Des Haredim radicaux pénètrent au domicile du chef de la police militaire ; 25 arrestations
Benjamin Netanyahu, Israel Katz et Eyal Zamir condamnent cette action extrémiste qui "franchit une ligne rouge dangereuse" ; la Faction de Jérusalem : "Laissez tranquilles les étudiants de la Torah"
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Mardi, des ultra-orthodoxes appartenant à la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes, ont manifesté dans tout le pays.
Ils se sont notamment introduits sur la propriété privée du chef de la police militaire à Ashkelon et ont bloqué la Route 4 aux abords de Bnei Brak, en signe de protestation contre l’arrestation de Haredim étudiant en yeshiva qui se sont soustraits à la conscription.
L’armée a indiqué que des extrémistes avaient fait irruption au domicile du commandant de la police militaire, le général de brigade Yuval Yamin, « alors que sa famille se trouvait à l’intérieur ». Yamin lui-même n’était pas chez lui à ce moment-là. La police a précisé dans un communiqué que les émeutiers « avaient pénétré dans le jardin, agi avec violence et perturbé le quotidien des habitants du quartier ».
La police a ensuite annoncé l’arrestation de 25 suspects, parmi lesquels des mineurs.
De hauts responsables, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont condamné ces extrémistes.
« Je condamne fermement cette attaque violente et effrénée contre le chef de la police militaire et j’exige que des mesures fermes soient prises pour punir les responsables », a déclaré Netanyahu dans un communiqué laconique.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a également « fermement » condamné cet incident, qualifiant les extrémistes de « groupe de criminels violents qui doivent être traduits en justice avec toute la rigueur de la loi ».
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a « fermement condamné l’attaque », déclarant dans un communiqué que « porter atteinte au personnel de sécurité et à leurs familles constitue le franchissement d’une ligne rouge dangereuse ».
« Il s’agit d’un incident grave et toutes les autorités chargées de l’application de la loi et de la sécurité doivent prendre des mesures décisives pour traduire les personnes impliquées en justice », a ajouté Zamir.
En réponse à ces condamnations, la Faction de Jérusalem a déclaré : « Des lignes rouges ont été franchies ; laissez les étudiants de la Torah tranquilles. »
תבינו את הדרמה באשקלון: עשרות מפגינים מהפלג הירושלמי נכנסו לתוך ביתו של מפקד המשטרה הצבאית תת אלוף יובל יאמין ומתבצרים שם https://t.co/2ohPMV8KN4 pic.twitter.com/iimgCNsbY3
— יואלי ברים yoeli brim (@yoeli_brim) April 28, 2026
« Plutôt mourir que de nous enrôler »
« Nous préférons mourir en tant que Haredim plutôt que de vivre en tant que soldats de Tsahal », a crié un manifestant depuis l’autoroute à proximité de Bnei Brak.
Des photos prises sur place montrent des drapeaux d’Israël en feu et une fausse pierre tombale sur laquelle est inscrit le slogan « Nous mourrons plutôt que de nous enrôler », un cri de ralliement courant lors de telles manifestations.
Dans un communiqué, la police israélienne a déclaré que, bien qu’elle considère « le droit de manifester comme une pierre angulaire d’un État démocratique », elle ne « tolérerait aucune forme de désordre ou de violation de la liberté de circulation, ni aucun comportement susceptible de mettre en danger la sécurité publique ».
La police a indiqué que des agents avaient dispersé des émeutiers qui perturbaient la circulation à trois autres endroits, notamment sur le Kikar Tsahal, à Jérusalem, et sur la Route 38, à Beit Shemesh.
Dans un communiqué, la Faction de Jérusalem a déclaré que l’arrestation de l’étudiant Nehoraï Bachar « à l’intérieur même de la yeshiva d’Herzliya » et son incarcération dans une prison militaire avaient franchi une « ligne rouge » et que le chef spirituel de la faction, le rabbin Azriel Auerbach, avait « donné pour instruction à la population de participer à une « manifestation de rage » de masse mercredi à 17h, à l’entrée de Jérusalem ».
« Quiconque ne sort pas pour protester contre l’arrestation d’un étudiant en yeshiva au sein même de la salle d’étude participe à la persécution de ceux qui étudient la Torah », a déclaré le rabbin.
« C’est une obligation absolue pour toute personne qui chérit la Torah et le Nom du Ciel de protester contre sa dégradation et sa profanation. »
כביש 4 נחסם לתנועה סמוך לבני ברק בגלל הפגנת חרדים נגד מעצר של בחורי ישיבות@AnnaPines_ pic.twitter.com/uz4qzaEuJt
— כאן חדשות (@kann_news) April 28, 2026
Groupe extrémiste ultra-orthodoxe fort de quelque 60 000 membres, la Faction de Jérusalem est un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre l’enrôlement des Haredim étudiant en yeshiva. Il gère une ligne d’assistance téléphonique pour mobiliser les manifestants contre l’arrestation des réfractaires à la conscription et a été impliqué dans le versement de récompenses financières à ces derniers.
Attaquer des soldats
Lundi, la police a arrêté trois membres de la secte hassidique Breslev, soupçonnés d’agression suite à une attaque contre le soldat ultra-orthodoxe Yosef Rozenberger, membre de la Brigade Hasmonéenne, survenue samedi soir à son domicile de Beit Shemesh.
Les agresseurs ont crié : « On va brûler ta maison avec les enfants à l’intérieur », a rapporté la Treizième chaîne.
« La police israélienne continuera d’agir avec fermeté contre les auteurs de violences et toute personne troublant l’ordre public ou menaçant la sécurité publique », a déclaré la police dans un communiqué.
L’armée israélienne a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues – principalement des troupes de combat – en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve par les récents conflits auxquels elle a été confrontée. On estime actuellement à environ 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui sont aptes au service militaire mais ne se sont pas enrôlés.
Tsahal a envoyé des dizaines de milliers d’ordres de conscription à des Haredim auparavant exemptés.
Depuis 2024, la Haute Cour de justice a jugé illégales les exemptions générales du service militaire accordées depuis des décennies aux ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva, ce qui a conduit à ce qu’un nombre croissant de Haredim soient déclarés réfractaires à la conscription.
Renforcement de l’application de la loi
Dimanche, la Cour a ordonné au gouvernement d’adopter une série de mesures visant à sanctionner les réfractaires ultra-orthodoxes en leur refusant certaines prestations sociales à moins qu’ils ne s’enrôlent dans l’armée.
La Cour a également ordonné à l’État d’engager des « poursuites pénales effectives » contre les réfractaires à la conscription, estimant que l’incapacité de la police à arrêter ces personnes était « inacceptable » et décrivant la situation comme une « violation massive, délibérée et persistante de la loi ».
Fin mars, lors d’une réunion organisée par la procureure générale Gali Baharav-Miara, des responsables militaires ont déclaré que la police entrave systématiquement les efforts de l’armée pour arrêter les réfractaires dans les quartiers ultra-orthodoxes.
La coalition Netanyahu s’efforce depuis deux ans de faire avancer un projet de loi très controversé visant à exempter les Haredim étudiant en yeshiva du service militaire.
Ce projet de loi, dont les détracteurs – parmi lesquels figurent des officiers supérieurs de Tsahal et la procureure générale – affirment qu’il n’entraînera pas d’augmentation significative du nombre d’enrôlements, a été mis en attente avec le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran.
Cependant, fin mars, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth, a annoncé qu’il continuerait à le faire avancer. Selon le chef du parti Shas, Aryeh Deri, il devrait être adopté cet été, après la fin du congé parlementaire, le 10 mai.
Malgré cela, le projet de loi n’a pas progressé en raison de l’opposition du rabbin Moshe Hirsch, l’un des deux principaux dirigeants rabbiniques du parti Degel HaTorah.
Lundi soir, la chaîne N12 a rapporté que Hirsch avait même refusé de rencontrer les députés de son parti pour discuter de la question.
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