un embargo sur les armes est le strict minimum. »

Israël rejette les accusations de génocide et affirme que Tsahal cherche au contraire à limiter les pertes civiles, accusant le Hamas d’utiliser la population de Gaza comme bouclier humain en opérant depuis des mosquées, des écoles et des hôpitaux.

L’invitation d’Elghandour à prendre la parole a finalement été annulée, mais l’allégation a continué de se propager en ligne. Quelques jours plus tard, la chronique de Nicholas Kristof était publiée, exposant cette accusation à un public bien plus large, y compris à de nombreux lecteurs qui n’en avaient probablement jamais entendu parler auparavant, mais connaissaient la réputation du chroniqueur, récompensé pour ses reportages sur le Darfour, la traite des êtres humains ou la pauvreté mondiale.

Pour étayer sa chronique, Kristof citait notamment le rapport d’Euro-Med Human Rights Monitor ainsi qu’une publication de Shaiel Ben-Ephraim.

Même Hawley, pourtant habitué à observer la manière dont certains récits viraux gagnent en ampleur, s’est dit surpris par la rapidité avec laquelle cette accusation avait atteint des plateformes médiatiques grand public.

« Passer de comptes ouvertement anti-Israël directement au New York Times, c’est se demander comment un tel saut a pu se produire », a-t-il déclaré.

Pour certains critiques de la chronique de Kristof, cette trajectoire illustre précisément le fonctionnement d’un appareil de propagande pro-palestinien bien rodé.

Rami Elghandour s’exprimant lors d’un événement TEDx, en 2019. (Crédit : Capture d’écran/YouTube/TEDx Talks)

« Sa tentative d’introduire discrètement dans le journal, sous couvert d’une tribune d’opinion, ce sordide récit de “viols commis par des chiens”, provenant de sources supposément liées au Hamas, constitue une faillite majeure du contrôle éditorial », a écrit sur X Albert Aaron, un New-Yorkais juif pro-israélien annonçant résilier son abonnement au journal, dans un message représentatif des réactions indignées apparues en ligne.

Haviv Rettig Gur, analyste senior au Times of Israel, a lui aussi vivement critiqué la chronique dans une publication devenue virale.

« Kristof cite des personnes qui ont célébré le 7 octobre et veulent la destruction d’Israël, et qui sont prêtes à mentir pour atteindre cet objectif. Nous savons comment les mensonges dans cet article s’y sont glissés, d’où ils viennent et à quoi ils servent », a expliqué Haviv Rettig Gur, commentateur israélien et analyste senior au Times of Israel, dans une publication devenue virale où il décrivait son sentiment de soulagement face à ce qu’il considérait comme des mensonges évidents dans la chronique de Kristof. Faisant référence à l’un d’entre eux, il a déclaré : « Les chiens n’ont violé personne. »

Haviv Rettig Gur, analyste senior au Times of Israel (Crédit : Autorisation)

Des accusations selon lesquelles des chiens auraient été utilisés pour commettre des violences sexuelles ont déjà émergé dans d’autres contextes historiques impliquant des régimes autoritaires ou des figures associées à des actes de torture.

Le journaliste Lawrence Wright a notamment écrit  que des chiens auraient été utilisés pour violer des prisonniers en Égypte sous le régime renversé lors du Printemps arabe en 2011.

Ingrid Olderock, Allemande d’origine chilienne surnommée « la Dame aux chiens » a également été accusée d’avoir dressé des bergers allemands pour violer des dissidentes sous la dictature d’Augusto Pinochet au Chili.

La JTA avait par ailleurs rapporté dans les années 1980 des accusations selon lesquelles Klaus Barbie, chef de la Gestapo surnommé « le Boucher de Lyon », aurait dressé un chien pour violer des femmes.

Certains internautes favorables aux accusations visant Israël ont affirmé que ces précédents historiques rendaient crédibles les récits évoqués aujourd’hui.

« Des chiens ont été utilisés pour violer des humains pendant la Shoah. Je ne pensais pas que la propagande israélienne finirait par verser dans le négationnisme », a ainsi écrit le journaliste progressiste Ziad Jilani en réponse à un médecin juif qui avait déclaré : que « les chiens ne peuvent pas, anatomiquement, violer des humains. En tant que médecin, je voulais simplement le préciser. Pourquoi les antisémites sont-ils aussi stupides ? »

Les exemples liés au régime d’Augusto Pinochet et d’autres affaires alléguant des viols de femmes par des chiens ne sont pas pertinents dans le cas des prisonniers évoqués par Nicholas Kristof, a estimé le rabbin Natan Slifkin dans un essai publié mercredi sur Substack.

Slifkin dirige le Musée biblique d’histoire naturelle d’Israël et est connu pour ses travaux et sa passion pour la zoologie.

Le consensus parmi les spécialistes du comportement canin est que les chiens ne peuvent pas être dressés pour violer des hommes

« Sans entrer dans des détails macabres, il suffit de dire que les récits ne sont pas comparables », a écrit Slifkin. « Il existe des différences physiques entre hommes et femmes, ainsi que des différences physiques et comportementales entre des hommes et des chiens mâles, sans parler des circonstances et des descriptions différentes de chaque affaire. »

Évoquant également d’anciennes accusations selon lesquelles l’armée israélienne aurait dressé des requins ou des aigles pour surveiller ou attaquer des Palestiniens, il a ajouté que « le consensus parmi les spécialistes du comportement canin est que les chiens ne peuvent pas être dressés pour violer des hommes ».

James Crosby, l’expert canin interrogé par la Jewish Telegraphic Agency, a expliqué avoir connaissance de cas où des forces de sécurité ou des militaires avaient utilisé des chiens pour intimider des individus, citant notamment l’usage illégal de chiens à la prison d’Abu Ghraib en Irak.

Il a toutefois précisé n’avoir jamais rencontré, dans ses recherches, de cas documenté de chien violant un être humain. Tout en reconnaissant que des abus impliquant des chiens pourraient exister dans certaines prisons israéliennes, il a indiqué rester très sceptique quant aux accusations spécifiques de viol.

« Je serais davantage enclin à penser qu’il s’agit d’une forme d’intimidation ou de harcèlement », a déclaré Crosby, « plutôt que d’une utilisation littérale d’animaux pour commettre des agressions sexuelles contre des personnes. »

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