Après le vote de l’ONU pour la solution à deux États, les ministres appellent à annexer la Cisjordanie
Smotrich : le vote de l'ONU est une attaque diplomatique, Israël doit exercer sa souveraineté ; Rubio : la poursuite des implantations est une réponse aux efforts visant à reconnaître un État palestinien
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Samedi, au lendemain de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies, à une écrasante majorité des voix, d’une déclaration appelant à une solution à deux États entre Israël et les Palestiniens, les principaux ministres israéliens ont à nouveau exhorté le gouvernement à annexer la Cisjordanie.
Approuvée par 142 pays, avec 10 voix contre et 12 abstentions, cette résolution non contraignante décrit des « mesures concrètes, limitées dans le temps et irréversibles » pour la mise en oeuvre d’une solution à deux États sans la participation du Hamas.
Dans un message publié samedi soir sur le réseau social X, Bezalel Smotrich, le ministre des Finances d’extrême droite, a qualifié la déclaration de l’ONU « d’attaque diplomatique contre Israël », « inacceptable » en raison du silence et de la non consultation d’Israël, et donc « ne pouvant avoir de suite ».
Et Smotrich d’ajouter qu’Israël, en réponse au vote de l’ONU, « doit appliquer sa souveraineté [à la Cisjordanie] à titre de mesure préventive contre la tentative irresponsable d’établir un État terroriste au cœur de notre territoire ».
Le ministre de la Justice Yariv Levin a pour sa part estimé que « la décision de l’ONU de reconnaître un ‘État palestinien’ qui ne verra jamais le jour est une récompense accordée au terrorisme ».
« La terre d’Israël appartient au peuple d’Israël », a-t-il affirmé. « C’est une réalité que même une décision de l’ONU ne pourra changer. »
« Il est temps de faire valoir notre souveraineté sur la Judée, la Samarie et la vallée du Jourdain », a-t-il poursuivi, employant des noms bibliques pour désigner le territoire palestinien. « Telle est la bonne réponse sioniste ! »
Ces dernières semaines, en réponse à l’annonce faite par plusieurs pays occidentaux, notamment le Royaume-Uni et la France, de leur intention de reconnaître un État palestinien aux Nations unies à la fin du mois, plusieurs ministres de droite ont appelé à l’annexion de tout ou partie de la Cisjordanie.
Une idée prise très au sérieux par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon certaines informations. Le chef du gouvernement aurait même prévu une réunion du cabinet sur la question, finalement annulée après que les Émirats arabes unis ont publiquement mis en garde qu’une telle décision mettrait en péril leurs relations avec Israël.
Jeudi soir, le Premier ministre a annoncé qu’Israël « tiendrait sa promesse de ne pas laisser un État palestinien être créé », tout en signant un accord visant à faire avancer le projet controversé d’extension de la zone E1 – un projet prévoyant de traverser les terres de Cisjordanie revendiquées par les Palestiniens pour créer leur État.
Le projet d’expansion de l’implantation comprend la construction de 3 412 logements dans un nouveau quartier de Maale Adumim, à l’ouest de la ville, juste à l’est de Jérusalem-Est. Les partisans d’une solution à deux États invoquent depuis des décennies les conséquences du projet E1, qui divisera la Cisjordanie en deux pour sa population palestinienne, séparera la Jérusalem-Est palestinienne de la Cisjordanie, et nuira donc gravement à la viabilité future d’un État palestinien.
La semaine dernière, la radio militaire, sans citer ses sources, a rapporté qu’Israël estimait bénéficier de « l’approbation tacite » de l’administration Trump pour l’annexion d’un territoire limité à la région de la vallée du Jourdain.
Netanyahu, en 2020, pensait bénéficier du soutien du président américain Donald Trump pour annexer la vallée du Jourdain et les zones de Cisjordanie accueillant des implantations. Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump, lui avait alors fait savoir que ce n’était pas le cas.
Un sondage récent a révélé que la majorité des Américains, mouvement républicain « Make America Great Again » (MAGA) inclus, s’oppose à l’annexion de la Cisjordanie par Israël.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en visite officielle en Israël, a expliqué samedi aux journalistes que la pression exercée par Israël pour faire reconnaître de nouvelles implantations était en réalité une réponse aux « initiatives prises dans le monde entier en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien », ajoutant que les États-Unis avaient « prévenu bon nombre de ces pays de la possibilité de cette réaction s’ils persistaient dans leurs intentions ».
Il a décliné tout autre commentaire sur la question, indiquant toutefois que, selon lui, cette question serait très certainement « au coeur des discussions » avec les responsables israéliens.
Samedi, deux responsables israéliens, éclairant davantage la position de l’administration Trump sur la question de l’annexion de la Cisjordanie, ont déclaré à Axios que « lors de réunions privées, Rubio a indiqué que ni lui, ni l’administration Trump ne s’opposeraient à l’annexion de la Cisjordanie ».
Par ailleurs, selon ces mêmes informations, un responsable américain a affirmé que les responsables de la Maison Blanche et du département d’État ayant tenu des réunions internes sur la question craignent que l’annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie n’entraîne l’effondrement des accords d’Abraham et ne ternisse l’héritage de Trump.
Netanyahu souhaite de surcroît « déterminer à l’aide de Rubio » l’étendue de la marge de manœuvre dont il dispose quant à une annexion, ont précisé ces informations.
La présence d’Israël en Cisjordanie, qu’il contrôle depuis la guerre des Six Jours de juin 1967, est considérée comme illégitime par la plupart des pays, à l’exception notable des États-Unis au cours des deux mandats de Trump.
la Communauté du Times of Israël !







