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Le directeur de La Paix Maintenant, interrogé en tant que suspect, après avoir été agressé

L'altercation a eu lieu après la visite d'un hameau bédouin de Cisjordanie dont les habitants ont fui suite à des attaques de résidents d'implantations radicaux

Des résidents d'implantations agressent Lior Amichai, directeur de Peace Now, à la source d'Ein Samiya en Cisjordanie, le 14 mai 2026. (Capture d'écran / Peace NowX : utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Des résidents d'implantations agressent Lior Amichai, directeur de Peace Now, à la source d'Ein Samiya en Cisjordanie, le 14 mai 2026. (Capture d'écran / Peace NowX : utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Dimanche, l’organisation de gauche La Paix Maintenant a déclaré que son directeur, Lior Amichai, avait reçu une convocation pour se rendre à un interrogatoire sous serment suite à un affrontement filmé au cours duquel des résidents d’implantations radicaux l’ont bousculé, lui et d’autres militants, lors d’une visite guidée visant à mettre en lumière l’expansion des implantations israéliennes et les violences en Cisjordanie.

« Bien que les agresseurs aient attaqué à visage découvert et que l’incident ait été entièrement filmé et largement diffusé dans les médias, à notre connaissance, les agresseurs n’ont toujours pas été interpelés », a déclaré sur X l’organisation de surveillance des implantations.

« La police se comporte comme on pouvait s’y attendre, à l’ère Ben Gvir, et interroge sous caution la personne agressée », a-t-elle dénoncé.

« Lors de l’agression, les membres de La Paix Maintenant ont appelé la police, qui n’est pas intervenue et immédiatement après l’attaque, Amichai a porté plainte », lit-on dans le message.

Lundi matin, la police n’avait fait aucun commentaire à ce sujet.

L’incident s’est produit le 14 mai dernier, alors qu’Amichai guidait une visite au profit de membres du parti politique de gauche HaDemocratim. Le groupe avait fait halte à la source d’Ein Samiya, dans la vallée du Jourdain, non loin d’un ancien hameau bédouin déserté par ses membres suite aux attaques répétées de résidents d’implantations, après le pogrom du Hamas du 7 octobre 2023.

La source était encore utilisée par les communautés bédouines de la région pour abreuver leur bétail jusqu’à ce qu’elle soit réquisitionnée l’an dernier par des résidents d’implantations qui l’ont rénovée et en ont interdit l’accès aux Palestiniens, explique La Paix Maintenant.

Une fois la visite de la zone terminée, les militants de gauche sont remontés à bord de leur minibus et ont tenté de partir, mais des résidents d’implantations ont tenté de les en empêcher, a déclaré Amichai au Times of Israel.

Les résidents d’implantations sont montés à bord du bus et ont exigé les pièces d’identité des passagers. Dans la vidéo, on entend l’un des résidents d’implantations affirmer à tort que le chauffeur de bus arabe n’avait pas le droit de se trouver près de la source.

Amichai a déclaré avoir appelé la police, laquelle lui aurait conseillé d’appeler l’armée. Peu après, des soldats du Hagmar — une unité de réserve composée de résidents d’implantations locaux — sont arrivés, et les résidents d’implantations agresseurs ont pris la fuite alors qu’on peut entendre l’un d’eux dans la vidéo dire « appelle l’armée ».

Lior Amichai, alors directeur exécutif de Yesh Din, à la Knesset à Jérusalem, le 22 juin 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

La route étant désormais dégagée, le minibus a pu quitter la source, mais il a rapidement été arrêté à un poste de contrôle mis en place par des soldats israéliens qui ont informé les passagers de leur interpellation, les résidents d’implantations s’étant plaints que les militants de gauche les aient agressés, a déclaré Amichai.

Une heure plus tard, la police est arrivée et a pris les coordonnees des personnes à bord du bus avant de les laisser repartir.

Le député du parti HaDemocratim, Gilad Kariv qui est aussi rabbin réformé, a réagi à cette nouvelle sur X, en invoquant un passage du Livre d’Isaïe.

« Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal ; qui prennent les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres ; qui prennent l’amer pour le doux, et le doux pour l’amer ! », a-t-il cité.

« Cela ne va aider ni les services de Ben Gvir, ni les flagorneurs de la police, ni les émeutiers ni les hooligans. Nous continuerons de nous rendre dans les territoires, rien ne nous en dissuadera », a ajouté Kariv.

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