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Une ex-otage israélienne dit à l’ONU être la « preuve vivante » des violences sexuelles du Hamas

Lors de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme, Ilana Gritzewsky s'est adressée à la rapporteuse spéciale de l'ONU sur la violence à l'égard des femmes, qui a affirmé à tort qu'aucune enquête indépendante n'avait trouvé de preuves de viol pendant le 7-Octobre

Ilana Gritzewsky, ancienne otage du Hamas, a témoigné lundi devant la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, réunie à Genève, au sujet des violences sexuelles commises contre les otages enlevés lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023.

Au cours de son témoignage, Gritzewsky a accusé la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence à l’égard des femmes, Reem Alsalem, de nier l’existence de preuves attestant que de tels crimes contre les femmes ont bien eu lieu.

« Le 7-Octobre et en captivité, des femmes juives ont été violées, maltraitées et humiliées. Et vous, Madame la rapporteuse spéciale, vous choisissez le silence et le déni », a déclaré Gritzewsky au Palais des Nations, s’adressant à Alsalem, présente dans la salle.

« Vous affirmez qu’il n’y avait aucune preuve de violences sexuelles le 7-Octobre. Je me tiens ici, aujourd’hui, non pas en tant que rapport ni en tant que statistique; je suis une femme qui a survécu. Je suis la preuve vivante des violences sexuelles commises par le Hamas », a-t-elle poursuivi, expliquant qu’elle avait « supplié » ses geôliers de « ne pas la violer » pendant sa captivité.

En 2025, Alsalem avait affirmé à tort qu’aucune enquête indépendante n’avait établi que des viols avaient eu lieu le 7-Octobre, avaient suscité de vives réactions de la part des responsables israéliens et des organisations juives.

Cependant, une série d’enquêtes a mis en évidence des preuves selon lesquelles des terroristes palestiniens ont violé des Israéliens lors de l’assaut barbare et sanglant du sud d’Israël et pendant qu’ils étaient retenus en otage à Gaza, notamment un rapport de 2024 rédigé par Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles dans les conflits.

 

Le rapport de Patten indiquait qu’il existait des « motifs raisonnables » de croire que le Hamas avait commis des viols et des abus sexuels le 7-Octobre,et que les preuves indiquant que les otages enlevés ce jour-là avaient été violés et agressés sexuellement pendant leur captivité étaient encore plus solides.

Dans son témoignage devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Gritzewsky a raconté comment, le 7-Octobre, elle avait été « victime d’abus sexuels… battue et mutilée » par les terroristes envahisseurs.

« Je me suis réveillée, à moitié nue, avec sept terroristes penchés sur moi, sans savoir ce qui m’était arrivé au cours de ces derniers instants », a-t-elle raconté.

« J’ai vécu des jours de souffrance et d’horreur en captivité, et même aujourd’hui, le sentiment d’impuissance et d’avoir été violée me hante. »

« Je suis revenue avec une hanche cassée, une mâchoire fracturée et une âme meurtrie », a-t-elle poursuivi.

« Le traumatisme ne disparaît pas une fois que l’on est libérée. Aujourd’hui, chaque sirène d’alerte aérienne et chaque roquette tirée depuis l’Iran me replongent dans cet enfer. »

S’adressant directement à Alsalem, Gritzewsky a supplié la rapporteuse spéciale de « bien vouloir [la] regarder ».

« Nous croyez-vous maintenant ? », a-t-elle demandé.

Ilana Gritzewsky hurlant un message à l’attention de son partenaire, Matan Zangauker, retenu en otage, à proximité de la frontière israélienne avec Gaza, le 20 avril 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

« Allez-vous présenter vos excuses ? »

Gritzewsky a été invitée à témoigner devant le Conseil par UN Watch, une ONG pro-Israël qui surveille les activités de l’ONU.

Le directeur exécutif de l’organisation, Hillel Neuer, a déclaré au Times of Israel qu’il l’avait invitée à s’exprimer devant le Conseil, car Alsalem « ne participe à un débat qu’une fois par an – et il était essentiel d’inviter une survivante pour confronter cette négationniste invétérée à la vérité ».

Il a souligné que Gritzewsky avait pris la parole juste après qu’Alsalem eut présenté un rapport sur les violences contre les mères, dans lequel elle abordait la guerre de deux ans à Gaza, sans toutefois mentionner le 7-Octobre.

« Ilana a fait preuve d’un immense courage en prenant la parole aux Nations unies, en revivant les moments les plus traumatisants de sa captivité devant la responsable même qui avait nié les violences sexuelles qu’elle avait subies », a déclaré Neuer.

Gritzewsky avait également témoigné devant le Conseil de sécurité de l’ONU l’an dernier. Elle avait alors déclaré que ses geôliers l’avaient « agressée sexuellement », au point de lui faire perdre connaissance, et qu’elle avait dû leur dire qu’elle avait ses règles pour ne pas être violée.

D’autres anciens otages ont également témoigné par le passé avoir subi des agressions sexuelles de la part de leurs geôliers.

La première à avoir parlé fut Amit Soussana, qui a raconté au New York Times, en mars 2024, que son geôlier l’avait enchaînée dans l’obscurité et l’avait forcée à se livrer à des actes sexuels.

D’autres ont depuis témoigné de leur propre expérience, notamment Rom Braslavski, détenu par des terroristes du Jihad islamique palestinien, et Dafna Elyakim, âgée de 15 ans au moment de son enlèvement.

Il existe également des témoignages et des preuves de violences sexuelles commises à l’encontre de victimes assassinées le 7-Octobre.

Le Dinah Project, un groupe d’experts juridiques israéliens indépendants qui a publié l’an dernier un rapport sur les violences sexuelles du 7-Octobre, a déclaré qu’il existait des preuves de violences sexuelles « généralisées et systématiques » dans au moins six lieux ce jour-là.

Le groupe a indiqué disposer de témoignages de témoins, de premiers intervenants, de membres des forces de sécurité et de personnel des morgues, ainsi que de preuves visuelles et audio attestant d’au moins 15 cas d’agressions sexuelles ce jour-là.

Gritzewsky a été enlevée au kibboutz Nir Oz le 7-Octobre, en même temps que son compagnon, Matan Zangauker.

Au cours de l’assaut barbare et sanglant, ils ont sauté par la fenêtre du mamad de leur domicile et ont couru dans des directions opposées après que des terroristes palestiniens ont tiré sur leur porte. Gritzewsky a raconté que des terroristes armés l’avaient saisie et placée entre deux hommes à moto, tandis que sa tête et son visage étaient couverts. Ses ravisseurs lui ont ensuite confirmé que Zangauker avait également été pris en otage.

Gritzewsky a été relâchée en novembre 2023, après près de deux mois de captivité, et a rejoint Einav Zangauker, la mère de Matan, dans son combat sans relâche pour obtenir sa libération. Matan a finalement été libéré deux ans après son enlèvement, en octobre 2025.

En mai, le ministère des Affaires étrangères avait annoncé la rupture de ses relations avec le bureau du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, après l’inscription des forces de sécurité israéliennes sur la liste noire des entités faisant l’objet d’accusations crédibles de violences sexuelles dans des zones de guerre.

À l’époque, le ministère avait jugé « honteux et absurde » d’être inclus sur la même liste noire que le Hamas, qui y avait été ajouté l’année précédente.

L’édition 2026 du rapport du secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits, couvrant l’année 2025, indiquait que l’ONU avait vérifié treize cas de violences sexuelles commises par des soldats israéliens contre des Palestiniens en 2025, en plus des dix-huit cas recensés en 2023 et 2024.

Le rapport indiquait que parmi les victimes figuraient quatorze hommes, sept femmes, neuf garçons et une fille, tous originaires de Gaza et de Cisjordanie.

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