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Washington pourrait renoncer au désarmement du Hamas pour lancer la reconstruction de Gaza – média

L'administration Trump préconiserait des "solutions provisoires inacceptables pour Israël" ; à l'approche du vote à l'ONU, Israël se dit prêt à accueillir des troupes étrangères ; Benjamin Netanyahu s'entretient avec Vladimir Poutine

Des Gazaouis nettoyant les rues de Gaza-City, le 15 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)
Des Gazaouis nettoyant les rues de Gaza-City, le 15 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Selon un reportage diffusé samedi à la télévision israélienne, l’administration Trump envisagerait de renoncer à la phase de son plan de paix prévoyant le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza afin de désarmer le groupe terroriste palestinien du Hamas, pour pouvoir commencer à reconstruire l’enclave.

Le cessez-le-feu actuel, en vigueur depuis le début du mois d’octobre, n’en est encore qu’à sa première phase, les pourparlers sur les étapes suivantes étant au point mort en raison de désaccords concernant les détails de la démilitarisation du Hamas et de la future gouvernance de la bande de Gaza.

Cependant, ce revirement potentiel de la Maison Blanche provoquerait une « impasse » dans les négociations avec Israël sur l’avenir de Gaza, a déclaré une source à la Treizième chaîne.

Une source israélienne de l’establishment de la sécurité a indiqué que, comme la Maison Blanche avait du mal à obtenir l’engagement de pays tiers à participer au désarmement du Hamas, elle avait commencé à rechercher des « solutions provisoires, qui sont actuellement inacceptables pour Israël ».

« Cette situation provisoire est la pire qui soit », a déclaré une source israélienne haut placée au média.

« Le Hamas s’est renforcé ces dernières semaines depuis la fin de la guerre. »

Le président américain Donald Trump s’adressant aux journalistes à bord de l’Air Force One, alors qu’il se rend à Palm Beach, en Floride, le 14 novembre 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)

« Il ne peut y avoir de réhabilitation avant la démilitarisation. Cela va à l’encontre du plan Trump. Gaza doit être démilitarisée », a déclaré un responsable de la sécurité.

Les États-Unis, garants de l’accord, font pression pour qu’une résolution soit votée lundi au Conseil de sécurité de l’ONU. Le Times of Israel a obtenu et vérifié le projet de résolution la semaine dernière. Ce projet reprenait l’intégralité du plan en vingt points du président américain Donald Trump, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait également approuvé lors d’une conférence de presse conjointe en septembre.

Le projet autorisait les États membres à « mettre en place une force internationale de stabilisation temporaire » et indique que son mandat se poursuivrait jusqu’en 2027. Les pays qui se sont dits prêts à fournir des troupes ont indiqué qu’ils auraient besoin d’une résolution de l’ONU consacrant l’ISF.

Selon un reportage diffusé samedi par la chaîne publique Kan, Israël a entamé ces derniers jours les premières préparations en vue de l’arrivée de milliers de soldats étrangers à Gaza, anticipant l’adoption de la résolution par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Des Gazaouis roulant sur une route boueuse après les premières pluies hivernales dans un camp de déplacés, à Gaza-City, le 14 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Selon le reportage, Israël souhaiterait que les forces étrangères se voient attribuer des pouvoirs étendus pour désarmer le Hamas, bien que la plupart des pays ayant manifesté leur intérêt pour participer à l’ISF aient déclaré qu’ils ne seraient pas disposés à imposer le désarmement des groupes terroristes dans la bande de Gaza et qu’ils n’agiraient qu’en tant que force de maintien de la paix.

Dans un communiqué conjoint préparé vendredi par les États-Unis, plusieurs pays œuvrant à la fin du conflit à Gaza ont exprimé leur soutien à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU présentée par Washington.

Soutenue par le Qatar, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Indonésie, le Pakistan, la Jordanie et la Turquie, cette déclaration souligne que ce processus « offre une voie vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien ».

Parallèlement, la Russie, membre du Conseil de sécurité disposant d’un droit de veto, a fait circuler un projet de résolution concurrent parmi les membres du Conseil. Ce projet n’autorise pas la création d’un organe international de surveillance de Gaza, le « Conseil de Paix », ni le déploiement immédiat d’une force internationale dans cette région, selon le texte consulté vendredi par l’AFP.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio (assis à la table, 3ᵉ à droite) s’exprimant lors d’une réunion ministérielle du Conseil de sécurité des Nations unies sur l’Ukraine, au siège de l’ONU, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)

La version russe salue « l’initiative qui a conduit au cessez-le-feu », sans toutefois mentionner Trump. Elle invite également le secrétaire général de l’ONU à présenter un rapport sur les possibilités de déploiement de l’ISF dans la bande de Gaza ravagée par la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Avant le vote, le président russe Vladimir Poutine et Netanyahu se sont entretenus par téléphone samedi soir, a indiqué le Kremlin, ajoutant que les deux hommes avaient discuté de la situation au Moyen-Orient, notamment des développements à Gaza, du programme nucléaire iranien et de la Syrie.

Selon le communiqué israélien, c’est Poutine qui a pris l’initiative de cet appel.

Selon le bureau de Netanyahu, cet appel était le dernier d’une série de conversations récentes. Ces appels « portaient sur des questions régionales », a ajouté le bureau du Premier ministre, sans fournir davantage de détails.

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