Frappe meurtrière contre l’hôpital Nasser : Netanyahu exprime ses « profonds regrets »
Donald Trump, "mécontent", estime que le "cauchemar" à Gaza doit cesser ; le Premier ministre déplore un "tragique accident" ; Berlin demande une enquête ; Ankara parle d'une "attaque contre la liberté de la presse"
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Les frappes israéliennes contre un hôpital de Gaza, lundi, ont suscité de vives condamnations, tant de la part des alliés de l’État Juif que de ses détracteurs.
Ils ont exprimé leur horreur face au bilan de vingt morts qui a été signalé par l’Agence de défense civile de Gaza, une instance placée sous autorité du groupe terroriste palestinien du Hamas. Des secouristes qui tentaient d’évacuer les blessés, et cinq journalistes figurent parmi les victimes.
Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a exprimé ses profonds regrets face à ce qu’il a qualifié de « tragique accident ».
Interrogé par un journaliste dans le Bureau ovale sur sa réaction aux frappes sur l’hôpital Nasser de Khan Younès, le président américain Donald Trump a répondu qu’il n’en savait rien.
Pressé de donner une réponse, Trump a déclaré : « Je ne suis pas content. Je ne veux pas voir ça. »
« En même temps, nous devons mettre fin à tout ce cauchemar », a-t-il ajouté.
Des images ont montré des secouristes arrivés sur le site d’une première attaque, engloutis par la fumée et les débris, au moment où une deuxième frappe a eu lieu. Des témoins ont déclaré que des journalistes et d’autres personnes s’étaient également précipités sur les lieux de la première frappe.
Environ trois heures après les premiers signalements de cette attaque, l’armée israélienne a confirmé que ses troupes avaient frappé dans la région et elle a déclaré avoir ouvert une enquête.
Netanyahu a déclaré qu’Israël « regrettait profondément » cet incident, le qualifiant de « tragique accident ».
« Israël accorde de la valeur au travail des journalistes, du personnel soignant et de tous les civils. Les autorités militaires mènent une enquête approfondie », a-t-il déclaré dans un communiqué publié en anglais par son bureau et relayé sur le compte du réseau social X du bureau du Premier ministre.
Prime Minister’s Office Statement:
Israel deeply regrets the tragic mishap that occurred today at the Nasser Hospital in Gaza.
Israel values the work of journalists, medical staff, and all civilians.
— Prime Minister of Israel (@IsraeliPM) August 25, 2025
« Notre guerre est contre les terroristes du Hamas. Nos objectifs légitimes sont de vaincre le Hamas et de ramener nos otages chez eux », a-t-il ajouté.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a écrit sur X : « Horrifié par l’attaque israélienne contre l’hôpital Nasser. Les civils, le personnel soignant et les journalistes doivent être protégés. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat. »
Le ministère allemand des Affaires étrangères a écrit lundi sur X qu’il était choqué par les meurtres commis à l’hôpital, ajoutant que « l’attaque doit faire l’objet d’une enquête ».
Parallèlement, le président français Emmanuel Macron a qualifié ces frappes « d’intolérables ».
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a également condamné ces frappes.
« L’attaque israélienne d’aujourd’hui contre un hôpital à Gaza et contre des journalistes, les morts qu’elle a causées, la famine qu’elle a provoquée, tout cela constitue une violation extrêmement grave du droit international humanitaire », a écrit Albares dans un message rédigé en espagnol sur X, faisant référence aux allégations de famine généralisée à Gaza, qu’Israël rejette fermement.
« La guerre à Gaza doit cesser immédiatement. L’Espagne y travaille chaque jour », a ajouté le ministre.
En juin, Albares avait demandé au Conseil de l’Union européenne d’approuver la suspension immédiate du pacte régissant les relations entre le bloc des 27 et Israël, en raison de violations des droits humains à Gaza, et il avait déclaré qu’il demanderait également l’approbation d’un embargo sur les ventes d’armes à Israël ainsi que des sanctions à l’encontre des personnes s’opposant à la solution à deux États.
Le bureau de communication de la présidence turque a déclaré lundi que les frappes contre l’hôpital Nasser de Gaza constituaient « une attaque contre la liberté de la presse et un nouveau crime de guerre ».
« Israël, qui poursuit ses atrocités au mépris de tout principe humanitaire ou juridique, se berce de l’illusion qu’il peut empêcher la vérité d’être révélée par ses attaques systématiques contre les journalistes », a déclaré Burhanettin Duran, directeur de la communication, dans un message publié sur X.
Reporters sans frontières (RSF) classe la Turquie au 159ᵉ rang sur 180 pays en matière de liberté de la presse.
De hauts responsables des Nations unies ont également condamné ces frappes, insistant sur le fait que les journalistes et les hôpitaux ne devaient jamais être pris pour cible.
Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a fermement condamné ces frappes, a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric.
« Le secrétaire général rappelle que les civils, y compris le personnel soignant et les journalistes, doivent être respectés et protégés en toutes circonstances. Il demande une enquête rapide et impartiale sur ces meurtres », a déclaré Dujarric aux journalistes.
« Le meurtre de journalistes à Gaza devrait choquer le monde entier, non pas le plonger dans un silence stupéfait, mais le pousser à agir et à exiger que les responsables soient traduits en justice », a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), dans un communiqué, insistant sur le fait que « les journalistes ne sont pas une cible. Les hôpitaux ne sont pas une cible ».
Philippe Lazzarini, directeur de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), a également condamné ce qu’il a qualifié « d’inaction scandaleuse » de la communauté internationale face au conflit à Gaza.
Dans un message publié sur X, il a accusé Israël de « faire taire les dernières voix qui rapportent la mort silencieuse d’enfants victimes de la famine ».
#Gaza: more journalists killed today.
Silencing the last remaining voices reporting about children dying silently amid #famine .The world’s indifference & inaction is shocking.
Like Hannah Arendt said: “The death of human empathy is one of the earliest and most telling signs…
— Philippe Lazzarini (@UNLazzarini) August 25, 2025
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que 50 personnes avaient été blessées par ces frappes, dont des patients gravement malades qui avaient déjà été pris en charge.
« Alors que la population de Gaza est affamée, son accès déjà limité aux soins de santé est encore plus compromis par des attaques répétées », a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, sur X.
« Nous ne le dirons jamais assez fort : ARRÊTEZ les attaques contre les soins de santé. Cessez le feu immédiatement ! »
L’Association de la presse étrangère (FPA) s’est dite « indignée et sous le choc » par ces frappes.
« Un groupe de journalistes de plusieurs grands médias internationaux, dont Reuters, AP et Al-Jazeera, ont été tués ensemble lors de frappes militaires israéliennes », a déclaré la FPA, qui représente les journalistes travaillant pour les médias internationaux en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
« Il s’agit de l’une des attaques les plus meurtrières perpétrées par Israël contre des journalistes travaillant pour les médias internationaux depuis le début de la guerre à Gaza », a-t-elle ajouté.
« Ces frappes ont touché l’escalier extérieur de l’hôpital, où les journalistes se postent souvent avec leurs caméras », a poursuivi la FPA, en précisant qu’elles avaient eu lieu « sans avertissement ».
L’association exige des explications de la part de Tsahal et du cabinet du Premier ministre, ainsi que la fin de la « pratique odieuse consistant à prendre pour cible des journalistes ».
#Palestine????????: [UPDATE 25.08.2025] An Israeli airstrike on Nasser Hospital in Khan Yunis killed 4 journalists: Hossam Al-Masri of @Reuters, Mohammed Salama of @AlJazeera, Moaz Abu Taha of @NBCNews and Maryam Abu Deqa of @AP and Independent Arab. pic.twitter.com/OClwQ7HBBt
— IFJ (@IFJGlobal) August 25, 2025
« Cela dure depuis trop longtemps. Trop de journalistes ont été tués sans justification par Israël à Gaza », a-t-elle déclaré, lançant un appel aux dirigeants mondiaux : « Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour protéger nos collègues. Nous ne pouvons pas y arriver seuls. »
Israël, qui affirme n’avoir aucune politique visant les journalistes, a déclaré que certains des journalistes tués pendant la guerre étaient en réalité des terroristes. Dans certains cas, l’armée a fourni des documents saisis à Gaza dans lesquels des journalistes sont listés comme terroristes.
Les hôpitaux sont le théâtre de nombreux combats depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023, avec l’invasion, le massacre et la prise d’otages perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël.
En mars, Ismaïl Barhoum, un haut responsable du Hamas, a été tué lors d’une frappe contre l’hôpital Nasser. En mai, un journaliste gazaoui – et terroriste du Hamas -, a été éliminé lors d’une frappe contre le centre hospitalier de Khan Younès.
Selon Tsahal, le Hamas y a déjà retenu des otages.
L’hôpital Shifa, situé dans le nord de la bande de Gaza, a également été utilisé par le groupe terroriste pour retenir certains otages, ainsi que comme centre de commandement et de contrôle au début de la guerre. Il a été le théâtre de violents combats entre les terroristes du Hamas et les troupes de Tsahal.
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