Polémique après la présence de vin israélien à la carte du restaurant cofondé par Jamel Debbouze
La carte des vins du restaurant parisien Dar Mima a déclenché une polémique lancée par le BDS ; le restaurant a depuis retiré ces vins de sa carte
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Le restaurant Dar Mima, cofondé par Jamel Debbouze et situé sur le toit de l’Institut du monde arabe, à Paris, a été au cœur d’une polémique cet été, après la découverte de vins israéliens à sa carte. Une affaire qui illustre combien gastronomie, commerce et politique peuvent se confondre.
En inaugurant Dar Mima en 2023, Jamel Debbouze voulait rendre hommage à sa mère, Fatima, et célébrer une cuisine de mémoire empreinte d’élégance orientale et de partage universel. Mais deux ans plus tard, ce projet personnel s’est retrouvé pris dans une controverse inattendue : la présence de quelques bouteilles de vin israélien sur la carte. Un détail en apparence anodin, devenu un symbole explosif.
L’affaire éclate pendant l’été. Le 8 août, la campagne BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) adresse une lettre au restaurant. Le ton est sans détour : la présence de vins israéliens dans un établissement niché au sein de l’Institut du monde arabe est qualifiée d’ « incompréhensible » et « choquante ». L’organisation pointe notamment l’origine de certaines bouteilles, issues du plateau du Golan, annexé par Israël en 1981 mais toujours considéré comme territoire syrien par le droit international.
« Ce choix [sur la carte] est incompréhensible, d’une part parce que ces vins sont médiocres, et d’ailleurs servis quasiment nulle part ailleurs à Paris, ensuite parce qu’Israël ne fait pas partie du ‘monde arabe’, et enfin parce que nous ne pouvons qu’imaginer que votre décision est motivée par des raisons politiques qui ne vous font pas honneur. L’absence de la carte des vins sur votre site web est peut-être le signe d’un malaise sur cette question ? », écrivait le BDS.
Sans réponse, le BDS rendait publique sa lettre le 19 août. La polémique s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux. Le nom de Jamel Debbouze, associé de près à l’image du lieu, s’est retrouvé immédiatement au centre du débat, et les accusations de « trahison », les appels au boycott et les prises de position enflammées ont afflué.
Après un retour du restaurant, le BDS a répondu à l’établissement le 22 août : « Nous avons été choqués par la vente de vins israéliens à la carte du restaurant. Nous avons ensuite été choqués par votre réponse qui ne traitait que de questions légales, sans comprendre la portée politique dramatique que constitue la vente de vins israéliens : chaque heure, jour et nuit, depuis près de deux ans, un enfant est assassiné par l’armée israélienne. Cette armée est payée par les taxes que rapportent la vente de ces vins. Néanmoins, nous avons appris que vous aviez désormais rayé ces vins de la carte de votre restaurant et nous en prenons acte. »
Sans communiqué et sans prise de parole officielle du restaurant, le collectif BDS y a tout de même vu une victoire. Contacté par le Times of Israël, le restaurant a aussitôt coupé court à la conversation téléphonique.
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