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Cisjordanie : Des résidents d’implantations forcent un village à l’exil ; Tsahal empêche leur retour

Après l’attaque de Khallet a-Sidra en janvier, tous les habitants ont fui ; l’armée les empêche de revenir alors que les violences s’étendent désormais au village voisin de Mukhmas

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Youssef Zawahreh et son épouse dans leur maison du petit village bédouin palestinien de Khallet a-Sidra, qui aurait été incendié par des résidents d’implantations extrémistes le 17 janvier 2026. (Crédit : Faiz Abu Rmeleh/B’Tselem)
Youssef Zawahreh et son épouse dans leur maison du petit village bédouin palestinien de Khallet a-Sidra, qui aurait été incendié par des résidents d’implantations extrémistes le 17 janvier 2026. (Crédit : Faiz Abu Rmeleh/B’Tselem)

Depuis trois ans, la vie à Khallet a-Sidra, un village bédouin palestinien du centre de la Cisjordanie, s’est nettement détériorée, les habitants dénonçant une recrudescence des violences et du harcèlement de la part de résidents d’implantations extrémistes, ainsi que des attaques que ni la police ni Tsahal ne semblent être en mesure d’empêcher.

En octobre 2025, la situation s’est encore aggravée : une série d’agressions et d’incidents survenus au cours des trois mois suivants a conduit au dépeuplement complet du village, le 57e à être vidé de ses habitants en raison de violences commises par des résidents d’implantations.

Aujourd’hui, cette même violence qui a contraint Khallet a-Sidra à l’exode menace la localité palestinienne voisine de Mukhmas, où plus d’un millier d’habitants craignent désormais pour leur sécurité et leurs moyens de subsistance.

Les anciens habitants de Khallet a-Sidra ne rejettent pas uniquement la responsabilité sur les extrémistes ; ils accusent également le gouvernement et l’armée de ne pas avoir réprimé ces violences de manière adéquate et d’avoir pris des mesures rendant tout retour pratiquement impossible.

« La vie empire de jour en jour. Et pas seulement depuis une semaine ou un mois, cela dure depuis trois ans », a confié Yousef Zawahreh, 43 ans, ancien habitant de Khallet a-Sidra, au Times of Israel depuis Mukhmas au début du mois.

Dans la nuit du 17 janvier, Zawahreh se trouvait chez lui avec son épouse lorsque plusieurs dizaines d’hommes masqués ont fait irruption dans leur maison. Selon l’armée israélienne, plusieurs habitations ont été incendiées lors de cette attaque généralisée contre le village, qui a également fait plusieurs blessés parmi des Palestiniens, des militants israéliens et des ressortissants étrangers.

Youssef Zawahreh, ancien habitant de la communauté bédouine palestinienne déplacée de Khallet a-Sidra, évoque l’attaque menée par des habitants des implantations contre son village en janvier 2026, lors de laquelle sa maison a été incendiée, le 9 mars 2026. (Crédit : Jeremy Sharon/Times of Israel)

Zawahreh raconte avoir été frappé à coups de matraque par les assaillants, tout comme son épouse. Avant d’incendier leur maison, les agresseurs ont détruit leur réservoir d’eau. Il a été blessé au sommet du crâne, son œil a été lacéré et il a subi de graves contusions sur tout le corps ; son épouse a quant à elle été blessée à l’épaule et à la jambe.

« J’ai tout perdu. Je me suis enfui de la maison avec pour seuls biens les vêtements que je portais. Je n’ai plus rien maintenant », a déclaré Zawahreh.

Zawahreh avait depuis longtemps déplacé ses moutons à Mukhmas afin d’éviter qu’ils ne soient volés par des résidents d’implantations de la région ; ces derniers sont régulièrement accusés de vols de bétail à des fins d’intimidation. À la suite de l’attaque, lui et les quelque 15 autres familles qui composaient Khallet a-Sidra ont complètement abandonné le village.

En réponse aux questions du Times of Israel concernant l’attaque du 17 janvier, Tsahal a indiqué qu’une troupe de militaires, accompagnée de membres de la Police des frontières, avait été envoyée dans la région de Mukhmas cette nuit-là, où elle avait découvert une voiture abandonnée appartenant à un Israélien, contenant des matraques.

Tsahal a ajouté que l’enquête sur l’attaque avait été confiée à la police et au Shin Bet.

Youssef Zawahreh, ancien résident de la communauté bédouine palestinienne déplacée de Khallet a-Sidra, après une attaque de résidents d’implantations contre son hameau en janvier 2026, au cours de laquelle sa maison a été incendiée et où lui et sa femme ont été violemment agressés. (Crédit : Autorisation)

La police a dit avoir dépêché des agents sur place pour recueillir des preuves et des témoignages, et qu’une enquête avait été ouverte.

Zawahreh affirme cependant que les policiers qui l’ont interrogé lui ont fait savoir que, comme il ne pouvait pas identifier les agresseurs en raison de leurs masques, les forces de l’ordre ne seraient pas en mesure de poursuivre l’enquête.

Le berger vit actuellement dans un logement de fortune à Mukhmas, mais il explique qu’il ne peut pas emmener ses moutons paître, de peur d’être à nouveau attaqué.

Selon les villageois, les violences seraient le fait de résidents d’un avant-poste illégal israélien situé à proximité, qui a été démoli à plusieurs reprises par l’armée – mais qui a été aussitôt reconstruit à chaque fois.

Les violences ne se sont toutefois pas arrêtées avec le dépeuplement de Khallet a-Sidra ; elles se tournent désormais vers Mukhmas.

Quelques jours avant la visite du Times of Israel à Mukhmas, des résidents d’implantations ont saccagé les hangars appartenant à Youssef Hammas Abu Ali, 37 ans, un éleveur de poulets qui garde ses volailles à la périphérie du village. Heureusement pour lui, il venait d’envoyer son dernier lot de poulets à l’abattoir et il n’avait pas encore reçu de nouveaux poussins ; il n’a donc subi que des dégâts matériels limités.

« Les résidents d’implantations nous attaquent de partout. Les gens ne peuvent pas vivre ici ; ils viennent tous les jours », a expliqué Abu Ali.

« Je ne partirai pas », a-t-il ajouté d’un ton de défi. « C’est mon village. J’ai ma maison [ici], ma terre. »

Soutenu par l’État

Comme tant d’autres, Mustafa Kanaan, 37 ans, berger et habitant de Mukhmas, lui aussi victime de harcèlement répété de la part de résidents d’implantations, tient le gouvernement israélien pour tout aussi responsable que les résidents d’implantations extrémistes.

« Le gouvernement soutient la violence des résidents d’implantations pour chasser les gens d’ici. On ne peut pas vivre comme ça », a-t-il déclaré.

Le harcèlement et les violences subis par les habitants de Khallet a-Sidra, et désormais de Mukhmas, sont une réalité récurrente en Cisjordanie depuis la guerre à Gaza, déclenchée à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Une maison en feu, qui aurait été incendiée par des extrémistes juifs, dans la communauté bédouine d’al-Araara, près de Mukhmas, à l’ouest de Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre 2025. (Crédit : Torat Tzedek)

« Les résidents d’implantations veulent chasser les Palestiniens de toutes les terres ; ils ne veulent voir aucun Palestinien sur cette terre. Ils affirment que cette terre leur appartient, et non aux Palestiniens », a dénoncé Zawahreh.

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme B’Tselem, 57 communautés palestiniennes, abritant plus de 3 900 personnes, ont été déplacées depuis cette date en raison des violences et du harcèlement commis par des résidents d’implantations dans les zones C et B de la Cisjordanie. Quelque 530 autres Palestiniens ont été chassés de leurs foyers dans 17 communautés partiellement déplacées.

En vertu des accords d’Oslo, les autorités israéliennes exercent un contrôle militaire et civil total sur 60 % de la Cisjordanie, appelée zone C, qui englobe toutes les implantations israéliennes et abrite quelque 500 000 personnes, ainsi qu’un certain nombre de villages et de villes palestiniens où vivent environ 200 000 Palestiniens. Dans la zone B, l’Autorité palestinienne (AP) exerce le contrôle civil et partage le contrôle militaire avec Israël.

B’Tselem et d’autres organisations affirment que les politiques adoptées par l’État et l’armée à l’égard de ces communautés, dans un contexte de violences commises par des résidents d’implantations, constituent un nettoyage ethnique soutenu par l’État, principalement concentré dans la zone C.

Les avant-postes illégaux sont fréquemment cités comme étant à l’origine des violences perpétrées à l’encontre des communautés rurales palestiniennes voisines.

Vue de la ferme Hasmonean, un avant-poste israélien près de la ville de Jéricho, en Cisjordanie, le 21 décembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le soutien croissant qui est apporté par l’État à ces avant-postes, qui sont en forte expansion en Cisjordanie depuis trois ans, est souvent présenté comme la preuve d’un appui actif du gouvernement au déracinement des communautés palestiniennes.

Le gouvernement compte dans ses rangs le chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, ainsi que le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, tous deux ultranationalistes et partisans déclarés de l’expansion des implantations. Tous deux ont clairement exprimé leur position sur les politiques d’Israël en Cisjordanie : Smotrich occupe un poste ministériel au sein du ministère de la Défense, ce qui lui confère une autorité sur ces questions, tandis que les fonctions de Ben Gvir en tant que ministre de la Sécurité nationale lui permettent de définir les priorités des forces de l’ordre opérant en Cisjordanie.

« Ce gouvernement, le gouvernement de Smotrich et Ben Gvir, a créé des problèmes avec le peuple palestinien dès le premier jour de son mandat », a affirmé Zawahreh. « Ce gouvernement soutient la violence. »

La ministre des Implantations et des Projets nationaux, Orit Strouk (2ᵉ en partant de la droite), et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (3ᵉ en partant de la gauche), assistant à une cérémonie de remise de quads à l’avant-postes agricole illégal de Meitarim Farm, le 3 avril 2025. (Crédit : Freddy Barmi)

Plusieurs habitants de Mukhmas et de Khallet a-Sidra, victimes des violences commises par des résidents d’implantations, ont confié au Times of Israel que leurs agresseurs venaient de Kol Mevaser, un avant-poste illégal situé au sommet d’une colline en face de Mukhmas.

Le rabbin Arik Ascherman, fervent défenseur des droits des Palestiniens, dont l’organisation Torat Tzedek mobilise des militants bénévoles pour venir en aide aux communautés palestiniennes vulnérables de Cisjordanie, notamment à Khallet a-Sidra, a cité l’imposition d’une zone militaire fermée sur le petit village bédouin parmi d’autres mesures prises par Tsahal comme autant d’exemples illustrant la manière dont l’État encourage les violences commises par des résidents d’implantations, contribuant ainsi à la dépossession des Palestiniens.

Tsahal a imposé un ordre de zone militaire fermée d’une durée de 12 mois sur Khallet a-Sidra en décembre 2025, à la suite d’attaques précédentes de résidents d’implantations, avec notamment un incendie criminel et une agression particulièrement violente le 25 octobre. De tels ordres signifient que seuls les résidents peuvent y entrer.

Bien qu’en théorie cela soit censé protéger les habitants, dans la pratique, ces mesures les rendent plus vulnérables, car elles empêchent l’accès aux militants des droits de l’Homme.

Bâtiments incendiés, leurs habitants ont été forcés de partir en raison d’agressions répétées et d’incendies criminels perpétrés par des résidents d’implantations extrémistes dans la région, dans la communauté bédouine palestinienne de Khallet a-Sidra, le 8 mars 2026. (Crédit : Torat Tzedek)

Alors que ces ordonnances sont dûment et fréquemment appliquées contre les militants qui tentent de poursuivre leurs actions, les résidents d’implantations extrémistes qui pénètrent dans la zone militaire fermée ne font, eux, que rarement face à la justice.

Tsahal a indiqué au Times of Israel que la zone militaire fermée avait été mise en place « conformément à des évaluations opérationnelles afin de maintenir la sécurité et de veiller à ce que l’ordre public ne soit pas bafoué ».

Ascherman lui-même a tenté de pénétrer dans les ruines de Khallet a-Sidra avec Zawahreh le 8 mars, après que de nouveaux dégâts ont été causés au hameau, mais il a été chassé par deux extrémistes qui lui ont lancé une pierre et tenté de l’asperger de gaz poivré.

L’armée a également refusé d’autoriser les habitants de Khallet a-Sidra à reconstruire leurs maisons incendiées ou détruites lors de l’attaque du 17 janvier.

L’État considère les bâtiments de Khallet a-Sidra comme illégaux, car construits sans permis – c’est la raison invoquée par l’armée pour refuser d’en autoriser la reconstruction.

« Les résidents d’implantations ont incendié leurs maisons, cela ne fait aucun doute, et maintenant l’État ne les laisse pas reconstruire ce qui a été brûlé », a déclaré Ascherman.

Des extrémistes juifs se promènent parmi les ruines du hameau bédouin palestinien de Khallet a-Sidra, le 8 mars 2026 (Crédit : Torat Tzedek)

L’armée a également bloqué la seule route menant au hameau.

« C’est une condamnation à mort pour la communauté », a déclaré Ascherman. « Ils ont survécu à la violence et aux pogroms, mais ils ne peuvent pas survivre sans lien avec Mukhmas. »

Tsahal a répondu que « la mise en place, l’ouverture et la fermeture des barrages routiers se font uniquement sur la base d’évaluations opérationnelles et de considérations de sécurité. Leur emplacement permet un contrôle opérationnel et une défense efficace ».

« Mes racines sont ici »

Contrairement aux habitants de Khallet a-Sidra, les résidents d’implantations extrémistes de Kol Mevaser, également situé dans la zone militaire fermée, ont, eux, réussi à reconstruire à plusieurs reprises l’avant-poste illégal après sa démolition par Tsahal.

La semaine dernière, les habitations rudimentaires érigées par les résidents d’implantations ont une nouvelle fois été démolies par l’armée. Un jour plus tard, elles étaient reconstruites.

Mercredi matin, les troupes israéliennes ont retiré les tentes installées par les résidents d’implantations de Kol Mevaser au sommet de la colline quelques heures plus tôt. Elles ont néanmoins laissé une structure en bois intacte et n’ont procédé à aucune arrestation.

À la suite de cette démolition, ces derniers ont lancé une nouvelle attaque contre Mukhmas, au cours de laquelle ils ont mis le feu à une clôture et tenté d’incendier un poulailler, selon des militants de Torat Tzedek.

Le village moderne de Mukhmas. (Crédit : Zev Rothkoff)

« Malgré les difficultés, nous ne sommes pas brisés et nous continuerons à reconstruire et à nous installer sur la Terre d’Israël », pouvait-on lire dans un message publié sur un groupe WhatsApp destiné aux militants de Kol Mevaser.

Ascherman a estimé que la seule manière de garantir le démantèlement définitif de l’avant-poste serait d’imposer les mêmes mesures que celles appliquées à Khallet a-Sidra, en bloquant l’accès et en supprimant la route créée illégalement par les résidents d’implantations pour atteindre le sommet de la colline.

Tant que cette route subsiste, les résidents d’implantations n’auront aucun mal à acheminer des matériaux de construction et reconstruire l’avant-poste.

L’incapacité à arrêter les résidents d’implantations activistes et à les inculper pour avoir violé à plusieurs reprises les ordres relatifs à la zone militaire fermée montre qu’aucun facteur dissuasif réel ne les empêche de poursuivre leurs activités et notamment leurs attaques répétées contre les Palestiniens de la région.

L’avant-poste illégal de Kol Mevaser, maintes fois démoli, mais aussitôt reconstruit, situé près de la ville palestinienne de Mukhmas, au centre de la Cisjordanie, le 9 mars 2026. (Crédit : Jeremy Sharon/Times of Israel)

Kanaan, le berger de Mukhmas, a déclaré qu’il ne partirait pas malgré les attaques répétées menées par des extrémistes depuis le sommet de la colline.

« J’aime cette vie simple », explique-t-il en évoquant son métier de berger. « C’est pour cela que je reste ici. C’est ma terre, celle de mon grand-père avant moi, et celle de mes ancêtres depuis mille ans. Mes racines sont ici. »

Contrairement aux petits villages bédouins comme Khallet a-Sidra, généralement constitués de tentes rudimentaires, de huttes, d’abris de fortune et d’enclos pour animaux, Mukhmas est une ville palestinienne établie de longue date, dont les origines remontent à l’époque ottomane.

Jusqu’à présent, les attaques contre Mukhmas se sont concentrées à la périphérie de la ville.

Aed Abu Ali, un habitant de la ville palestinienne de Mukhmas, évoque une récente attaque menée par des résidents d’implantations au cours de laquelle un habitant a été abattu et 250 de ses moutons volés, le 9 mars 2026. (Crédit : Jeremy Sharon/The Times of Israel)

Le 18 février, une vingtaine de résidents d’implantations voisines ont envahi un ensemble d’enclos à moutons situés à la lisière de la ville et appartenant à la famille d’Aed Abu Ali (sans lien de parenté avec Youssef Abu Ali). Parmi eux se trouvait le coordinateur de la sécurité d’un avant-poste illégal voisin, armé d’un fusil, selon des témoignages et des informations sur l’attaque.

Bien qu’une troupe de Tsahal soit arrivée sur les lieux, les soldats ont repoussé les villageois venus tenter d’empêcher le vol des moutons, a déclaré Aed Abu Ali.

Il a également affirmé avoir été frappé par des soldats et que ces derniers avaient aidé à voler les moutons.

Tsahal n’a pas commenté les allégations selon lesquelles des soldats auraient frappé des Palestiniens lors de l’incident, ni celles qui ont laissé entendre qu’ils auraient aidé les agresseurs à voler les moutons.

Les images de vidéosurveillance montrent des résidents d’implantations, dont la plupart avaient le visage masqué, sautant par-dessus la barrière de l’enclos, l’ouvrant de l’intérieur, puis libérant des dizaines de moutons qu’ils ont conduits hors du village vers des avant-postes illégaux voisins.

La suite d’un incendie criminel perpétré par des extrémistes juifs masqués contre des biens dans le village palestinien de Mukhmas, en Cisjordanie, le 18 mars 2026. (Autorisation)

Au cours de l’incident, Nasrallah Abu Siam, un Palestinien-Américain de 19 ans qui faisait partie des villageois ayant affronté les assaillants pour tenter d’empêcher le vol des moutons, a été blessé par balle et aurait été passé à tabac. Il est décédé le lendemain des suites de ses blessures. Deux autres villageois ont été blessés par balle lors de l’attaque.

La police, qui enquête sur la fusillade, a indiqué qu’« il était impossible de déterminer l’identité du tireur », ajoutant que, selon un rapport de Tsahal, à l’arrivée des soldats à Mukhmas, un soldat et le coordinateur de la sécurité de l’implantation voisine « ont tiré en l’air afin de rétablir l’ordre ».

La police a précisé qu’une enquête conjointe avec une unité d’enquête de Tsahal était en cours.

« Nous considérons toute forme de violence comme grave et nous continuerons d’agir avec détermination, en collaboration avec les forces de sécurité, pour localiser, arrêter et enquêter sur les personnes impliquées dans ces incidents jusqu’à ce qu’elles soient traduites en justice », a déclaré un porte-parole de la police.

Des personnes transportant le corps de Nasrallah Muhammad Abu Siyam, un Palestino-Américain de 19 ans qui aurait été abattu par des résidents d’implantations, lors de ses funérailles, dans le village de Mukhmas, en Cisjordanie, à l’est de Ramallah, le 19 février 2026. (Crédit : John Wessels/AFP)

Samar Abu Ali, l’épouse d’Ayed, a exprimé son profond désespoir face à la réalité de la vie à Mukhmas. Elle affirme que la famille n’a plus aucun moyen de subsistance, à l’exception des 16 moutons qui sont revenus vers eux dans les jours qui ont suivi l’attaque.

« Nous n’avons pas d’argent. Je ne m’attends pas à récupérer quoi que ce soit », a déclaré Samar. « Nous voulons simplement vivre en sécurité. »

Kanaan s’est toutefois montré plus optimiste, estimant que la majorité des Israéliens opposés à la violence des résidents d’implantations extrémistes pourraient pousser le gouvernement à changer de cap.

« Je crois qu’il y a des gens bien en Israël. Ces gens doivent faire bouger les choses. Ils doivent faire pression sur le gouvernement pour qu’il change, et pour changer cette vie », a-t-il déclaré. « Les gens bien en Israël, le peuple juif, les gens bien qui croient en la paix – ce sont ces gens-là qui peuvent faire la différence. »

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