Lapid et Liberman refusent le projet de Gantz d’un gouvernement de « libération des otages » avec Netanyahu
Liberman : Gantz est une "personne fatiguée, effrayée et paniquée suppliant pour sa survie", son parti ne participera pas à cette "manipulation" ; Lapid dit qu'il ne rejoindra pas un gouvernement dirigé par Netanyahu
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Dimanche, les dirigeants de plusieurs partis d’opposition ont rejeté l’appel lancé par Benny Gantz, chef du parti Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, à former un « gouvernement de libération des otages » et à rejoindre la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu afin de garantir un accord sur les otages et de fixer la date des élections. Ils ont décrit cette initiative comme « pitoyable », ajoutant n’avoir « aucune raison » de rejoindre le gouvernement.
Samedi soir, au cours d’une conférence de presse, Gantz a exhorté Netanyahu, le chef de l’opposition Yair Lapid et le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à former un gouvernement d’union nationale doté d’un mandat de six mois, appelant ainsi ses homologues chefs de partis d’opposition à rejoindre la coalition à titre temporaire, avec pour objectif la libération des otages retenus à Gaza et l’avancement de la loi sur le service militaire des ultra-orthodoxes.
L’ancien ministre de la Défense a également tenté de convaincre Netanyahu de se débarrasser du ministre des Finances Bezalel Smotrich et du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, tous deux ayant menacé de renverser le gouvernement s’il acceptait un accord de cessez-le-feu pour faire libérer les otages.
Liberman, répondant à l’appel de Gantz, l’a qualifié de « spectacle pitoyable ». Il a déclaré à la chaîne N12 voir là « une personne fatiguée, effrayée, paniquée, suppliant pour sa vie et surfant sur les questions les plus sensibles. Le Likud [le parti dirigé par Netanyahu] ne lui prêtera aucune attention ».
« Yisrael Beytenu réclame la libération immédiate et sans conditions de tous les otages », a fait savoir le parti de Liberman dans un communiqué. « Le seul gouvernement auquel nous participerons, c’est un gouvernement sioniste pur et dur. Nous ne prendrons part à aucune manœuvre politique. »
Lapid, le chef du parti Yesh Atid, a expliqué dans une interview accordée à la chaîne N12 qu’il « ne comprenait pas » pourquoi Gantz souhaitait s’allier à Netanyahu.
« Je ne siégerai pas au gouvernement de Benjamin Netanyahu. Je n’ai rien à ajouter. Je pense que cet homme n’est pas digne d’être Premier ministre d’Israël », a affirmé Lapid, ajoutant que « celui qui était Premier ministre le 7 octobre ne peut plus rester à ce poste ».
« Aucune raison au monde ne peut nous inciter à entrer au gouvernement », a indiqué Lapid, ajoutant avoir proposé le soutien de son parti pour assurer qu’un accord sur les otages puisse être adopté sans rejoindre la coalition.
Lapid a dit être en mesure de fournir un « filet de sécurité » pour le retour des otages via « un coup de fil de quinze minutes ».
« Il n’est pas indispensable de rentrer au gouvernement pour cela », a-t-il confié. « A fortiori dans un gouvernement auquel vous avez participé deux fois, et où vous avez été trompé deux fois. »
Gantz a rejoint deux « gouvernements d’union nationale » avec Netanyahu. L’un d’eux, en 2020, en pleine pandémie de COVID-19, s’est effondré après moins d’un an, Netanyahu ayant en effet été largement perçu comme n’ayant pas respecté l’accord de partage du pouvoir convenu avec Gantz.
Gantz a de nouveau rejoint Netanyahu au lendemain de l’offensive du Hamas, le 7 octobre 2023, lorsque son parti, désormais baptisé « HaMahane HaMamlahti », est entré dans un gouvernement d’urgence et de guerre. Un accord qui a pris fin en juin 2024 avec le retrait de Gantz, invoquant sa frustration face à la gestion du conflit par Netanyahu et l’absence de stratégie claire pour la guerre.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a également fait part de son désaccord avec la proposition de Gantz. « J’attends de tous les chefs des factions de la coalition qu’ils l’expriment clairement et sans équivoque : Gantz n’entrera pas au gouvernement », a-t-il martelé.
« Nous avons obtenu des résultats en Iran, contre le Hezbollah et dans de nombreux autres domaines sans Benny Gantz. Et si nous voulons des accomplissements à Gaza, Benny Gantz ne doit pas entrer au gouvernement », a souligné le ministre d’extrême droite.
Le parti de Gantz a récemment connu une série de défections. Il ne contrôle plus que sept sièges à la Knesset, et coordonne ses actions avec un huitième député récemment sorti du mouvement. Le nombre de députés du parti serait insuffisant pour remplacer les 13 sièges contrôlés par Smotrich et Ben Gvir, et ne permettraient pas de donner à Netanyahu la majorité au sein de cette assemblée de 120 membres.
Le parti de Gantz est également en difficulté dans les sondages, en particulier depuis la démission de son proche collaborateur Gadi Eisenkot, il y a près de deux mois. Les dernières prévisions indiquent que, si des élections avaient lieu aujourd’hui, le parti ne remporterait aucun siège.
La proposition de Gantz intervient alors que le gouvernement fait face à une pression croissante pour qu’il parvienne à un accord sur les otages restants à Gaza, et que l’armée israélienne est confrontée à la question de la viabilité à long terme de son système de réserve.
La semaine dernière, les efforts déployés pour parvenir à un accord de cessez-le-feu et de libération des otages entre Israël et le Hamas à Gaza se sont intensifiés. Les médiateurs s’efforcent en effet de conclure un accord avant qu’Israël ne mette à exécution sa nouvelle mission visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza et à déplacer plus d’un million de Palestiniens actuellement réfugiés dans la région.
Cinquante otages sont toujours retenus captifs à Gaz, parmi lesquels 49 des 251 enlevés le 7 octobre 2023 et la dépouille d’un soldat tué en 2014. Selon les autorités israéliennes, 28 d’entre eux sont morts, 20 seraient encore en vie et deux se trouveraient dans un état très préoccupant.
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