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Un seul suspect maintenu en détention pour les attaques à Beit Lid et Deir Sharaf

Alors que trois des quatre suspects ont été relâchés, Eyal Zamir déclare que la recrudescence de la violence des résidents d'implantations franchit "une ligne rouge"

Des Palestiniens et des journalistes constatant les dégâts causés dans une zone industrielle à la suite d'une attaque menée la veille par des résidents d'implantations dans le village de Beit Lid, près de Tulkarm, en Cisjordanie, le 12 novembre 2025. (Crédit : Majdi Mohammed/AP Photo)
Des Palestiniens et des journalistes constatant les dégâts causés dans une zone industrielle à la suite d'une attaque menée la veille par des résidents d'implantations dans le village de Beit Lid, près de Tulkarm, en Cisjordanie, le 12 novembre 2025. (Crédit : Majdi Mohammed/AP Photo)

Trois des quatre suspects israéliens arrêtés mardi à la suite des attaques perpétrées par des dizaines de résidents d’implantations contre deux villages palestiniens en Cisjordanie ont été libérés mercredi.

Les arrestations ont été effectuées par l’armée israélienne mardi après-midi, après que les troupes ont répondu à des signalements faisant état d’une attaque à grande échelle contre deux villages palestiniens du centre de la Cisjordanie, Beit Lid et Deir Sharaf, impliquant des dizaines de résidents d’implantations.

Ces attaques ont été vivement condamnées mercredi par le chef d’état-major de Tsahal et le chef du Commandement du Centre. Elles s’inscrivent dans une vague importante de violences commises par des résidents d’implantations, avec des attaques quasi quotidiennes et une impunité presque totale.

Des images supplémentaires de la scène publiées mercredi par les médias palestiniens montrent des dizaines de résidents d’implantations, certains masqués et d’autres armés de bâtons, en train d’incendier des camions et des véhicules dans la région.

Au cours de ces attaques, dix véhicules, un entrepôt et une usine de plastique ont été incendiés. Quatre Palestiniens ont été blessés par des coups et des jets de pierres de la part des résidents des implantations.

L’armée a ensuite remis les quatre suspects à la police israélienne, pour qu’ils soient interrogés. L’enquête sur ces attaques est menée par la police de Cisjordanie, en collaboration avec l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.

Selon Tsahal, les résidents d’implantations ont ensuite attaqué un groupe de soldats qui répondaient aux signalements d’une attaque à proximité et ont vandalisé un véhicule militaire.

Après une nuit en garde à vue, la police a relâché trois des quatre suspects.

L’arrestation d’Israéliens soupçonnés d’avoir agressé des Palestiniens en Cisjordanie est un phénomène rare, et les auteurs de ces actes sont rarement poursuivis en justice.

Après la libération des suspects, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu’il « condamnait fermement » les récentes attaques perpétrées par des résidents d’implantations israéliens contre des Palestiniens.

« Nous sommes au courant des récentes violences au cours desquelles des civils israéliens ont attaqué des Palestiniens et des Israéliens. Je les condamne fermement. Tsahal ne tolérera pas les agissements d’une minorité criminelle qui entache l’image d’une population respectueuse des lois », a déclaré Zamir selon les propos rapportés par l’armée.

« Ce sont des actes qui vont à l’encontre de nos valeurs. Ils constituent un dépassement des limites et détournent l’attention de nos forces de leur mission, qui consiste à défendre les communautés et à mener des opérations offensives. Nous sommes déterminés à mettre fin à ce phénomène et nous agirons avec fermeté jusqu’à ce que justice soit faite », a-t-il ajouté.

Mardi, le chef du Commandement du Centre de Tsahal, le général Avi Bluth, a également condamné les attaques perpétrées par des résidents d’implantations contre des Palestiniens et des soldats israéliens en Cisjordanie, affirmant que ces « actes intolérables compromettent la stabilité de la sécurité ».

« La réalité dans laquelle de jeunes marginaux anarchistes s’en prennent violemment à des innocents et aux forces de sécurité est intolérable et extrêmement grave, et doit être traitée avec fermeté », a déclaré Bluth lors d’une réunion d’information avec des officiers.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (à droite), s’entretenant avec le chef du Commandement du Centre, le major-général Avi Bluth, lors d’un exercice militaire en Cisjordanie, le 12 novembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Pour faire face à ce phénomène, il faut les efforts combinés de tous les systèmes de l’État d’Israël : l’éducation, les affaires sociales, l’application de la loi et les sanctions. »

Bluth a rappelé que « la directive donnée aux soldats de l’armée israélienne est claire : ne restez pas les bras croisés et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour empêcher tout acte de criminalité nationaliste ».

« Nous le ferons en pleine coopération avec nos partenaires de la police et du Shin Bet ; c’est la seule façon d’éradiquer ce phénomène. »

Bluth a expliqué que les troupes sont « confrontées à une situation intolérable dans laquelle une attention et des ressources considérables sont détournées pour faire face à ces anarchistes », au lieu de « continuer à défendre les routes, les communautés et mener des opérations offensives pour contrecarrer le terrorisme ».

Le chef du Commandement du Centre de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth, s’adressant à des soldats en Cisjordanie, sur une photo fournie le 12 novembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Cette violence nuit aux implantations et nuit à l’État d’Israël. Nous n’accepterons pas une situation dans laquelle des contrevenants à la loi endommagent des biens et blessent des innocents, compromettent la stabilité en Judée-Samarie et détournent l’attention de Tsahal de sa mission de défense et de lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté.

On a constaté une forte augmentation des violences commises par les résidents d’implantations cette année, en particulier récemment, à l’occasion de la récolte annuelle des olives, qui a débuté en octobre. À cette période, les résidents d’implantations, et parfois les soldats, ont commis des violences quasi quotidiennes à l’encontre des cueilleurs d’olives, parmi lesquels se trouvaient parfois des bénévoles venus d’Israël et de l’étranger, juifs ou non.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies a déclaré vendredi avoir recensé 264 attaques menées par des résidents d’implantations qui ont fait des victimes, causé des dégâts matériels, voire les deux, rien qu’au mois d’octobre.

Au cours du mois d’octobre, Tsahal a enregistré 86 cas de « crimes nationalistes », contre 25 au cours de la même période l’an dernier.

Des résidents d’implantations attaquant des Palestiniens venus pour la cueillette des olives dans le village de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 8 novembre 2025. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Depuis le début de l’année, les autorités israéliennes ont enregistré 704 cas de « crimes nationalistes », contre 675 pour toute l’année 2024.

Les responsables militaires ont déclaré que Tsahal ne disposait pas des outils nécessaires pour faire face au nombre croissant d’Israéliens radicaux et violents en Cisjordanie, ni à la recrudescence des attaques contre les Palestiniens. D’autant plus que, en novembre 2024, le ministre de la Défense, Israel Katz, avait annoncé la fin des détentions administratives pour les Israéliens.

La détention administrative est un dispositif controversé qui permet de détenir des suspects de terrorisme palestiniens, et plus rarement juifs, sans inculpation ni procès.

Le chef du Commandement du Centre a le pouvoir de signer des « ordonnances restrictives » à l’encontre de ces suspects, leur interdisant de se trouver en Cisjordanie, ainsi que des ordonnances d’assignation à résidence à l’encontre des résidents d’implantations.

Un Palestinien filmant un camion en feu avec son téléphone portable après une attaque menée par des résidents d’implantations israéliens, dans le village de Beit Lid, à l’est de Tulkarem, en Cisjordanie, le 11 novembre 2025. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Bluth a récemment signé trente ordonnances de ce type et prévoit d’en émettre davantage ; toutefois, les responsables militaires estiment que Tsahal a besoin de pouvoirs supplémentaires pour traiter ce problème.

Tsahal organise un exercice en Cisjordanie, simulant des scénarii similaires à ceux du 7-Octobre

Mercredi également, Tsahal a conclu un important exercice de plusieurs jours en Cisjordanie, auquel ont participé la division de Judée-Samarie et la 96ᵉ division « Gilad », récemment créée et chargée de sécuriser la frontière jordanienne.

Durant ces trois jours, quelque 40 scénarii « extrêmes » ont été simulés, impliquant l’armée de l’air israélienne avec environ 180 avions, le Directorat de la Logistique et des Technologies, d’autres unités de Tsahal, ainsi que la police israélienne et le service de secours du Magen David Adom (MDA), a indiqué l’armée.

Des soldats de l’armée israélienne effectuant un exercice en Cisjordanie, sur une photo diffusée le 12 novembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Il s’agissait du tout premier exercice impliquant les deux divisions régionales du Commandement du Centre.

Selon Tsahal, les scénarii mis en pratique lors de cet exercice comprenaient des attaques contre des postes militaires, l’infiltration simultanée de terroristes dans des implantations en plusieurs endroits, des attentats terroristes pendant la mobilisation des brigades de réservistes volontaires de la 96ᵉ division, des combats en zone urbaine, le sauvetage de personnes piégées et la réponse à des attaques causant de nombreuses victimes.

L’armée a précisé que cet exercice avait également permis d’évaluer la mise en œuvre des plans de défense et d’attaque actualisés du Commandement du Centre.

Tsahal a indiqué que les scénarii avaient été mis en pratique « sur la base des enseignements tirés du 7-Octobre », notamment en menant des frappes aériennes pour perturber les attaques dès les premières phases, en raison de « l’importance de l’impact dans les premières heures », ainsi qu’en activant les troupes de réserve, en déployant les forces spéciales et en « préparant l’ensemble du système de Tsahal ».

Des soldats des l’armée israélienne se tenant derrière un résident d’implantation masqué brandissant une fronde et lançant des pierres sur des Palestiniens qui s’étaient rassemblés pour la saison annuelle de la récolte des olives, lors d’une attaque menée par des résidents d’implantations israéliens contre le village de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 octobre 2025. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Zamir a qualifié cet exercice de « sans précédent ».

« L’une des leçons que nous avons tirées du 7-Octobre est la nécessité de prendre nos responsabilités en matière de défense et de changer notre concept de sécurité. Nous controns les menaces dès qu’elles apparaissent. C’est ce que nous faisons ici aussi », a-t-il déclaré.

« Les scénarii que nous avons mis en pratique ces derniers jours sont ceux que nous ne devons pas laisser se réaliser. Nous devons agir et contrer la menace avant qu’elle n’atteigne nos portes. C’est notre devoir », a ajouté Zamir.

Les tensions en Israël et en Cisjordanie sont montées en flèche depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP), plus de 1 000 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués au cours de cette période. L’armée israélienne affirme que la grande majorité d’entre eux étaient des terroristes armés tués lors d’échanges de tirs, des émeutiers qui se sont heurtés aux troupes ou des terroristes qui menaient des attaques.

Au cours de la même période, 62 Israéliens, dont des membres des forces de sécurité, ont été tués dans des attaques terroristes palestiniennes en Israël et en Cisjordanie. Huit autres membres des forces de sécurité ont été tués lors d’affrontements avec des terroristes en Cisjordanie.

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