Selon un document du gouvernement, 650 jeunes vivent dans des avant-postes illégaux en Cisjordanie
Ces chiffres proviennent des fonds alloués par le ministère des Implantations aux "jeunes en situation de vulnérabilité" de Cisjordanie, qui octroient aux autorités des implantations 12 millions de shekels pour les jeunes des avant-postes
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Un document récemment publié par le ministère des Implantations et des Missions nationales a révélé que quelque 650 jeunes Israéliens vivent dans des avant-postes illégaux en Cisjordanie.
Ces chiffres proviennent d’un appel à candidatures publié par le ministère des Implantations le 27 mai dernier, qui explique aux conseils régionaux des implantations comment solliciter un financement du ministère dans le cadre d’un programme prétendument destiné à aider les jeunes Israéliens en situation de vulnérabilité vivant dans les avant-postes illégaux de Cisjordanie.
Pour l’organisation La Paix maintenant, qui milite contre les implantations et qui a découvert ce document, les fonds spécifiquement destinés aux résidents de ces avant-postes sont, en réalité, un outil supplémentaire permettant à l’État de financer ces projets illégaux.
Le financement public des avant-postes illégaux est extrêmement controversé, notamment en raison de l’implication massive et systématique des résidents de ces avant-postes dans des attaques et des actes de harcèlement visant les Palestiniens de la région, avec pour conséquence des morts, des blessés et le déplacement de plusieurs dizaines de communautés palestiniennes depuis l’entrée en fonction du gouvernement actuel, en décembre 2022.
Les critiques, notamment La Paix maintenant, affirment que ces violences s’inscrivent dans le cadre d’une campagne coordonnée dont l’objectif est de chasser les Palestiniens hors de la zone C de la Cisjordanie – une campagne largement soutenue et financée par l’État de multiples façons.
La majorité des 650 jeunes recensés par le ministère des Implantations comme vivant dans des avant-postes habitent très probablement dans les quelque 204 avant-postes agricoles illégaux disséminés à travers la Cisjordanie, parmi lesquels 130 ont été créés depuis l’entrée en fonction du gouvernement actuel, en décembre 2022.
Ces jeunes, souvent en décrochage scolaire, travaillent bénévolement dans ces fermes. Ils mènent régulièrement les moutons et les chèvres paître sur de vastes étendues de terre en Cisjordanie, dans des zones où ils cherchent délibérément à provoquer des affrontements avec les Palestiniens locaux.
Selon les responsables de La Paix maintenant qui ont découvert le document, les chiffres fournis indiquent que le nombre total d’habitants des avant-postes pourrait se situer entre 1 000 et 1 200 personnes.
Cette estimation repose sur le nombre total d’avant-postes agricoles et sur le fait que la plupart de ces avant-postes ne comptent généralement qu’un ou deux jeunes couples, accompagnés d’une poignée de jeunes.
La Paix maintenant estime en outre qu’en plus des 650 jeunes vivant dans des avant-postes reconnus et soutenus par les conseils régionaux des implantations, 100 autres jeunes habitent dans des avant-postes que ces conseils n’ont pas contribué à créer, notamment dans la zone B de la Cisjordanie, où la loi interdit aux Israéliens de s’installer.
Il est difficile d’obtenir des chiffres précis concernant le nombre de militants impliqués dans la création et la gestion des avant-postes agricoles. L’appel à candidatures du ministère des Implantations apparaît comme le seul document officiel publié par le gouvernement fournissant des indications sur le nombre d’habitants de ces lieux.
L’appel à candidatures du ministère des Implantations, lequel est dirigé par la ministre Orit Strouk, du parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit, présente en détail les différentes dotations budgétaires mises à la disposition des conseils régionaux des implantations pour aider les jeunes en décrochage scolaire et en « situation de vulnérabilité » en Cisjordanie.
Parmi les aides budgétaires disponibles, 5,5 millions de shekels sont destinés à la nourriture, aux vêtements et aux « dépenses courantes » des jeunes vivant dans les avant-postes.
Le document donne le nombre précis de jeunes habitant dans les avant-postes, classés par région municipale de Cisjordanie, permettant ainsi de déterminer le montant de l’enveloppe budgétaire allouée.
Aux termes de ce document, ce sont 225 jeunes qui vivent dans des avant-postes relevant de la compétence du conseil régional de Benjamin. Ils sont 129 dans le conseil régional de Samarie, 120 dans le conseil régional de la Vallée du Jourdain, 99 dans le conseil régional du Mont-Hébron et 84 dans le conseil régional du Gush Etzion.
Des fonds sont également mis à la disposition des conseils régionaux des implantations pour employer des « coordinateurs » et des conseillers – non officiels -, pour recruter des professionnels chargés de travailler auprès de ces jeunes, ainsi que pour acheter des véhicules 4×4 dans le cadre du programme, vraisemblablement pour pouvoir atteindre les avant-postes, qui sont souvent établis au sommet de collines dépourvues de routes d’accès goudronnées.
Le nombre d’avant-postes, de résidents et de militants a fait l’objet de nombreux débats, dans un contexte de violences graves émanant des avant-postes agricoles depuis trois ans, période durant laquelle le nombre de ces implantations illégales a explosé.
En décembre 2025, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait affirmé que les résidents d’implantations violents n’étaient en réalité que quelque 70 jeunes qui, d’après lui, n’étaient même pas originaires de Cisjordanie. Dimanche dernier, il a néanmoins revu ce chiffre à la hausse, faisant état de 150 « jeunes délinquants » qui auraient été « amenés en Cisjordanie ».
Le gouvernement lui-même finance les avant-postes agricoles illégaux par différents moyens, notamment en subventionnant certaines organisations qui fournissent de jeunes volontaires pour travailler dans ces avant-postes par l’intermédiaire du ministère de l’Agriculture.
Le ministère de l’Agriculture finance lui aussi les avant-postes agricoles illégaux, sous forme de subventions de pâturage accordées aux propriétaires d’exploitations agricoles.
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