Des extrémistes juifs volent 200 chèvres dans deux villages palestiniens – ONG
Des images diffusées par La Paix maintenant montrent des extrémistes juifs conduisant des dizaines de chèvres dans le village palestinien de Deir Ibzi ; 35 bêtes ont ensuite été restituées par les autorités israéliennes
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des partisans extrémistes du mouvement pro-implantations auraient dérobé quelque 200 chèvres dans deux villages palestiniens du centre de la Cisjordanie et ils les auraient emmenées dans un avant-poste agricole illégal situé à proximité, a indiqué mardi le groupe de veille La Paix maintenant.
Sur des images filmées dimanche et obtenues par La Paix maintenant, on voit cinq jeunes Juifs portant des tzitzit (lanières rituelles) et des peyot (papillotes), parfois masqués, conduisant plusieurs dizaines de chèvres dans une rue de Deir Ibzi.
On aperçoit également un véhicule militaire transportant au moins un soldat qui roule en sens inverse, tandis que les chèvres quittent le village.
Soixante-cinq chèvres auraient ainsi été volées à Deir Ibzi et 155 autres dans le village voisin d’Ein Arik avant d’être amenées dans l’avant-poste illégal de Beit Karnayim, à proximité.
Selon La Paix maintenant, les extrémistes ont fait irruption dans les enclos à chèvres alors que des soldats de l’armée israélienne étaient sur place, assistant à l’incident. Les habitants palestiniens qui ont tenté de s’opposer au vol ont été frappés par les extrémistes juifs et aspergés de gaz lacrymogène.
Pendant l’incident, un Palestinien a été interpellé par l’armée israélienne ; il n’a toujours pas été relâché.
Des habitants ont également rapporté que des soldats israéliens et des résidents d’implantations avaient saisi les téléphones de trois Palestiniens qui avaient filmé l’incident.
Le service de coordination et de liaison régionale du COGAT, une agence du ministère de la Défense, a par la suite récupéré 35 chèvres qui appartenaient à des éleveurs d’Ein Arik.
Ni l’armée israélienne ni la police n’ont donné suite aux demandes de commentaires du Times of Israel.
« Hier, selon certaines informations, le Premier ministre a qualifié le terrorisme des colons de “’cancer qui métastase' », a noté La Paix maintenant, en référence aux propos rapportés de Benjamin Netanyahu concernant la gravité et la généralisation des attaques menées par des résidents d’implantations extrémistes contre les Palestiniens.
« Nous devons traiter ces terroristes comme une tumeur, faire disparaître les fermes et les bastions terroristes, et leur retirer le soutien de l’armée israélienne et des forces de sécurité », a ajouté La Paix maintenant.
En Cisjordanie, le vol de troupeaux palestiniens par des extrémistes juifs est de plus en plus fréquent : les résidents d’implantations pénètrent dans les villages palestiniens et s’emparent de moutons, de chèvres et de vaches, prétendant souvent que ces animaux leur avaient été volés.
Ces actions sont parfois menées en présence de soldats de l’armée israélienne, voire avec leur aide, mais sans décision judiciaire concernant la propriété des animaux et presque toujours hors de la présence de la police.
Des résidents d’implantations extrémistes ont volé des chèvres dans le village palestinien de Deir Ibzi, le 19 juillet 2026. (Autorisation : La Paix maintenant)
L’armée israélienne a récemment admis, à l’occasion d’une audience devant la Haute Cour de justice, que ses soldats n’étaient pas habilités à mener de telles opérations et que, même en l’absence d’un ordre judiciaire, c’était à la police qu’il reviendrait de les exécuter.
L’armée a également admis que, dans l’incident spécifique porté devant la justice, des extrémistes juifs qui avaient établi des avant-postes agricoles illégaux avaient ordonné aux officiers de l’armée israélienne concernés de confisquer, sur une ferme palestinienne, des bêtes qui, selon eux, leur appartenaient. Une unité de l’armée israélienne s’était alors exécutée, sans décision de justice.
Le vol de bétail par les résidents d’implantations a contribué à la déstabilisation de dizaines de communautés de bergers palestiniens, depuis la guerre qui a suivi l’invasion et le pogrom perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023.
Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme B’Tselem, 59 communautés palestiniennes, regroupant plus de 4 000 personnes, ont dû être déplacées depuis cette date en raison des violences commises par les résidents d’implantations.
la Communauté du Times of Israël !







