Gantz exhorte Netanyahu, Lapid et Liberman à former un gouvernement temporaire pour libérer les otages
Le chef de Kakhol Lavan appelle Netanyahu à former une coalition de 6 mois pour libérer les otages et régler la question de l'enrôlement des Haredim ; Yisrael Beytenu "ne prendra part à aucune manœuvre politique"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Samedi soir, le député Benny Gantz a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les autres dirigeants de l’opposition à former d’urgence un gouvernement provisoire, dont la mission serait de relever deux des principaux défis auxquels Israël est confronté : obtenir la libération de tous les otages encore détenus par le Hamas à Gaza d’une part, et faire avancer la loi sur la conscription militaire des ultra-orthodoxes d’autre part.
C’est à l’occasion d’une conférence de presse diffusée en prime time que le président du parti HaMahane HaMamlahti-Kakhol lavan a formulé cette proposition. Il s’adressait alors à Netanyahu, au chef de l’opposition Yair Lapid et au dirigeant du mouvement Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman.
Gantz a lancé une mise en garde : « les otages sont en danger de mort », a-t-il averti, évoquant des images de la Shoah pour décrire leur situation. Et d’ajouter que les réservistes de l’armée « s’effondrent sous le fardeau » du service, après près de deux ans de guerre depuis l’offensive du Hamas, le 7 octobre 2023.
Gantz a alors proposé de former un « gouvernement de libération des otages et d’égalité dans la charge [du service militaire] », avec un mandat fixé à six mois, à l’issue duquel le pays se dirigerait vers de nouvelles élections, avançant ainsi le vote, prévu en octobre 2026 selon le calendrier actuel.
Affirmant clairement son opinion – il a affirmé que Netanyahu évitait actuellement tout accord sur Gaza en raison des pressions politiques exercées par ses alliés d’extrême droite et non pour des motifs sécuritaires valables – Gantz l’a appelé à abandonner ses partenaires et à placer l’intérêt de la nation en tête des priorités.
« Dans les tunnels du Hamas se trouvent 50 otages (…) Chacun de ces otages dont la vie est en danger pourrait être notre fils, votre fils », a déclaré Gantz, soulignant l’urgence de parvenir à établir un cadre politique qui permettrait de conclure un accord avec le Hamas.
L’ancien ministre de la Défense a fait valoir que son initiative n’avait pas pour objectif de renforcer la position politique de Netanyahu, mais de résoudre deux crises nationales.
Aux critiques émises par le centre gauche, il a ainsi répondu : « Mon intention n’est pas de venir au secours de Netanyahu, mais de sauver les otages. »
אידיוט, ולא ממש שימושי – הוא מי ששונא את ביבי יותר משהוא רוצה להחזיר את החטופים. pic.twitter.com/k8xDDedl58
— כחול לבן (@Kachollavan19) August 21, 2025
La semaine dernière, alors que des informations semblaient indiquer qu’il envisageait de rejoindre Netanyahu pour faire adopter un accord sur Gaza, HaMahane HaMamlahti avait répondu à un article du site Walla qualifiant Gantz « d’idiot utile », affirmant : « Un idiot, et inutile de surcroît, serait quelqu’un qui déteste Bibi plus qu’il ne souhaite ramener les otages. »
Il n’aura même pas fallu une heure au parti Yisrael Beytenu de Liberman pour réagir avec une déclaration ambivalente aux propos tenus par Gantz lors de la conférence de presse.
« Yisrael Beytenu réclame la libération immédiate et sans conditions de tous les otages », a fait savoir le parti dans un communiqué. « Le seul gouvernement auquel nous participerons, c’est un gouvernement sioniste pur et dur. Nous ne prendrons part à aucune manœuvre politique. »
Liberman, ces dernières années, a publiquement pris position contre Netanyahu sur la politique de sécurité, le projet de loi sur la conscription des ultra-orthodoxes et les accusations de corruption.
C’est la troisième fois en quelques années que Gantz propose de conclure un accord d’unité sous Netanyahu. En 2020, en pleine pandémie de COVID-19, il avait rejoint un gouvernement d’urgence qui s’était effondré après moins d’un an. Netanyahu avait en effet été largement perçu comme n’ayant pas respecté l’accord de partage du pouvoir convenu avec Gantz.
La décision de Gantz de rejoindre le gouvernement de Netanyahu en 2020, alors qu’il s’était engagé à ne pas le faire durant sa campagne électorale, lui avait coûté un soutien important parmi ses électeurs. Beaucoup s’étaient sentis trahis, et l’alliance Kakhol Lavan s’était rapidement effondrée lorsque les partis Yesh Atid de Yair Lapid et Telem de Moshe Yaalon avaient fait scission. Gantz, alors à la tête d’une faction réduite, avait vu son parti dégringoler dans les sondages.
Gantz avait de nouveau rejoint Netanyahu au lendemain de l’offensive du Hamas, le 7 octobre 2023, lorsque son parti, désormais baptisé « HaMahane HaMamlahti », était entré dans un gouvernement d’urgence et de guerre, un accord qui avait pris fin en juin 2024 avec le retrait de Gantz, qui avait invoqué sa frustration face à la gestion du conflit par Netanyahu et face à l’absence de stratégie claire pour la guerre.
Le parti actuel de Gantz, Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, est en difficulté dans les sondages, en particulier depuis la démission, il y a environ deux mois, de son principal allié, Gadi Eisenkot. Il ne remporterait aucun siège si les élections avaient lieu aujourd’hui, selon les prévisions.
Outre le sauvetage des otages, la nouvelle proposition de Gantz concerne principalement la question controversée du service militaire obligatoire pour les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot. La coalition israélienne dépend fortement du soutien des partis haredim. Elle s’est donc opposée à une réforme en profondeur du système d’exemption en vigueur depuis des décennies. Ceux qui critiquent cette mesure estiment qu’elle fait peser un fardeau injuste sur les Israéliens non haredim, en particulier depuis le 7 octobre, date à laquelle des dizaines de milliers de réservistes ont été mobilisés pour de très longues périodes.
Selon Gantz, sa proposition permet de légiférer en faveur d’un système plus équitable, tout en répondant aux tensions sociales et militaires croissantes pesant sur les réservistes de Tsahal. En limitant la durée du mandat à 6 mois, il a de plus fait valoir que le gouvernement d’urgence devrait rendre le pouvoir aux électeurs à une date définie et proche.
On ignore encore comment Netanyahu ou Lapid réagiront à cette initiative de Gantz. Lapid a déjà appelé à une unité nationale élargie dans le passé, mais en montrant une certaine réticence à l’idée de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu.
Cette proposition de Gantz intervient alors que le gouvernement fait face à une pression croissante l’enjoignant à conclure un accord sur les otages restants à Gaza, et que l’armée israélienne est confrontée à la question de la viabilité à long terme de son système de réserve.
la Communauté du Times of Israël !







