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Le ministère de l’Agriculture subventionne des avant-postes agricoles illégaux et des extrémistes sanctionnés par Washington

Selon un groupe anti-implantation, des exploitations non autorisées de Cisjordanie ont reçu 1,66 million de shekels entre 2017 et 2023 ; certaines appartiennent à des Israéliens accusés par les États-Unis de menacer la stabilité en Cisjordanie

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Le militant radical Neriya Ben Pazi avec sa famille, dans son avant-poste agricole illégal de HaMahoch, en Cisjordanie. Une autre ferme de Ben Pazi, la ferme Rimonim, a reçu des fonds de l'État par l'intermédiaire du ministère de l'Agriculture. (Crédit : Autorisation de l'organisation d'aide juridique Honenu)
Le militant radical Neriya Ben Pazi avec sa famille, dans son avant-poste agricole illégal de HaMahoch, en Cisjordanie. Une autre ferme de Ben Pazi, la ferme Rimonim, a reçu des fonds de l'État par l'intermédiaire du ministère de l'Agriculture. (Crédit : Autorisation de l'organisation d'aide juridique Honenu)

Ces dernières années, le ministère de l’Agriculture aurait versé des centaines de milliers de shekels à des avant-postes agricoles illégaux en Cisjordanie, dont certains sont dirigés par des résidents d’implantations extrémistes sous sanctions du gouvernement américain.

Selon les conclusions de l’enquête menée par l’organisation La Paix maintenant, qui milite contre l’expansion des implantations, près d’1,66 million de shekels aurait été versé par le ministère de l’Agriculture à ces exploitations entre 2017 et 2023.

Une autre subvention, de l’ordre d’1,5 million de shekels, aurait été allouée et approuvée, mais pas encore versée.

Figurent parmi les bénéficiaires de ces fonds trois résidents d’implantations à l’origine d’avant-postes agricoles illégaux, récemment sanctionnés par le gouvernement américain en raison des menaces qu’ils représentent pour la stabilité en Cisjordanie.

L’établissement d’avant-postes agricoles illégaux en Cisjordanie, qui passe le plus souvent par le pâturage de moutons, de chèvres ou de bovins sur de vastes étendues de terre, est une tactique courante des militants des implantations pour exercer un contrôle sur de plus grandes étendues de terres que les simples implantations résidentielles.

« Les dizaines d’avant-postes agricoles qui contribuent à la dépossession des Palestiniens de dizaines de milliers d’hectares de terrain en Cisjordanie ne sont pas des phénomènes marginaux imputables aux jeunes des collines, mais font partie d’un système organisé et subventionné par des entités gouvernementales officielles », estime La Paix Maintenant dans son rapport, utilisant le terme pour désigner les jeunes résidents d’implantations radicaux.

Moshe Sharvit (à gauche), qui dirige l’avant-poste agricole illégal d’Emek Tirzah et qui a été sanctionné par les États-Unis en mars pour des activités violentes contre des Palestiniens locaux, recevant la visite du député HaTzionout HaDatit, Zvi Sokot (à droite) et du président du Conseil régional de la vallée du Jourdain David Elhayani (au centre), à l’avant-poste d’Emek Tirzah, en Cisjordanie, le 15 février 2024. (Crédit : Bureau de Zvi Sokot)

Le soutien financier direct du ministère n’est pas le seul moyen d’aider ces avant-postes, car ces fonds profitent également à des organisations comme Hashomer Yosh ou d’autres groupes qui mettent à disposition des bénévoles pour aller travailler dans les avant-postes agricoles illégaux de Cisjordanie.

Depuis 2018, Hashomer Yosh aurait perçu plus de 8 millions de shekels de la part du ministère de l’Agriculture et du ministère du Néguev, de la Galilée et de la Résilience nationale, au titre de diverses activités.

Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture obtenus par La Paix Maintenant, 34 avant-postes agricoles illégaux ont perçu des fonds entre 2017 et 2023.

Ces fonds sont décaissés du programme du ministère « Préserver les espaces ouverts par le pâturage des animaux », qui fonctionne à la fois en Israël et en Cisjordanie.

L’avant-poste agricole qui a reçu le plus de fonds de la part du ministère est la ferme Nof Gilad d’Uri Cohen, dans le nord de la Cisjordanie, avec 530 000 shekels en 2022 et 2023.

Des images tournées en novembre et publiées par l’organisation Jordan Valley Activists, qui vient en aide aux communautés palestiniennes touchées par les résidents d’implantations extrémistes, montrent des militants en train d’installer des clôtures autour des pâturages, dans la région de Nof Gilad, pour empêcher les Palestiniens des environs de venir y faire paître leurs troupeaux.

La même organisation a publié des vidéos d’Uri Cohen lui-même, en novembre 2023, en train de pénétrer dans une communauté palestinienne et de dire à un éleveur et à ses proches de ne pas venir dans les pâturages voisins.

Neria Ben Pazi, un autre résident, a perçu des fonds du ministère à hauteur de 49 000 shekels depuis 2020.

Capture d’écran d’une vidéo de Zvi Bar Yosef en train de harceler des Palestiniens près de son avant-poste illégal de Zvi’s Farm, dans le nord de la Cisjordanie, le 6 février 2021. (Capture d’écran de Facebook, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Ben Pazi a établi plusieurs avant-postes agricoles illégaux sur des terres à l’est de Ramallah, et les éleveurs palestiniens des environs sont nombreux à se plaindre du harcèlement dont lui ou ses associés font preuve envers eux.

En janvier de cette année, l’armée israélienne a émis une ordonnance restrictive interdisant à Ben Pazi de se trouver en Cisjordanie – à l’exception de la ville d’Ariel – durant trois mois en raison de ses actions hostiles contre les Palestiniens.

En mars, il a, avec deux autres militants des implantations radicaux, été sanctionné par les États-Unis. Le Département d’État lui reproche d’avoir « expulsé des bergers palestiniens de centaines d’hectares de terre » et d’avoir « attaqué des Palestiniens près du village de Wadi as-Seeq » en août 2023.

Moshe Sharvit et Tzvi Bar Yosef, tous deux fondateurs d’avant-postes agricoles illégaux, ont eux aussi perçu des subventions du ministère de l’Agriculture, respectivement à hauteur de 6 000 et 53 000 shekels.

Le ministère de l’Agriculture n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet.

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