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Des conseillers de Trump s’expriment sur le plan du président pour Gaza

Restitution des dépouilles d'otages, rôle de l'Autorité palestinienne dans l'enclave, désarmement du Hamas et qules pays impliqués dans le processus post-Hamas ont été notamment abordés

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des membres des forces de sécurité internes fidèles au Hamas déployés dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, alors que les personnes déplacées regagnent Gaza-City, le 12 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)
Des membres des forces de sécurité internes fidèles au Hamas déployés dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, alors que les personnes déplacées regagnent Gaza-City, le 12 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Les États-Unis ont démenti mercredi que le Hamas avait violé l’accord de cessez-le-feu avec Israël. Ils ont insisté sur le fait que le processus prolongé de restitution des corps des otages détenus à Gaza était prévisible compte tenu des conditions sur le terrain.

« Nous avons entendu beaucoup de gens dire : ‘Le Hamas a violé l’accord, car tous les corps n’ont pas été restitués.’ L’accord que nous avons conclu avec eux prévoyait la libération de tous les otages encore en vie, ce qu’ils ont respecté », a expliqué l’un des principaux conseillers du président américain Donald Trump lors d’une conférence de presse.

Le premier conseiller de Trump a été rejoint par un deuxième conseiller de haut rang pour une réunion d’information portant sur divers sujets liés à la mise en œuvre des éléments du plan Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza.

En plus de soutenir les efforts du Hamas pour récupérer les corps encore retenus à Gaza, les conseillers de Trump ont révélé que les États-Unis collaborent avec Israël pour établir une zone de sécurité dans les zones de Gaza encore sous le contrôle de l’armée israélienne, vers laquelle les civils gazaouis craignant les représailles du Hamas pourraient fuir.

Ils ont reconnu que la démilitarisation de la bande de Gaza serait complexe, mais ont exprimé l’espoir que le redéveloppement de Gaza serait facilité si l’on limitait celui-ci aux zones exemptes de la présence du Hamas.

Les deux conseillers ont indiqué que de nombreux pays avaient proposé de contribuer à la Force internationale de stabilisation (ISF) qui devrait assurer la sécurité de Gaza à la place d’Israël pendant la période de transition d’après-guerre, conformément au plan en vingt points de Trump.

Une affiche montrant le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le président américain Donald Trump, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff et Jared Kushner, dans le contexte du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, à Tel Aviv, le 12 octobre 2025. (Crédit : Hannah McKay/Reuters)

Les conseillers de Trump ont souligné que les Gazaouis ne seraient pas contraints de quitter l’enclave pendant sa reconstruction, marquant ainsi un revirement notable par rapport à la position initiale de l’administration lors du retour de Trump au pouvoir. À l’époque, ils affirmaient que Gaza était inhabitable et que ses habitants devraient donc la quitter, tandis que les États-Unis prendraient le contrôle de l’enclave pour la transformer en « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».

Les deux hommes ont conclu la conférence de presse en détaillant les efforts déployés pour recruter des Palestiniens qui participeraient au gouvernement technocratique de transition qui administrera Gaza après la guerre. Ils ont critiqué l’Autorité palestinienne (AP) tout en plaidant en faveur d’un recours aux Palestiniens vivant à l’étranger, tout en reportant les discussions sur la création d’un État palestinien, même si le plan Trump ouvre la voie à une telle issue.

États-Unis : « Nous ne laisserons aucun corps derrière nous, Israël a tort de blâmer le Hamas »

Le début de la conférence de presse a été consacré aux dernières nouvelles concernant la récupération des corps des otages. Israël affirme que le Hamas viole le cessez-le-feu signé la semaine dernière, car le document accordait au groupe terroriste 72 heures pour restituer les vingt derniers otages vivants et les dépouilles des vingt-huit otages morts.

Bien que le délai fixé pour l’accord s’applique également aux corps, le texte semble indiquer que le Hamas pourrait avoir besoin de plus de temps pour tous les localiser. Il prévoit la mise en place d’une force opérationnelle conjointe par les médiateurs pour aider à localiser les dépouilles qui n’auront pas été restituées dans les 72 heures. Il exige également que le Hamas « fasse tout son possible pour que ces conditions soient remplies dans les meilleurs délais ».

L’accord du 9 octobre exige que le Hamas relâche « tous les otages israéliens, vivants et morts » dans les 72 heures suivant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Ce délai est expiré depuis le 13 octobre à 12 h 00. Cependant, des clauses annexes de cet accord stipulent également que, dans les 72 heures, le Hamas doit remettre les dépouilles des otages morts en sa possession ainsi que celles détenues par les factions palestiniennes à Gaza. Le Hamas s’engage également à communiquer, dans les 72 heures, toutes les informations qu’il a obtenues concernant les otages morts restants, par le biais d’un « mécanisme de partage d’informations ».

« À l’heure actuelle, nous avons mis en place un mécanisme dans le cadre duquel nous travaillons en étroite collaboration avec des médiateurs… afin de faire tout notre possible pour récupérer le plus grand nombre de corps possible », a déclaré, sous couvert d’anonymat, le premier conseiller de Trump lors de la conférence de presse.

« Nous continuons à fournir [aux médiateurs] des renseignements [sur l’endroit où les corps pourraient se trouver], et nous continuerons à travailler de bonne foi jusqu’à ce que ce mécanisme soit épuisé. »

Un terroriste portant l’uniforme des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, montant la garde alors que des véhicules de la Croix-Rouge transportant prétendument les cercueils contenant les corps de quatre otages décédés quittent un entrepôt pour Israël, à Gaza-City, le 14 octobre 2025. (Crédit : Yousef Al Zanoun/AP)

Le deuxième conseiller de Trump présent à la réunion, qui s’exprimait également sous couvert d’anonymat, a déclaré : « Le Hamas a pris la bonne décision en libérant les vingt otages vivants simultanément. C’était un moment important. »

Le conseiller de haut rang a ajouté que le Hamas n’avait pu commencer à récupérer les corps qu’une fois le cessez-le-feu entré en vigueur, car Gaza était une zone de guerre active jusqu’à vendredi midi.

Selon lui, la quantité de débris à Gaza est bien supérieure à celle laissée après l’attentat du 11 septembre contre le World Trade Center.

« Au-dessus de tous ces débris se trouvent de nombreux engins non explosés, et l’on peut supposer que, sous les débris… se trouvent de nombreux corps. »

« Il aurait été pratiquement impossible pour le Hamas, même s’il savait où se trouvaient les 28 corps, de se mobiliser et de tous les récupérer », a-t-il ajouté.

« D’abord, nous en avons eu trois. Puis quatre. Puis quatre autres », a déclaré le deuxième conseiller, citant des chiffres erronés concernant le nombre de corps restitués par le Hamas. Quatre corps ont été remis lundi et mardi, mais l’un d’entre eux a ensuite été identifié comme étant celui d’un Gazaoui. Seuls deux corps ont été restitués mercredi, et non quatre.

« Nous allons probablement mettre en place un programme dans le cadre duquel nous demanderons [aux Gazaouis] s’ils peuvent nous aider à localiser des corps, et nous récompenserons ce type de comportement positif », a révélé le deuxième conseiller.

Il a ajouté que les États-Unis étaient en contact avec la Turquie, disposée à envoyer des experts pour aider à récupérer les corps, car elle a acquis une certaine expérience lors d’opérations de secours après des tremblements de terre. On ignore toutefois si Israël acceptera cette aide, compte tenu des tensions entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

La famille et les amis du capitaine Daniel Perez, soldat israélien pris en otage et assassiné, assistant à ses funérailles, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 15 octobre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« En Israël, on considère toujours que [le Hamas] peut faire davantage. Ce que nous disons en substance à la partie israélienne, c’est : ‘Donnez-nous toutes les informations dont vous disposez… Si vous pensez que [les médiateurs ou le Hamas] pourraient ou devraient faire quelque chose qu’ils ne font pas, dites-le-nous et nous leur transmettrons’ », a déclaré le premier conseiller.

Tout en reconnaissant la complexité de la tâche, le deuxième conseiller de Trump a souligné que les États-Unis s’engageaient à récupérer tous les corps d’otages encore détenus à Gaza, parmi lesquels figurent les citoyens américains Itay Chen et Omer Neutra, comme l’a indiqué mercredi l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee.

« Nous ne partirons pas d’ici tant que tout le monde ne sera pas rentré… Personne ne sera abandonné là-bas », a-t-il affirmé.

Trump a indiqué mercredi matin qu’il irait jusqu’à autoriser Israël à reprendre les combats à Gaza si le Hamas ne respectait pas les termes de l’accord conclu la semaine dernière.

« Israël reviendra dans ces rues [de Gaza] dès que j’en donnerai l’ordre », a déclaré Trump lors d’un entretien téléphonique avec CNN.

« Si Israël pouvait intervenir et leur mettre une raclée, ils le feraient. »

Tout en reconnaissant que le Hamas devait encore restituer la plupart des otages morts détenus à Gaza avant l’entrée en vigueur de l’accord, il a ajouté : « Il était primordial de faire sortir ces vingt otages [vivants]. »

Interrogé sur ses efforts pour convaincre Netanyahu d’accepter cet accord de cessez-le-feu à Gaza, Trump a répondu : « J’ai dû les retenir… Je me suis disputé avec Bibi. »

Des Gazaouis attendant de recevoir des portions alimentaires offertes par une cantine caritative, dans le camp de réfugiés de Nuseirat, situé dans le centre de la bande de Gaza, le 15 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Trump a également assuré, peu après la restitution des corps d’Inbar Haïman et du sergent-major Muhammad el-Atrash, mercredi, que le Hamas était à la recherche des autres otages morts.

« C’est un processus horrible… Ils creusent et découvrent de nombreux corps. Ils doivent ensuite les trier » a-t-il déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale.

« Certains de ces corps sont là depuis longtemps, et certains ensevelis sous les décombres. Il faut déblayer les décombres », a-t-il poursuivi.

« Certains se trouvent dans des tunnels… profondément enfouis sous terre. »

Montage photos (de gauche à droite) : Les otages Inbar Haïman et le sergent-major Muhammad el-Atrash, dont les corps ont été rendus par le Hamas tard dans la soirée du 15 octobre 2025. (Crédits : Autorisation)

Des zones sécurisées dans les régions contrôlées par Tsahal pour les Gazaouis fuyant le Hamas

Les conseillers de Trump ont également expliqué que les États-Unis travaillaient avec Israël pour mettre en place une zone sécurisée à l’intérieur des parties de Gaza contrôlées par Tsahal, afin d’accueillir les Gazaouis fuyant le Hamas.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réponse américaine aux exécutions sommaires menées par le Hamas depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu la semaine dernière contre des dizaines de Gazaouis appartenant à des gangs rivaux et ceux qu’il accuse de collaborer avec Israël. Trump a d’abord justifié ces exécutions en affirmant que les victimes étaient membres de « gangs très dangereux », mais il a depuis légèrement assoupli sa position et déclaré qu’il examinait la question plus en détail. Le commandant des forces américaines au Moyen-Orient Brad Cooper a adopté une ligne plus dure, publiant une déclaration exigeant que le Hamas cesse de prendre pour cible « des civils palestiniens innocents ».

Se prononçant sur cette question lors de la conférence de presse, le premier conseiller de Trump a déclaré : « Les États-Unis collaborent avec Israël pour tenter de créer une zone de sécurité derrière la Ligne jaune, afin que les personnes qui se sentent menacées puissent s’y réfugier. »

Des Gazaouis accusés de collaboration avec Israël, les yeux bandés quelques instants avant leur exécution par des terroristes armés du Hamas, dans une rue de Gaza-City, le 13 octobre 2025. (Crédit : Capture d’écran/X)

La « Ligne jaune » désigne la frontière à l’intérieur de Gaza vers laquelle l’armée israélienne s’est retirée lors de la mise en œuvre du cessez-le-feu, réduisant ainsi légèrement son contrôle sur Gaza à 53 % du territoire.

« Cette décision fait suite aux informations selon lesquelles le Hamas exécute ses rivaux », a expliqué le premier conseiller, saluant la volonté d’Israël de coopérer à cet effort.

« Israël fait de gros efforts pour accueillir, protéger et aider ceux qui souhaitent vivre en paix côte à côte, renoncer au Hamas et choisir une autre voie », a-t-il ajouté.

Aucun calendrier n’a été communiqué concernant la date de sa mise en œuvre et Israël n’a pas encore confirmé publiquement y adhérer.

La reconstruction, un levier pour la démilitarisation

Interrogé sur la démilitarisation de Gaza, le premier conseiller de Trump a répondu : « Il n’est pas réaliste de penser qu’ils vont tous débarquer, déposer leurs armes et dire : ‘Voilà, c’est fait.’ »

« Beaucoup, même du côté du Hamas, craignent les représailles d’autres personnes à Gaza. La dynamique est donc très complexe », a-t-il poursuivi.

« Mais les médiateurs arabes et nous-mêmes sommes d’avis qu’ils souhaitent continuer à travailler ensemble pour trouver un moyen d’y parvenir », a ajouté le premier conseiller.

Un membre des forces de sécurité intérieure fidèles au groupe palestinien Hamas saluant de jeunes passants dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 12 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

« Nous travaillons tous en étroite collaboration, de manière créative et dynamique, afin de trouver une solution qui satisfasse les objectifs de chacun. »

Il a toutefois ajouté que tous les médiateurs s’accordaient à dire « qu’aucun fonds destiné à la reconstruction ne serait versé aux zones contrôlées par le Hamas ».

« Les zones exemptes du Hamas et du terrorisme seront reconstruites en priorité et pourront, espérons-le, servir d’exemple pour l’ensemble du territoire si ce plan est couronné de succès.»

« Nous saurons dans les prochaines semaines si nous avons élaboré le plan adéquat pour démilitariser Gaza », a souligné le premier conseiller de Trump.

« Si le Hamas tentait de se reconstituer de manière à représenter une menace à long terme pour Israël, cela constituerait une violation de l’accord. Mais nous n’en sommes pas encore au point où quelqu’un estime que l’accord a été violé », a-t-il ajouté.

« Personne ne force les Gazaouis à partir »

Le plan Trump stipule explicitement que les Gazaouis seront encouragés à rester dans l’enclave, pour autant les journalistes n’ont cessé de demander si certains seraient contraints de partir.

En février, le président américain avait proposé que les États-Unis prennent le contrôle de Gaza et relocalisent de manière permanente l’ensemble de sa population. Cette idée avait été saluée en Israël, mais avait été massivement rejetée par le reste de la communauté internationale. Trump avait finalement abandonné cette initiative.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff (2ᵉ à gauche) et l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee (3ᵉ à gauche) visitant un site de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza, le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Mike Huckabee/X)

Cette proposition avait été dévoilée peu après la visite de l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, à Gaza, qui avait alors estimé que l’enclave était dans une large mesure inhabitable, car truffée de munitions non explosées.

Mais, lors du briefing mercredi, le deuxième conseiller de Trump a indiqué que Washington avait complètement changé d’avis sur ce point.

« Ce sont des gens coriaces. Ils ont traversé beaucoup d’épreuves et semblent résilients. Ils reviennent chez eux et installent des tentes. Les gens sont très attachés à l’endroit où ils vivent. C’est remarquable à voir », a-t-il souligné.

« Même si certains habitants de Gaza ont quitté la région en raison des conditions de vie difficiles… Personne ne les oblige à partir », a ajouté le premier conseiller de Trump.

La diaspora palestinienne, et non l’AP « corrompue », devrait gouverner Gaza après la guerre

Le plan Trump prévoit que le Hamas sera remplacé dans son rôle d’administrateur de Gaza par un comité de transition composé de technocrates palestiniens.

Le premier conseiller de Trump a expliqué que les États-Unis s’efforcent actuellement de constituer ce comité. Il a toutefois précisé que Washington accordait la priorité à la résolution des conflits, au renforcement de l’aide humanitaire, à la récupération des dépouilles des derniers otages et à la démilitarisation de la bande de Gaza.

Néanmoins, certains individus ont entre-temps manifesté leur intérêt à rejoindre le gouvernement technocratique, car ils se rendent compte que « le Hamas est plus faible que jamais ».

Le président américain Donald Trump (à gauche) saluant le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d’un sommet sur Gaza, à Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/POOL/AFP)

Selon les deux conseillers de Trump, un certain nombre de candidats à ce « gouvernement technocratique » sont issus de la diaspora palestinienne.

« Certains Palestiniens ont déclaré que vivre en Cisjordanie sous le régime de l’Autorité palestinienne revenait à vivre sous la coupe de la mafia, et beaucoup de ceux qui aspiraient à une vie meilleure ont dû partir, car ce n’est pas un endroit fonctionnel à cet égard. Et bien sûr, Gaza était contrôlée par une organisation terroriste », a expliqué le premier conseiller.

Il s’agissait d’une critique étonnamment cinglante à l’égard de Ramallah, quelques jours seulement après que Washington a accepté d’inclure le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, au sommet de Gaza qui s’est tenu à Charm el-Cheikh en début de semaine. Lors de ce sommet, Trump a été vu en train de serrer chaleureusement Abbas dans ses bras lors d’une séance photo.

« Il y a beaucoup de Palestiniens de la diaspora qui ont connu un succès incroyable et qui souhaitent vraiment voir la souffrance de leur peuple prendre fin. Ils ont pris contact pour essayer de faire partie [du gouvernement technocratique] », a déclaré le premier conseiller de Trump.

Le président américain Donald Trump (à droite) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu participant à une conférence de presse dans la salle de réception de la Maison Blanche, à Washington, le 29 septembre 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)

« C’est la première fois qu’ils croient qu’il pourrait y avoir une nouvelle alternative à l’Autorité palestinienne et au Hamas, qui permettrait enfin au peuple palestinien de se libérer de la situation difficile dans laquelle il se trouve, principalement due à un mauvais leadership et à de mauvaises décisions », a-t-il ajouté.

Ce rejet tant de l’AP que du Hamas était particulièrement similaire à la position de Netanyahu, qui a à maintes reprises exclu tout rôle pour Ramallah dans la gestion de Gaza après la guerre.

Le plan en vingt points de Trump offre effectivement à l’AP la possibilité de s’implanter à Gaza, à condition qu’elle mette en œuvre un « programme de réformes ». Les États arabes ont également incité Ramallah à entreprendre des réformes, mais ont fait valoir qu’elle avait déjà commencé, notamment en mettant fin à son système « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), qui consiste à verser des sommes d’argent aux terroristes palestiniens et à leurs familles par l’AP. Ces pays ont insisté pour que l’AP soit clairement associée au gouvernement technocratique palestinien qui sera bientôt formé, afin que la transition vers un gouvernement palestinien unifié pour la Cisjordanie et Gaza se fasse en douceur, et que les conditions d’une solution à deux États avec Israël soient ainsi accélérées.

Le « Conseil de Paix », un organe international de surveillance de Gaza présidé par Trump, qui supervisera le gouvernement technocratique, déterminera en dernier ressort qui siègera au sein de ce dernier, a déclaré le premier conseiller du président. Cependant, cet organe de surveillance n’a pas encore été constitué.

« Ce pourrait être très fructueux si nous trouvions les bons dirigeants, animés par de bonnes intentions, et qui tentent de créer un nouveau système, à l’opposé des anciens systèmes clientélistes et corrompus qui ont échoué », a-t-il ajouté.

Report de la discussion sur la création d’un État palestinien

Quant à savoir si le gouvernement de transition mènera à l’autodétermination palestinienne, les conseillers de Trump ont préféré ne pas s’étendre.

« L’objectif ici est d’éviter de s’enliser dans les débats traditionnels sur la souveraineté, l’État, la gouvernance et le statut d’État », a déclaré le premier conseiller.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff (3ᵉ à partir de la gauche), le président américain Donald Trump (4ᵉ à partir de la gauche) et l’ancien conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner (2ᵉ à partir de la droite) assistant à la finale de l’US Open au USTA Billie Jean King National Tennis Center, à New York, le 7 septembre 2025. (Crédit : Al Bello/Getty Images/AFP)

« Faisons en sorte que cet endroit soit fonctionnel… Nous essayons d’éviter les jeux diplomatiques dépassés qui n’ont pas permis d’améliorer la vie du peuple palestinien. »

« Le président Trump estime que la véritable paix passe par la résolution des problèmes importants, à savoir la sécurité et les opportunités économiques… Bien d’autres points pourraient faire l’objet d’un accord à l’avenir », a-t-il déclaré.

Cependant, le texte du plan en vingt points de Trump est en réalité plus catégorique sur la question de la création d’un État palestinien.

« À mesure que la reconstruction de Gaza progresse et que le programme de réforme [de l’Autorité palestinienne] est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien, ce que nous reconnaissons comme étant l’aspiration du peuple palestinien », stipule le 19ᵉ point.

Le 20ᵉ point stipule que « les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de convenir d’un horizon politique pour une coexistence pacifique et prospère ».

Cependant, il semble que ces deux derniers points aient été essentiellement inclus pour apaiser les partenaires arabes, qui ont conditionné leur soutien au plan à la mise en place d’une solution à deux États. Ils affirment que l’absence de progrès en matière de droits politiques palestiniens conduira à une recrudescence de la violence.

Laissant entendre une fois de plus que les États-Unis pourraient ne pas soutenir ces deux points, Trump a déclaré mercredi aux journalistes que son plan ne se prononçait pas sur la question d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

« Beaucoup de gens préfèrent la solution à un seul État. D’autres préfèrent la solution à deux États. Nous verrons bien. Je ne me suis pas prononcé sur la question… Au moment voulu, j’opterai pour la solution qui me semblera juste, mais je le ferai en coordination avec les autres États », a expliqué le président.

Des Gazaouis passant devant un bâtiment détruit dans un marché improvisé du camp de réfugiés de Nuseirat, situé dans le centre de la bande de Gaza, le 15 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

« De nombreux pays ont manifesté leur intérêt pour rejoindre l’ISF »

La force internationale de stabilisation travaillera aux côtés du gouvernement technocratique palestinien. Le plan Trump prévoit que l’ISF remplacera progressivement Tsahal à Gaza.

« De nombreux pays ont manifesté leur intérêt pour rejoindre l’ISF. Il y a notamment l’Indonésie. De nombreux pays arabes et musulmans. Les Émirats sont en pourparlers avec nous. L’Égypte aussi, bien sûr. Je pense que le Qatar est également en discussion avec nous. L’Azerbaïdjan aussi », a indiqué le deuxième conseiller de Trump.

Reste à savoir si l’un de ces pays a effectivement accepté d’envoyer des troupes. À ce jour, l’Indonésie est le seul pays à avoir publiquement proposé d’envoyer 20 000 soldats à Gaza dans le cadre d’une mission de maintien de la paix mandatée par les Nations unies, ce qui n’est pas prévu dans le plan Trump.

De plus, des responsables arabes ont déclaré à plusieurs reprises au Times of Israel que les Émirats arabes unis et le Qatar n’avaient nullement l’intention d’envoyer des troupes, mais qu’ils pourraient apporter leur aide sous forme de fonds ou de programmes de formation.

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