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Une ex-otage témoigne devant l’ONU des agressions sexuelles et de la faim

Tous les membres du Conseil de sécurité, excepté les États-Unis, dénoncent la "crise provoquée par l'homme" mettent en garde contre le recours à la famine comme arme de guerre.

Ilana Gritzewsky montrant au Conseil de sécurité des Nations unies une photo d'elle et de son partenaire, l'otage Matan Zangauker, le 27 août 2025. (Crédit : Perry Bindelglass/Mission israélienne auprès des Nations unies)
Ilana Gritzewsky montrant au Conseil de sécurité des Nations unies une photo d'elle et de son partenaire, l'otage Matan Zangauker, le 27 août 2025. (Crédit : Perry Bindelglass/Mission israélienne auprès des Nations unies)

L’ancienne otage Ilana Gritzewsky a témoigné mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a notamment raconté avoir été détenue pendant un certain temps à l’hôpital Nasser de Khan Younès, et avoir supplié ses geôliers de ne pas la violer. Elle a également décrit les conditions horribles qu’elle a endurées pendant ses 55 jours de captivité, notamment la famine et les coups.

« Sur le chemin de Gaza, alors qu’ils commençaient à me toucher et à abuser de moi sexuellement, je me suis évanouie, tant physiquement que mentalement. Je ne pouvais plus supporter cela », a-t-elle témoigné devant l’organe mondial, selon une transcription publiée par le Forum des familles des otages et disparus.

« J’ai dû les supplier de ne pas me violer, en leur disant que j’avais mes règles », a poursuivi Gritzewsky.

« Je ne savais pas exactement ce qui était fait à mon corps pendant toutes ces minutes où j’étais inconsciente. Mais mon âme le savait déjà : rien ne serait plus jamais pareil. J’avais une fracture de la mâchoire, une fracture du bassin, des lésions aux oreilles causées par les explosions et une brûlure à la jambe. »

Elle a également évoqué sa détention avec d’autres otages à l’hôpital Nasser. Une frappe israélienne survenue lundi, qui aurait fait 20 morts, dont cinq journalistes, selon le groupe terroriste palestinien du Hamas, a suscité une vague d’indignation dans le monde entier. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié cette attaque de « tragique accident ». L’armée israélienne a déclaré que la frappe visait une caméra de surveillance du Hamas, mais elle a souligné qu’elle regrettait les dommages causés à des civils non impliqués.

« Ils nous ont fait passer par l’entrée arrière devant tous les civils. Dans l’hôpital, il y avait une zone fermée et réservée à l’usage exclusif du Hamas, gardée par des hommes armés. Ils nous ont enfermés dans une pièce, où nous avons rencontré un troisième otage », a raconté Gritzewsky.

Le Conseil de sécurité des Nations unies tenant une réunion d’urgence sur la situation à Gaza, au siège des Nations unies, à New York, le 10 août 2025. (Crédit : John Lamparski/AFP)

Le même jour, tous les membres du Conseil de sécurité, à l’exception des États-Unis, ont dénoncé une « crise provoquée par l’homme » de famine à Gaza et ils ont averti que l’utilisation de la famine comme arme de guerre était interdite par le droit international humanitaire.

Dans une déclaration conjointe, les quatorze membres du Conseil ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent à Gaza, à la libération de tous les otages détenus par le Hamas et d’autres groupes terroristes, à une augmentation significative de l’aide dans toute la bande de Gaza, ainsi qu’à la levée immédiate et inconditionnelle par Israël de toutes les restrictions sur l’acheminement de l’aide.

Israël a réfuté les informations faisant état d’une famine et d’une insécurité alimentaire généralisées à Gaza et a récemment pris des mesures pour augmenter le flux d’aide humanitaire. Le pays a accusé l’ONU de retarder la distribution de l’aide et affirmé que le Hamas détournait les vivres.

Gritzewsky, qui a été kidnappée dans le kibboutz Nir Oz avec son compagnon Matan Zangauker, l’un des 50 otages toujours détenus par le Hamas à Gaza, a dit avoir perdu douze kilos pendant sa captivité à Gaza avant d’être relâchée lors d’un cessez-le-feu d’une semaine en novembre 2023.

L’ex-otage Ilana Gritzewsky s’exprimant sur la Place des otages, à Tel Aviv, le 19 avril 2025. (Crédit : Alon Gilboa/Forum des familles des otages et disparus)

« À l’heure des repas, ils emportaient beaucoup de nourriture dans leur chambre », a-t-elle déclaré.

« Ils avaient de la viande, du riz et des légumes. Et en même temps, ils nous donnaient notre repas, qui contenait parfois seulement dix pois chiches ou un morceau de pain plat sec, qui n’était pas toujours bien cuit. »

Elle a déclaré que ses geôliers, qui la soumettaient, ainsi que d’autres captifs, à des interrogatoires cruels. Ils n’étaient pas habillés en combattants du Hamas mais en civil. L’un d’entre eux prétendait être enseignant et l’autre avocat.

Elle a déjà évoqué ces détails par le passé et elle a demandé aux membres du Conseil d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour faire pression en faveur d’un accord mettant fin à la guerre et permettant la libération des otages.

« Ne détournez pas le regard. Ne cherchez pas d’excuses. Ne laissez pas les divisions politiques étouffer la voix des victimes. Utilisez votre influence, votre pouvoir et votre responsabilité pour exiger la libération inconditionnelle de tous les otages. Pas demain. Pas dans un avenir lointain. Mais maintenant. Nous devons conclure un accord. Les citoyens israéliens veulent que cette guerre prenne fin. »

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