Un plan contre les violences des extrémistes juifs en Cisjordanie discrètement approuvé ?
Le Premier ministre aurait qualifié le phénomène de "cancer" ; le gouvernement aurait gardé secrète cette décision — ainsi que les critiques acerbes de Netanyahu — pour des raisons politiques
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Le Conseil des ministres a approuvé en mars un plan qui vise à lutter contre les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantations à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie – mais ce plan, tout comme les critiques virulentes qui ont été faites par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’égard de ce phénomène, n’a pas été rendu public pour des raisons politiques, selon un reportage diffusé lundi.
Au cours des délibérations qui étaient consacrées à ce plan, Netanyahu a qualifié les violences perpétrées par les extrémistes juifs en Cisjordanie à un « cancer qui se métastase, » a rapporté la Treizième chaine, s’appuyant sur ce qu’elle a présenté comme le compte-rendu officiel de la discussion. Si ces propos devaient s’avérer être exacts, ils seraient parmi les plus virulents à avoir été prononcés par le Premier ministre sur le sujet.
Le Conseil des ministres aurait approuvé différentes mesures, avec notamment des sanctions financières à l’encontre des « jeunes des collines » – le surnom donné aux jeunes partisans violents du mouvement pro-implantations. Le titre qui a été donné au plan serait extrait du verset biblique « Éloigne-toi du mal et fais le bien » — la première partie signifiant l’élimination de la violence extrémiste, tandis que la seconde fait référence à l’expansion des implantations.
Les dispositions qui ont été approuvées par le gouvernement n’ont pas été rendues publiques pour des raisons politiques, Benjamin Netanyahu et d’autres ministres non identifiés souhaitant qu’ils restent secrets, a rapporté la Treizième chaîne, qui a cité des sources qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat.
Le chef du Shin Bet, David Zini, et d’autres responsables de la sécurité avaient insisté pour que cette décision soit prise et pour que les propos de Benjamin Netanyahu soient rendus publics, estimant que cela pourrait contribuer à endiguer les actes de violences – mais le Conseil des ministres s’y est opposé, a rapporté la chaîne.
Le reportage n’a pas précisé si le plan avait été mis en œuvre. Aucun chiffre susceptible d’indiquer si les attaques ont diminué depuis le mois de mars dernier n’a été publié – toutefois, les médias n’ont pas fait état d’un ralentissement notable de ce phénomène.
En réponse à ce reportage, le cabinet du Premier ministre a expliqué à la Treizième chaîne : « Le positionnement du Premier ministre est clairement établi : les crimes nationalistes en Judée-Samarie constituent un phénomène grave causé par une poignée d’individus qui portent un préjudice considérable à l’État d’Israël sur la scène internationale, et nous devons l’éradiquer à la source », a-t-il dit, utilisant le nom biblique qui est donné à la Cisjordanie.
« Ce phénomène est à l’origine d’une douleur immense chez les résidents des implantations de Judée-Samarie, qui sont des citoyens respectueux des lois, des gens qui défendent nos terres et qui servent héroïquement dans les rangs de l’armée israélienne », a ajouté le cabinet du Premier ministre, sans démentir le reportage qui a été diffusé par la Treizième chaîne.
Netanyahu avait affirmé, au mois de décembre 2025, que les partisans violents du mouvement pro-implantations ne représentaient qu’environ soixante-dix jeunes qui, selon lui, n’étaient même pas originaires de Cisjordanie. Toutefois, au début du mois de juillet, il a revu ce chiffre à la hausse, le portant à 150 « délinquants juvéniles » qui, selon lui, auraient été « amenés en Cisjordanie ».
Néanmoins, les militants sur le terrain ont établi que les auteurs de ces attaques étaient des Israéliens qui ont construit, au cours des trois dernières années et en nombre record, des avant-postes illégaux dans toute la Cisjordanie. Le gouvernement de Netanyahu a fourni un financement et une protection considérables à ces communautés sauvages, qui, selon les critiques, sont utilisées comme un outil pour déposséder les Palestiniens de leurs terres.
Israël est critiqué pour n’arrêter que rarement les auteurs des violences à l’encontre des Palestiniens – les mises en examen et les condamnations étant encore plus rares.
Les chiffres du Shin Bet qui ont été diffusés en début d’année ont révélé que trois fois plus de Palestiniens que de Juifs avaient été victimes d’attaques terroristes en Cisjordanie.
Tsahal a recensé 867 incidents de crimes à caractère nationaliste et de violences commises par des colons en 2025. Le total pour 2024 s’élevait à 682 incidents.
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