Ministère de l’Éducation : les principes démocratiques retirés du bagrout
Les sujets supprimés incluent la démocratie parlementaire et les droits socio-économiques ; un professeur d'éducation civique alerte contre le risque de créer une génération aux préjugés politiques évidents
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Le ministère de l’Éducation a décidé que les lycéen, dans le cadre de leurs examens de fin d’études – bagrout -, ne seraient plus interrogés sur les principes de la démocratie libérale, les droits socio-économiques, le statut juridique de la Déclaration d’indépendance et le rôle de la Constitution dans la limitation des actions du gouvernement, selon un rapport rendu public dimanche.
Le quotidien financier The Marker a publié ce qu’il a présenté comme un document d’orientation du ministère, dans lequel est mentionnée la suppression de ces sujets du programme des examens d’éducation civique.
Les sujets supprimés concernent les chapitres consacrés à l’ingérence du gouvernement, aux lois sur la citoyenneté, aux principes de la démocratie libérale, au système parlementaire, au processus législatif et au rôle que joue la Déclaration d’Indépendance dans le droit constitutionnel israélien.
Ce document indique toutefois que les lycéens continueront d’être évalués sur les concepts d’un État à identité religieuse traditionnelle, du droit d’un État-nation et du rôle de la loi religieuse en Israël.
Les matières ne faisant pas l’objet d’un examen peuvent toujours être enseignées durant le temps scolaire. Mais des enseignants ont souligné à The Marker que, dans la pratique, cela était rarement le cas.
Réagissant à cette décision, Yaniv Roznaï, professeur associé et vice-doyen de la faculté de droit de l’université Reichman, a déclaré que cette mesure prouvait qu’Israël traversait actuellement « une crise majeure, et se trouvait au coeur d’une lutte sur la nature de l’État et de la démocratie ».
« Une telle décision aura notamment pour conséquence que les diplômés du secondaire ne saisiront pas l’importance de la démocratie libérale, ni les valeurs sur lesquelles l’État a été fondé », a-t-il déploré.
« Cette dernière décennie, les Israéliens ont accordé moins d’importance à l’État de droit, à la protection des droits des minorités et même à la tenue d’élections libres en tant qu’attributs fondamentaux du régime démocratique », a poursuivi Roznai.
« Tout commence par l’éducation. »
Pour Dan Avnon, du département de sciences politiques de l’université hébraïque, cette décision « nuit à la capacité des étudiants à trouver les outils appropriés pour lutter, à l’avenir, contre les injustices de l’administration ».
Le rapport cite également les propos d’un professeur d’éducation civique israélien, selon lesquels « on attend de nous que nous enseignions aux élèves la corruption des autorités et les tentatives d’affaiblissement des tribunaux en utilisant des exemples provenant d’autres pays, alors que tout cela se produit ici ».
« Le ministère de l’Éducation décide pour les élèves ce qu’ils doivent savoir, créant ainsi une génération d’élèves avec un biais politique évident », a souligné l’enseignant.
Contacté par The Marker, le ministère de l’Éducation n’a pas précisé si les élèves seraient évalués sur ces matières, niant que ces sujets aient été entièrement supprimés du programme scolaire.
L’examen de fin d’études secondaires peut avoir un impact significatif sur l’avenir d’un élève. Les notes obtenues au bagrout constituent un critère important dans les candidatures aux unités militaires d’élite et aux établissements universitaires les plus prisés. Les élèves qui passent avec succès les examens requis avec une note de 56 % ou plus dans chaque matière reçoivent leur diplôme de fin d’études.
Cette décision du ministère fait suite à une autre mesure controversée prise au début de l’année, qui imposait une heure d’étude de la Torah par semaine à tous les élèves du CP à la terminale, ainsi que des cours obligatoires supplémentaires sur le sionisme et sur « les guerres et la renaissance d’Israël ».
Les écoles devront également emmener leurs élèves visiter Jérusalem et les sites du patrimoine juif de tout le pays, en mettant l’accent sur ceux situés en Cisjordanie.
la Communauté du Times of Israël !







