Après un accord sur les avantages pour les réservistes, Smotrich renoue avec la coalition
L'accord conclu avec Benjamin Netanyahu permettra de soumettre le texte sur les indemnités au vote final ; les combattants percevant de faibles salaires recevront environ 3 000 shekels
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Le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont annoncé un compromis sur un projet de loi accordant des avantages fiscaux aux réservistes de l’armée israélienne, mettant ainsi fin à un boycott législatif de près d’une semaine mené par le parti de Smotrich, HaTzionout HaDatit.
Dans un communiqué conjoint publié mardi soir avec le président de la commission des Finances, Hanoch Milwidsky, ils ont déclaré qu’à la suite d’une réunion avec le chef de file de la coalition, Ofir Katz, et le secrétaire du cabinet, Yossi Fuchs, un accord avait été conclu afin que le projet de loi passe les deux dernières lectures nécessaires pour être adopté la semaine prochaine.
« Une clause sera ajoutée au projet de loi pour fixer l’indemnisation à environ 3 000 shekels pour les soldats réservistes combattants percevant de faibles salaires, à compter de 2026 », indique le communiqué.
« Du fait de cet accord, le parti HaTzionout HaDatit reprendra ses votes avec la coalition. »
Le nouveau texte du projet de loi n’ayant pas encore été publié, les détails exacts de ces paiements restent flous.
Mercredi dernier, Smotrich avait annoncé que son parti cesserait de voter avec la coalition jusqu’à ce que la Knesset adopte la loi accordant des crédits d’impôt aux réservistes de Tsahal.
« Les réservistes passent avant tout. L’État d’Israël leur doit tout, et cela doit l’emporter sur toute considération politique. Aucun député n’a le droit de nuire aux réservistes », avait-il déclaré.
Sous Smotrich, le gouvernement a alloué 20 milliards de shekels aux réservistes, notamment sous la forme d’un crédit d’impôt sur le revenu pouvant atteindre 1 000 shekels par mois, de subventions pour les étudiants réservistes et d’autres avantages connexes.
Ces avantages fiscaux avaient été approuvés par le gouvernement en août et le projet de loi avait franchi la première des trois lectures nécessaires pour entrer en vigueur, mais il est depuis bloqué au sein de la commission des Finances de la Knesset.
Si elle est adoptée, cette loi accordera aux réservistes des crédits d’impôt sur le revenu selon un barème progressif basé sur le nombre de jours de service. Les réservistes bénéficieront d’avantages supplémentaires en fonction de la durée de leur service et du nombre d’enfants à leur charge.
Cependant, le président de la commission des Finances, Milwidsky, s’était plaint des disparités économiques importantes contenues dans le projet de loi, affirmant qu’il était discriminatoire envers les personnes à faibles revenus.
« Je suis vraiment désolé, mais je ne peux m’empêcher de penser que le bureau du ministre des Finances se soucie davantage de son image dans les médias – en donnant l’impression qu’il soutient les réservistes et qu’il agit – alors qu’en réalité, lorsqu’il s’agit de passer à l’action, il ne fait pas grand-chose », avait-il déclaré à la commission le mois dernier.
Milwidsky affirmait en substance que « les crédits d’impôt, qui sont un outil régressif, créent en réalité une discrimination entre les personnes à revenus élevés et celles qui paient peu ou pas d’impôts » et que, dans l’état actuel des choses, « plus vous gagnez, plus vous bénéficiez d’avantages », a déclaré Vladimir Beliak (Yesh Atid), membre de la commission, au Times of Israel la semaine dernière.
En réponse à la menace proférée par Smotrich la semaine dernière, le chef de file de la coalition Katz a déclaré que « le projet de loi, dans sa forme actuelle, discrimine considérablement de nombreux réservistes, en particulier les étudiants et les personnes à faibles revenus, qui ne pourront pas bénéficier de cet avantage ».
Les réservistes se sont plaints à de multiples reprises du fardeau personnel et financier que représente leur service prolongé depuis le 7 octobre 2023, évoquant des mariages brisés, des entreprises ruinées et d’autres difficultés.
Selon le Bureau central des statistiques (CBS), 73 % des conjoints de réservistes exerçant une activité indépendante ont déclaré avoir subi un préjudice économique. Un tiers des épouses de réservistes de Tsahal ont envisagé de divorcer ou de se séparer depuis le début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, en octobre 2023.
Dans un rapport cinglant publié mardi dernier, le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, a notamment reproché à Smotrich de ne pas avoir suffisamment préparé le pays à faire face à de futures situations d’urgence après la pandémie de COVID-19, ce qui aurait permis de mieux protéger l’économie pendant la guerre contre le Hamas à Gaza.
Ce boycott fait suite à un différend entre Smotrich et l’armée au sujet du budget 2026. Smotrich accuse l’armée de détourner les fonds considérables qui lui sont alloués en temps de guerre et de mobiliser inutilement des réservistes pour des tâches non essentielles.
Mardi, le directeur du ministère de la Défense, Amir Baram, a accusé le Trésor de « retarder la signature de dizaines d’accords cruciaux qui affectent la sécurité fondamentale », alors que les deux institutions continuent de s’affronter au sujet du budget israélien.
« Le ministère des Finances freine le ministère de la Défense et retarde la signature de dizaines d’accords cruciaux d’une valeur de plusieurs milliards de shekels, notamment pour l’achat de munitions, de pièces détachées pour les chars, de drones pour les unités de combat, de systèmes de protection pour les communautés situées le long des frontières libanaise et gazaouie, et bien d’autres choses encore », a-t-il déclaré.
À ce jour, la guerre, qui dure depuis deux ans a coûté 250 milliards de shekels à l’économie, dont 180 milliards de shekels en coûts directs pour les besoins de défense et de sécurité, selon Smotrich. Le budget de la défense de cette année s’élève déjà à 163 milliards de shekels et devrait atteindre environ 90 milliards de shekels en 2026, soit 4,5 % du PIB, d’après le ministre des Finances.
Selon le calendrier présenté par le ministère des Finances, le budget 2026 sera soumis à l’approbation du gouvernement le 4 décembre. Il sera ensuite soumis à la Knesset pour une première lecture début janvier, puis pour une deuxième et une troisième lecture en mars. Selon la loi, le budget doit être adopté avant la fin du mois de mars, faute de quoi de nouvelles élections législatives seront déclenchées.
Sharon Wrobel et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.
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